Le ministre refuse également de livrer à la commission judiciaire de la Chambre des représentants une version non-expurgée du rapport du procureur Robert Mueller, a annoncé son président démocrate, Jerry Nadler, menaçant de l'assigner à comparaître. Bill Barr a été entendu mercredi par une commission du Sénat sur ce même sujet. Le démocrate Jerry Nadler, qui préside la commission judiciaire de la Chambre des représentants, l'a immédiatement accusé de "chantage" et a évoqué la possibilité de l'inciter à comparaître. Plus tôt dans la journée, des sénateurs ont assailli le ministre de questions pendant cinq heures lors de sa première comparution au Congrès depuis la publication du rapport de Robert Mueller le 18 avril. Les démocrates l'ont accusé d'être "partial" ou de se comporter comme "l'avocat du président", mais le ministre a assuré avoir assumé les responsabilités qui lui incombait. Une fois le rapport remis, "c'est devenu mon bébé", a-t-il déclaré, sans se départir de son calme. Dans ce document de plus de 400 pages rédigé après 22 mois d'une enquête tentaculaire, l'ancien chef de la police fédérale (FBI) a exonéré Donald Trump des soupçons de collusion avec Moscou lors de la campagne de 2016. Il a toutefois détaillé une dizaine de pressions troublantes exercées par le président sur son enquête, à commencer par une tentative de le limoger, sans se prononcer sur les suites à donner. Malgré cet inventaire, Bill Barr s'est dit "absolument" à l'aise avec sa décision de ne pas ouvrir de poursuites pour entrave à la justice contre le président Trump. D'autres démocrates ont de nouveau appelé à lancer une procédure de destitution du président Trump. Les leaders du parti sont très réservés sur cette question, conscients que la procédure risque d'échouer face à la majorité républicaine au Sénat et de détourner l'attention des autres sujets de la campagne pour la présidentielle de 2020. (Belga)