La liste des sujets ne mentionne pas une réforme institutionnelle. "Nous ne cherchons pas une majorité des deux tiers. On est déjà bien en peine de trouver une majorité simple. Cela ne veut pas dire que c'est totalement absent de ce que l'on entend ou de ce qui se dit à l'extérieur", a expliqué M. Reynders.

Dans le passé, des réformes de l'Etat ont été menées depuis le parlement, a fait remarquer pour sa part M. Vande Lanotte. "Il y a une différence entre une majorité gouvernementale et une majorité des deux tiers pour une réforme de l'Etat", a-t-il ajouté.

Les informateurs recevront les partis encore dans la course un par un dans un premier temps avant, peut-être, d'en mettre plusieurs autour de la table si suffisamment de points de convergence se dégagent. Le PTB et le Vlaams Belang n'en sont plus, de même que le cdH qui a choisi l'opposition et DéFI.

Le budget constitue une préoccupation centrale. La Belgique doit remettre son épure à la mi-octobre à la Commission européenne. "Tout le monde a insisté sur le fait qu'il serait préférable de pouvoir présenter un budget en octobre", a assuré M. Reynders. "Nous avons besoin d'un budget. Sinon, la situation va se détériorer et c'est le citoyen qui va payer", a averti M. Vande Lanotte.

Les informateurs reconnaissent la difficulté de leur mission. Le socialiste flamand l'a comparée au dessin du Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry qui représente un boa digérant un éléphant mais que l'on prend d'abord pour un chapeau. Face aux déclarations des uns et des autres des derniers jours, qui ne semblent pas faciliter la constitution d'un gouvernement, le socialiste se veut psychologue. "Beaucoup de gens ont vécu une élection moins bonne que ce qu'ils espéraient. Nous sommes encore dans une atmosphère post-électorale. Cela ne veut pas dire que ça va rester. Il faut se demander ce qu'il y a derrière ces messages, quels sont les mécanismes à l'oeuvre", a-t-il expliqué.

Les deux informateurs feront un nouveau rapport au Roi le 1er juillet. Ils ne désespèrent pas de la situation. "Nous avons le sentiment, encore aujourd'hui, qu'il y a une possibilité de progresser", a confié M. Reynders. Le temps est compté toutefois. "Dans l'intérêt de nos concitoyens, de notre économie, de notre pays et de notre image internationale, les informateurs rappellent que les pourparlers sur la formation d'un gouvernement devraient être lancés le plus rapidement possible", ont souligné MM. Reynders et Vande Lanotte dans un communiqué.