M. Reynders, 61 ans, fait figure de vétéran de la politique belge - il avait été élu député pour la première fois en 1992, avant de devenir ministre fédéral sept ans plus tard, le 12 juillet 1999, aux Finances, dans une coalition arc-en-ciel. Il avait ensuite hérité des porte-feuilles des Affaires étrangères le 6 décembre 2011 et de la Défense en décembre dernier. Il prendra dimanche ses nouvelles fonctions de commissaire européen à la Justice dans l'exécutif de l'Allemande Ursula von der Leyen pour un mandat de cinq ans.

Ses compétences ont été réparties entre quatre autres personnalités du gouvernement démissionnaire, minoritaire et en affaires courantes: les Affaires étrangères et de la Défense vont à M. Goffin, député et bourgmestre de Crisnée (province de Liège), les Affaires européennes à M. Geens, les Institutions culturelles fédérales et Beliris à la Première ministre Sophie Wilmès (MR). La fonction de vice-Premier ministre MR reviendra dimanche à David Clarinval, tout récent ministre fédéral du Budget et de la Politique scientifique.

Le passage de témoin entre l'ancien et le nouveau chef de la diplomatie s'est déroulé samedi après-midi au cabinet des Affaires étrangères, à Bruxelles en présence du nouveau ministre des Affaires européennes, qui ajoute cette compétence à celle de la Justice. "C'est un double plaisir", a commenté M. Geens, expliquant combien il était "heureux" de travailler avec M. Goffin, et de reprendre les compétences d'un collègue avec lequel il a longtemps siégé au conseil des ministres "et avec lequel je m'entends merveilleusement bien", tout comme avec son successeur.

M. Goffin a en effet présidé lors de la précédente législature la commission de la justice de la Chambre. Une cérémonie similaire a ensuite eu lieu au cabinet de la Défense, rue Lambermont, à quelques centaines de mètres de la rue des petits Carmes, qui abrite les Affaires étrangères. M. Goffin a expliqué à quelques journalistes avoir appris sa désignation par un coup de téléphone samedi matin du tout nouveau président du MR, Georges-Louis Bouchez, déclaré vainqueur vendredi soir de l'élection qui l'a mené à prendre la tête du parti libéral francophone.

Il s'est vu remettre par son prédécesseur une statue de Schtroumpf sous une bulle de verre, symbole d'une campagne en cours dans toutes les ambassades de Belgique pour promouvoir les 17 Objectifs du Développement durable (ODD) fixés par les Nations unies. M. Geens a pour sa part reçu une écharpe - bleue, la couleur du MR - des mains de M. Reynders. Ce dernier a rappelé qu'en vingt ans passés au gouvernement fédéral à cheval sur deux siècles et même deux millénaires, il avait connu deux rois et six Premiers ministres, assisté à près d'un millier de conseil des ministres ("autour de 980") et avoir vu défiler 41 présidences tournantes semestrielles de l'Union européenne. "Finalement, je suis l'un des derniers vestiges du siècle passé (...). Cela marque un peu", a-t-il admis en se souvenant aussi des adieux que lui ont réservés jeudi la Chambre et vendredi ses collègues du gouvernement fédéral. M. Goffin devrait aller dans le courant de la semaine à la rencontre de l'état-major de la Défense à Evere et se rendre, comme ministre des Affaires étrangères à Bratislava pour le conseil ministériel de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), clôturant la présidence slovaque de cette organisation pan-européenne de 57 membres.