Les dossiers internationaux dans lesquels l'UE aimerait faire entendre sa voix s'amoncellent, mais la règle de l'unanimité au Conseil (Etats membres) pour décider de sanctions européennes retarde parfois l'action, a-t-elle déploré. Cela s'est notamment récemment vérifié dans le dossier biélorusse. "Lorsque les États membres reprochent à l'Europe d'être trop lente, je leur demande de se montrer courageux et de passer enfin au vote à la majorité qualifiée - du moins en ce qui concerne les droits de l'homme et la mise en ?uvre de sanctions", a dit la présidente de l'exécutif. "Qu'est-ce qui nous retient? Pourquoi même de simples déclarations sur les valeurs de l'UE sont-elles retardées, édulcorées ou prises en otage pour d'autres motifs?" Sur Hong Kong, sur la situation en Biélorussie après des élections jugées non valides par l'Europe, sur l'ingérence de Moscou dans des élections étrangères, "l'Europe doit prendre position clairement et rapidement", estime Mme von der Leyen. Celle-ci a reparlé d'un instrument qui avait déjà été évoqué entre représentants des Etats membres en fin d'année dernière: un potentiel "Magnitsky Act" européen. Les eurodéputés demandent une telle législation depuis longtemps. "Nous allons maintenant présenter une proposition", leur promet Ursula von der Leyen. Début décembre, les ministres européens des Affaires étrangères avaient donné leur accord pour que l'on entame ce travail, pour doter l'Europe d'un nouveau régime de sanctions. Il s'agirait d'un gel d'avoirs et d'interdictions de visas, que l'on pourrait imposer sur base de critères transparents et spécifiques à des individus ou entités impliqués d'une manière ou d'une autre dans des violations graves des droits de l'homme. Sur le plan des Affaires étrangères, la présidente de la Commission a adopté un ton réaliste au sujet de la Russie et de la Turquie. "L'empoisonnement de (l'opposant russe) Alexei Navalny avec un agent chimique neurotoxique n'est pas un acte isolé. Nous avons pu observer ce type de pratiques en Géorgie et en Ukraine, en Syrie et à Salisbury - sans parler de l'ingérence électorale dans le monde entier. Ces pratiques ne changent pas", dit-elle à ce sujet. La Turquie est quant à elle "un voisin important et le sera toujours". Mais "la distance entre nous semble ne cesser de croître". "Oui, la Turquie se situe dans une région qui connaît des troubles. Et oui, elle reçoit des millions de réfugiés, pour l'accueil desquels nous versons une aide financière considérable. Mais rien de tout cela ne justifie les tentatives d'intimidation de ses voisins". L'opportunité de nouvelles sanctions contre la Turquie, à la suite de ses nouvelles incursions à la recherche de gisements gaziers en eaux grecques, sera un dossier primordial du prochain sommet européen, en fin de semaine prochaine à Bruxelles. (Belga)

Les dossiers internationaux dans lesquels l'UE aimerait faire entendre sa voix s'amoncellent, mais la règle de l'unanimité au Conseil (Etats membres) pour décider de sanctions européennes retarde parfois l'action, a-t-elle déploré. Cela s'est notamment récemment vérifié dans le dossier biélorusse. "Lorsque les États membres reprochent à l'Europe d'être trop lente, je leur demande de se montrer courageux et de passer enfin au vote à la majorité qualifiée - du moins en ce qui concerne les droits de l'homme et la mise en ?uvre de sanctions", a dit la présidente de l'exécutif. "Qu'est-ce qui nous retient? Pourquoi même de simples déclarations sur les valeurs de l'UE sont-elles retardées, édulcorées ou prises en otage pour d'autres motifs?" Sur Hong Kong, sur la situation en Biélorussie après des élections jugées non valides par l'Europe, sur l'ingérence de Moscou dans des élections étrangères, "l'Europe doit prendre position clairement et rapidement", estime Mme von der Leyen. Celle-ci a reparlé d'un instrument qui avait déjà été évoqué entre représentants des Etats membres en fin d'année dernière: un potentiel "Magnitsky Act" européen. Les eurodéputés demandent une telle législation depuis longtemps. "Nous allons maintenant présenter une proposition", leur promet Ursula von der Leyen. Début décembre, les ministres européens des Affaires étrangères avaient donné leur accord pour que l'on entame ce travail, pour doter l'Europe d'un nouveau régime de sanctions. Il s'agirait d'un gel d'avoirs et d'interdictions de visas, que l'on pourrait imposer sur base de critères transparents et spécifiques à des individus ou entités impliqués d'une manière ou d'une autre dans des violations graves des droits de l'homme. Sur le plan des Affaires étrangères, la présidente de la Commission a adopté un ton réaliste au sujet de la Russie et de la Turquie. "L'empoisonnement de (l'opposant russe) Alexei Navalny avec un agent chimique neurotoxique n'est pas un acte isolé. Nous avons pu observer ce type de pratiques en Géorgie et en Ukraine, en Syrie et à Salisbury - sans parler de l'ingérence électorale dans le monde entier. Ces pratiques ne changent pas", dit-elle à ce sujet. La Turquie est quant à elle "un voisin important et le sera toujours". Mais "la distance entre nous semble ne cesser de croître". "Oui, la Turquie se situe dans une région qui connaît des troubles. Et oui, elle reçoit des millions de réfugiés, pour l'accueil desquels nous versons une aide financière considérable. Mais rien de tout cela ne justifie les tentatives d'intimidation de ses voisins". L'opportunité de nouvelles sanctions contre la Turquie, à la suite de ses nouvelles incursions à la recherche de gisements gaziers en eaux grecques, sera un dossier primordial du prochain sommet européen, en fin de semaine prochaine à Bruxelles. (Belga)