Le site www.werkenaandering.be (travaux sur le ring) n'existe qu'en néerlandais. L'entreprise anonyme de droit public mandatée par la Région flamande, Werkvennootschap, y détaille par le menu travaux, plans et calendrier de l'élargissement du ring nord de Bruxelles, sur les portions comprises entre la E-40 direction Gand et la E-40 direction Louvain. Largement fiché en terres flamandes, ce ring est surtout flamand. Mais son impact sur la capitale est évident. Or, les autorités du nord font fi de Bruxelles et de son gouvernement.
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Le site www.werkenaandering.be (travaux sur le ring) n'existe qu'en néerlandais. L'entreprise anonyme de droit public mandatée par la Région flamande, Werkvennootschap, y détaille par le menu travaux, plans et calendrier de l'élargissement du ring nord de Bruxelles, sur les portions comprises entre la E-40 direction Gand et la E-40 direction Louvain. Largement fiché en terres flamandes, ce ring est surtout flamand. Mais son impact sur la capitale est évident. Or, les autorités du nord font fi de Bruxelles et de son gouvernement. La Werkvennootschap a certes mis en place un comité d'accompagnement pour ce projet : les communes flamandes de Machelen, Zaventem, Asse, Wemmel, Vilvorde, Dilbeek, Grimbergen et Crainhem (membres fixes) ; Bruxelles- Environnement, Bruxelles-Mobilité, Perspectives Bruxelles, la Stib, Jette et Bruxelles-Ville (membres " variables "). Aux côtés de sept administrations flamandes régionales et d'Infrabel, Ganshoren, Meise et Berchem-Sainte-Agathe sont également invitées aux réunions, qui se déroulent toutes en flamand, à titre de " membres conseils ". Et les autres communes ? Et le gouvernement bruxellois ? Pas conviés. " Ce qui prouve bien que la communauté métropolitaine, contrepartie à la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde, n'est qu'une coquille vide, relève Olivier Maingain, président de DéFI et bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert. Qu'une Région décide seule de la gestion du territoire autour d'une autre Région est un non-sens. Le ministre-président bruxellois doit reprendre la main. " " Nous ne sommes pas opposés à l'élargissement du ring, répond Rudi Vervoort. Mais il nous faut d'autres mesures de mobilité en parallèle. " Le propos du ministre-président PS ne fera pas l'unanimité dans son équipe : CDH et DéFI sont contre. Inquiète, la ministre de l'Environnement, Céline Fremault (CDH), a interpellé Rudi Vervoort et Pascal Smet (SPA), ministre de la Mobilité, le 20 novembre dernier. Pour elle, élargir le ring va à l'encontre de toutes les initiatives prises. " Nous examinons toutes les possibilités pour peser sur ce dossier. " Mais tant que la Flandre n'introduit pas de demande de permis pour élargir, les leviers manquent. Autre souci : Rudi Vervoort s'appuie sur un protocole d'accord, en 2014, entre Bruxelles et la Flandre, qui ne l'a pas signé, pour affirmer que l'élargissement du ring a été validé par son exécutif d'alors. Or, les trois pages du document ne parlent que d'un réaménagement du ring nord, pas d'un élargissement. Par ailleurs, en trois ans, d'autres points du texte sont devenus caducs." Officiellement, le gouvernement bruxellois n'est saisi de rien, précise un chef de cabinet. On n'a plus parlé du ring en exécutif depuis au moins dix-huit mois. Pascal Smet ne fait rien remonter sur le sujet. " Le ministre n'a pas souhaité répondre à nos questions. Ce qui fâche, au moins, Olivier Maingain : " Je ne veux pas que les Flamands nous disent plus tard que le cabinet Smet a laissé avancer le dossier alors que nous n'étions pas au courant. " En attendant, une note cadre de 350 pages, reprenant les critères pour procéder à l'analyse d'impact du projet, est sortie des réunions du comité d'accompagnement. Elle devrait être approuvée, ou non, le 24 janvier prochain. " A Jette, on parle de supprimer la sortie 9, 10 ou 11 du ring et on nous demande notre avis. C'est dire si on est déjà dans des questions pointues ", relève le bourgmestre, Hervé Doyen (CDH). Dans un tel contexte, la commune a décidé de ne plus envoyer de représentant politique aux réunions. " Pour ne pas risquer de se compromettre. "