Après quatre mois d'école en pointillés, c'est une rentrée "en vrai", placée sous le code jaune, soit le niveau 2 sur une échelle de 4, correspondant à une transmission du virus limitée, qui arrive. Tous les élèves reprennent les cours de façon obligatoire, à temps plein et en classe entière. Ils ne seront donc plus présents par roulements dans la semaine, ni regroupés par "bulle". Et à partir de 12 ans, chacun doit être muni de l'accessoire anti-Covid, le masque, dans les espaces clos, les salles de classe, les couloirs. Le mot d'ordre du protocole sanitaire, redéfini mi-août dans une circulaire de 27 pages, est clair : "Accorder la priorité aux enjeux psychosociaux et éducatifs et permettre aux enfants et aux adolescents la fréquentation de l'école", indique Caroline Désir (PS), ministre de l'Enseignement.
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Après quatre mois d'école en pointillés, c'est une rentrée "en vrai", placée sous le code jaune, soit le niveau 2 sur une échelle de 4, correspondant à une transmission du virus limitée, qui arrive. Tous les élèves reprennent les cours de façon obligatoire, à temps plein et en classe entière. Ils ne seront donc plus présents par roulements dans la semaine, ni regroupés par "bulle". Et à partir de 12 ans, chacun doit être muni de l'accessoire anti-Covid, le masque, dans les espaces clos, les salles de classe, les couloirs. Le mot d'ordre du protocole sanitaire, redéfini mi-août dans une circulaire de 27 pages, est clair : "Accorder la priorité aux enjeux psychosociaux et éducatifs et permettre aux enfants et aux adolescents la fréquentation de l'école", indique Caroline Désir (PS), ministre de l'Enseignement.La "bulle" des douze, consigne sanitaire en vigueur lors de la réouverture partielle des écoles en mai dernier, rejoint parfaitement les recommandations pédagogiques - à commencer par celles du terrain. "Douze, c'est le chiffre magique, et travailler en bulle se révèle profitable en milieu scolaire", répond Bruno Humbeeck. Simplement, parce que ce nombre permet à un groupe de fonctionner efficacement et confortablement. Un effectif moindre en classe conduit à une hausse des scores de réussite pour tous les élèves. Un effet garanti au primaire, particulièrement pour les élèves de milieux modestes et en difficulté scolaire. Durable, aussi, pour peu que les enfants restent dans une classe à effectif réduit au moins deux à trois ans.Sur la question "réussit-on mieux dans les petites classes ?", les recherches sont convergentes. Mais elles le sont beaucoup moins lorsqu'il s'agit de savoir pourquoi on y réussit mieux. Est-ce lié aux méthodes pédagogiques ? A la gestion de classe ? Au comportement des élèves ? Une chose est sûre, pour Bruno Humbeeck : "Les élèves sont plus actifs, engagés dans leurs tâches. Ils osent poser des questions, même ceux qui habituellement se tiennent en retrait, et interagir entre eux ainsi qu'avec l'enseignant. C'est aussi plus de temps pour l'enseignement mutuel, c'est-à-dire que les élèves apprennent les uns des autres, collaborent entre eux. Enfin, c'est encore moins de temps, pour l'enseignant, à devoir gérer la classe."A ses yeux, maintenir une bulle de douze en classe n'exige pas plus de moyens, dès lors qu'on n'oblige pas les professeurs à répéter plusieurs fois la matière. Et ce, en travaillant autrement, en classe inversée, en s'appuyant sur le numérique et en réduisant le temps de présence à l'école.A chaque mode de travail, sa configuration de classe adéquate. Pour favoriser le travail collaboratif et celui en petit groupe, d'aucuns préconisent la classe flexible. En résumé, il s'agit d'organiser la classe et les postes de travail pour que les élèves puissent travailler debout, assis, couchés, dans la position qui leur semble naturelle. Finies les classes "autobus", des bancs sur lesquels les élèves sont sagement assis. Mais, par exemple, des pupitres à roulettes pour pouvoir être disposés en îlots, en U, en cercle, poussés contre les murs. Ou, encore, des panneaux coulis- sants permettant d'aménager l'espace. "Une classe flexible permet l'individualisation, souligne Benoît Galand. Car les élèves ne travaillent plus tous sur la même matière au même moment."Si la fermeture des écoles a souvent été éprouvante et déstabilisante, des élèves et des professeurs en retirent des éléments positifs, notamment dans l'amélioration de leurs relations. En quoi celles-ci se sont-elles modifiées ? "Plus de communication et de compréhension. Les profs sont plus attentionnés, humains, affirme Nathan, 16 ans. On est aussi devenus plus autonomes." La grande majorité des enseignants ont gardé, vaille que vaille, le lien avec leurs élèves. Ils ont parfois endossé une casquette de "coach", pour éviter à un public fragile de sombrer. "Des élèves ne pouvaient pas travailler, car le matériel à la maison était obsolète ou inexistant, les parents eux-mêmes étaient en difficulté, certains élèves s'occupaient des frères et soeurs, car les parents travaillaient..." , détaille Nathalie Crahay, enseignante en 2e secondaire.Emotionnellement lourde, cette période de confinement a ainsi permis, dans certains cas, decréer des liens entre parents et enseignants. Avec la projection de l'école à la maison, tout change et la place des parents a émergé. On sait que les systèmes éducatifs ne leur attribuent la même place à tous et, qu'en Belgique, ils sont des partenaires latéraux de l'école. Un constat alors, et une fois encore partagé :seule l'alliance enseignants, parents et élèves est susceptible de garantir l'efficacité éducative. "Nous tenons là l'occasion de restituer aux parents un rôle éducatif qui ne s'arrête pas à la porte de l'école, dans une collaboration bien pensée avec les enseignants et l'institution", conclut Bruno Humbeeck.