Face à la crise politique actuelle, une profonde refonte du système démocratique s'impose peut-être.

Les dernières élections ont montré une percée significative des partis extrêmes et un taux d'abstention record. Par ailleurs, des initiatives populaires plus ou moins organisées pullulent sans réellement peser dans le jeu politique. Les citoyens exigent des responsabilités ? Qu'on leur en donne, en proposant des évolutions très concrètes !

Premièrement, comme le suggèrent certains constitutionnalistes, transformons le Sénat en une grande assemblée citoyenne avec un pouvoir constituant qui redéfinisse les contours institutionnels du pays au regard de son évolution récente. Cela permettrait aussi un brassage intercommunautaire, alors que la majorité des partis politiques ont montré au cours des dernières missions royales leur manifeste méconnaissance de la réalité politique de l'autre communauté.

Dans les régions et communautés, innovons en créant une assemblée citoyenne parallèle à l'assemblée représentative qui serait constituée de manière dynamique :

  • d'une dizaine de représentants du parlement "représentatif" (PR) selon une méthode de proportionnalité semblable à ce qui se fait dans les commissions parlementaires qui auraient surtout un rôle d'écoute et de rapportage,
  • du ministre compétent ou d'un représentant de celui-ci selon la thématique discutée,
  • d'un ensemble de "citoyens" parmi lesquels une certaine proportion d' "experts" dans la thématique (société civile, professeurs d'Université, représentants de l'entreprise,...) et une moitié d'"autres" citoyens, tirés au sort sur une liste de volontaires.

Ainsi, ce parlement citoyen aurait une composition variable selon la thématique traitée et formulerait ses propres propositions de décrets. Celles-ci auraient alors l'obligation d'être débattues au PR.

Par ailleurs, il serait intéressant de profiter des opportunités offertes par la digitalisation en créant un portail (le même système pourrait toutefois être appliqué en version papier) où chaque citoyen pourrait émettre des propositions, via un "template" permettant de contextualiser l'idée, d'en identifier les avantages et inconvénients potentiels et d'en ébaucher une mise en oeuvre opérationnelle. Un système de votes citoyen pourrait être mis en oeuvre afin d'évaluer les propositions ou de les amender puis de les soumettre à un débat parlementaire.

Puisque ce processus est potentiellement chronophage, il serait bon de développer au sein des entreprises des mécanismes permettant aux citoyens de s'octroyer un demi-jour de congé politique, en fixant bien entendu des balises.

Sur le fond, trop de partis raisonnent encore en termes de thématiques cloisonnées : "mobilité", "justice", "fiscalité",... Il conviendrait peut-être de d'abord identifier rigoureusement les défis à résoudre, puis d'élaborer au travers de pactes long-termistes des propositions d'actions transversales.

Parvenir à ouvrir le jeu politique au-delà des limites des partis tout en responsabilisant le citoyen lambda semblent les clés pour nous sortir du marasme actuel...

Pierre De Handschutter

Ingénieur Civil en Informatique et Gestion

Face à la crise politique actuelle, une profonde refonte du système démocratique s'impose peut-être.Les dernières élections ont montré une percée significative des partis extrêmes et un taux d'abstention record. Par ailleurs, des initiatives populaires plus ou moins organisées pullulent sans réellement peser dans le jeu politique. Les citoyens exigent des responsabilités ? Qu'on leur en donne, en proposant des évolutions très concrètes ! Premièrement, comme le suggèrent certains constitutionnalistes, transformons le Sénat en une grande assemblée citoyenne avec un pouvoir constituant qui redéfinisse les contours institutionnels du pays au regard de son évolution récente. Cela permettrait aussi un brassage intercommunautaire, alors que la majorité des partis politiques ont montré au cours des dernières missions royales leur manifeste méconnaissance de la réalité politique de l'autre communauté.Dans les régions et communautés, innovons en créant une assemblée citoyenne parallèle à l'assemblée représentative qui serait constituée de manière dynamique :Ainsi, ce parlement citoyen aurait une composition variable selon la thématique traitée et formulerait ses propres propositions de décrets. Celles-ci auraient alors l'obligation d'être débattues au PR.Par ailleurs, il serait intéressant de profiter des opportunités offertes par la digitalisation en créant un portail (le même système pourrait toutefois être appliqué en version papier) où chaque citoyen pourrait émettre des propositions, via un "template" permettant de contextualiser l'idée, d'en identifier les avantages et inconvénients potentiels et d'en ébaucher une mise en oeuvre opérationnelle. Un système de votes citoyen pourrait être mis en oeuvre afin d'évaluer les propositions ou de les amender puis de les soumettre à un débat parlementaire.Puisque ce processus est potentiellement chronophage, il serait bon de développer au sein des entreprises des mécanismes permettant aux citoyens de s'octroyer un demi-jour de congé politique, en fixant bien entendu des balises.Sur le fond, trop de partis raisonnent encore en termes de thématiques cloisonnées : "mobilité", "justice", "fiscalité",... Il conviendrait peut-être de d'abord identifier rigoureusement les défis à résoudre, puis d'élaborer au travers de pactes long-termistes des propositions d'actions transversales.Parvenir à ouvrir le jeu politique au-delà des limites des partis tout en responsabilisant le citoyen lambda semblent les clés pour nous sortir du marasme actuel...Pierre De HandschutterIngénieur Civil en Informatique et Gestion