Encore homme fort du régime en début d'année, Saïd Bouteflika, mais aussi Mohamed Mediene dit "Toufik", longtemps directeur des puissants services secrets algériens, son successeur Athmane Tartag et la cheffe du Parti des travailleurs (PT) Louisa Hanoune se sont présentés devant la Cour, ont rapporté des médias locaux. Les chefs d'inculpation sont lourds: "atteinte à l'autorité de l'armée" et "complot contre l'autorité de l'Etat", crimes pour lesquels ils encourent de très fortes peines, selon le code de justice militaire et le code pénal. Seuls les avocats et les familles des accusés ont eu le droit d'assister à l'audience, et un important dispositif policier a été mis en place autour du tribunal militaire de Blida (50 km au sud d'Alger), d'après un photographe de l'AFP et plusieurs médias algériens. Très peu de choses ont filtré sur la teneur de cette première audience. La défense avait admis que Mme Hanoune avait participé à une réunion avec Saïd Bouteflika et le général "Toufik" le 27 mars, au lendemain d'une déclaration du chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, demandant publiquement le départ d'Abdelaziz Bouteflika. Quelques jours plus tard, le général Gaïd Salah avait accusé, sans les nommer, Saïd Bouteflika et les généraux Mediene et Tartag de se réunir pour comploter contre l'armée. (Belga)