Le président de gauche de la région Piémont Sergio Chiamparino et la maire de Turin Chiara Appendino (Mouvement 5 Etoiles, antisystème) ont déposé plainte auprès du parquet pour des propos tenus par M. Polacchi dans les médias où il a qualifié Mussolini de "meilleur homme d'Etat italien" et jugé "qu'un peu de dictature ne fait pas de mal". Dans la loi italienne, l'apologie du fascisme est un délit punit de six mois à deux ans de prison. La présence d'un stand de l'éditeur ouvertement néofasciste Altaforte au Salon du livre de Turin, qui s'ouvre jeudi, a déclenché une vive polémique en Italie et un débat sur la nécessité ou non de boycotter l'événement. Proche du mouvement néofasciste CasaPound, Altaforte sera notamment présent à Turin avec un livre d'entretiens du ministre italien de l'Intérieur et chef de file de l'extrême droite Matteo Salvini, "Je suis Salvini", signé de la journaliste Chiara Giannini. Plusieurs éditeurs et auteurs se sont insurgés contre la présence d'Altaforte au salon, qu'ils considèrent comme une tribune offerte à l'extrême droite. Certains, comme le collectif d'écrivains italiens Wu Ming ou le dessinateur Zerocalcare, ont annoncé qu'ils boycotteraient l'événement, l'un des plus importants rendez-vous annuels de l'édition italienne. Dans une lettre adressée lundi au comité d'organisation, une survivante de la Shoah et le directeur du musée d'Auschwitz, Piotr Cywinski, ont réclamé le retrait du stand d'AltaForte sous peine d'annuler leur venue. "Vous ne pouvez pas demander à des survivants de partager les lieux avec des gens qui mettent en doute les faits historiques qui ont conduit à la Shoah", écrivent-ils dans ce courrier publié par la presse. Certains éditeurs ont en revanche confirmé leur présence, comme Stefano Mauri qui a dit "préférer combattre l'ignorance avec de bons livres". (Belga)