"Les ADF ont fait une incursion dans le village de Ndama dans la nuit de dimanche à lundi et ont exécuté cinq personnes à la machette. Ils ont incendié 15 maisons", a déclaré l'administrateur du territoire de Beni, Donat Kibwana. Selon M. Kibwana, trois autres personnes ont aussi été tuées par des membres du même groupe à Eringeti, localité située à environ 60 km au nord de la ville de Beni dans la province du Nord-Kivu. Samedi, deux civils ont été tués à Nyaleke dans la périphérie de la ville de Beni par ces miliciens, qui interdisaient la circulation sur la route Beni-Kasindi, une voie très fréquentée qui mène en Ouganda. Cet incident a été suivi par des affrontements entre des ADF et des soldats congolais, d'après l'armée. Lundi, les activités ont été paralysées pendant plusieurs heures à Eringeti pour protester contre ces tueries, d'après des témoignages d'habitants. "Nous avons déposé les trois corps au siège de l'administration pour exprimer notre colère", a affirmé un habitant d'Eringeti, Eugène Kasereka: "L'armée ne fait rien pour nous, on nous tue comme on veut. Où est l'armée ? ". La société civile met en cause l'efficacité de l'action militaire contre les ADF à Beni et ses environs. "L'armée n'arrive toujours pas à protéger la population, les gens continuent à être exécutés comme des animaux. Que l'armée joue son rôle", a martelé Teddy Kataliko, un responsable de la société civile de Beni. Le porte-parole de l'armée dans la région, Mak Hazukay, a confirmé les attaques et affirmé poursuivre "les opérations contre ces terroristes". Outre l'insécurité, la région de Beni est touchée par la dixième épidémie d'Ebola déclarée en RDC (Nord-Kivu et Ituri) depuis un an et qui a déjà fait plus de 1.800 morts. Historiquement opposés au président ougandais Yoweri Museveni, les rebelles musulmans ougandais des ADF sont les responsables présumés du massacre de plusieurs centaines de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014. (Belga)