"Le gouvernement a besoin d'une nouvelle confirmation au parlement et je l'exhorte à en déclencher la procédure", a déclaré M. Iohannis lors d'une allocution télévisée. Privé du soutien de l'Alde, qui a quitté lundi la coalition au pouvoir, le Parti social démocrate (PSD) ne dispose plus que de 205 sièges au parlement, sur un total de 465. "Si la nouvelle configuration du gouvernement n'est pas approuvée, j'assure aux Roumains qu'il existe des solutions correctes, démocratiques et constitutionnelles pour que la Roumanie ne s'enlise pas dans une crise profonde", a souligné le président. Mme Dancila a toutefois aussitôt relevé ce défi, intervenant elle aussi directement à la télévision peu après le président. "Nous irons devant le parlement pour tenter d'obtenir le soutien nécessaire afin de mener à terme notre mandat", qui court jusqu'à la fin 2020, a-t-elle répliqué. "Nous avons une responsabilité envers la Roumanie et les Roumains", a ajouté Mme Dancila, accusant le chef de l'État d'avoir tenté par tous les moyens de "bloquer" et de "déstabiliser" le gouvernement. La Première ministre, qui a nommé mardi trois ministres par intérim pour remplacer les démissionnaires issus de l'Alde, dispose en principe de 45 jours pour obtenir l'aval du parlement sur sa nouvelle équipe. Plus tôt dans la journée, les députés avaient enterré un projet controversé d'annulation des sanctions pénales dont auraient notamment bénéficié des hommes politiques et contre lequel s'était cristallisée une forte opposition en Roumanie et à l'étranger. Les élus, toutes tendances confondues, avaient voté à une écrasante majorité contre ce projet promu en 2017 par le gouvernement social-démocrate. Ce rejet est intervenu trois mois après un vote massif des Roumains contre toute reforme judiciaire visant à gracier les condamnés pour faits de corruption, lors d'un référendum convoqué par M. Iohannis. Le résultat du référendum a été vu comme un désaveu des sociaux-démocrates, qui, depuis leur retour au pouvoir fin 2016, ont fait adopter au pas de charge une refonte controversée du système judiciaire destinée selon eux à mettre un terme aux "abus" des magistrats. (Belga)