En Flandre, la pression sur les partis du centre vient de l'extrême droite, alors qu'en Wallonie elle vient de l'extrême gauche. Le PVDA-PTB, qui représente plus de 16 % des voix en Wallonie, ne rate ainsi pas une occasion de s'en prendre au PS. Alors que la note de Magnette qui a fuité était considérée en Flandre comme un pamphlet communiste, pour le parti de Raoul Hedebouw, ce n'est qu'un bradage d'idées de gauche. "Communiste ? Allez", dit Hedebouw, tout juste de retour d'un week-end en famille, en riant au tél...

En Flandre, la pression sur les partis du centre vient de l'extrême droite, alors qu'en Wallonie elle vient de l'extrême gauche. Le PVDA-PTB, qui représente plus de 16 % des voix en Wallonie, ne rate ainsi pas une occasion de s'en prendre au PS. Alors que la note de Magnette qui a fuité était considérée en Flandre comme un pamphlet communiste, pour le parti de Raoul Hedebouw, ce n'est qu'un bradage d'idées de gauche. "Communiste ? Allez", dit Hedebouw, tout juste de retour d'un week-end en famille, en riant au téléphone. "Par exemple, il n'y avait rien dans cette note à propos d'un impôt sur la fortune."La marge de manoeuvre du PS pour la formation fédérale est, selon les observateurs francophones, fortement limitée par le fait qu'il sent en permanence dans son cou le souffle chaud des "communistes 2.0". A cela s'ajoute la journée d'action nationale prévue le 28 janvier par le syndicat socialiste FGTB-ABVV pour faire pression sur les négociateurs fédéraux. La FGTB, qui semble devenir de plus en plus une extension des radicaux de gauche en Wallonie, aurait même été, selon le ministre-président wallon Elio Di Rupo (PS), complètement infiltré par le PTB. "Di Rupo préfère naturellement une FGTB qui suit aveuglément le PS", dit Hedebouw. "Il n'a toujours pas compris que le mouvement de gauche est beaucoup plus large que le seul PS. C'est un autre exemple typique de l'arrogance du PS, malgré sa défaite historique du 26 mai"."Le climat social est tendu en Wallonie", poursuit Hedebouw. "Différents paramètres jouent un rôle. Pour commencer, il y a l'exemple de la France. En France, les cheminots protestent depuis plus d'un mois contre le projet de réforme des retraites du président Macron. De quoi encourager la combativité de la gauche en Wallonie. Et, bien sûr, il y a aussi le bon score du PVDA-PTB lors des élections du 26 mai ", poursuit Hedebouw. "Les électeurs demandent un virage à gauche. Mais ne vous y trompez pas, ce n'est pas un phénomène purement wallon. Nous avons maintenant 120.000 signatures pour notre initiative citoyenne autour d'une pension minimale de 1.500 euros, dont 60 à 65% proviennent de Flandre. Nous sommes donc certainement en train de peser le débat politique et la formation fédérale, bien que je trouve très antidémocratique que les informateurs successifs ne nous impliquent pas dans les discussions, alors que nous sommes parmi les "vainqueurs des élections"."Nous n'avons pas peur de nouvelles élections, mais le signal du 26 mai me semble clair", conclut la figure de proue du PVDA-PTB. "Nous devons lancer une vraie politique sociale."