"Nous avons perdu cette élection, malheureusement, c'est très clair", a déclaré Bart De Wever, président de la N-VA, à ses militants le soir du scrutin. L'ampleur de la perte ne sera révélée que plus tard. La N-VA a perdu près de 300.000 voix. Le 26 mai 2019, la N-VA a subi "la plus grande défaite qu'un parti du gouvernement flamand ait eu à subir au cours des cinquante dernières années", concluait notre confère Walter Pauli, le premier à le constater. La N-VA a perdu huit sièges, tant à la Chambre qu'au Parlement flamand. Au sein du parti, on attend avec impatience la présentation de l'analyse de cette défaite historique.
...

"Nous avons perdu cette élection, malheureusement, c'est très clair", a déclaré Bart De Wever, président de la N-VA, à ses militants le soir du scrutin. L'ampleur de la perte ne sera révélée que plus tard. La N-VA a perdu près de 300.000 voix. Le 26 mai 2019, la N-VA a subi "la plus grande défaite qu'un parti du gouvernement flamand ait eu à subir au cours des cinquante dernières années", concluait notre confère Walter Pauli, le premier à le constater. La N-VA a perdu huit sièges, tant à la Chambre qu'au Parlement flamand. Au sein du parti, on attend avec impatience la présentation de l'analyse de cette défaite historique.Pour expliquer sa défaite électorale, la N-VA pointe surtout le CD&V. Les chrétiens-démocrates, le vice-premier ministre Kris Peeters en tête, étaient opposés à toute tentative de changement. C'est vrai, mais à la N-VA on se rend bien compte que ce n'est pas la seule raison : il faut balayer devant sa porte. Mais personne à la N-VA n'ose remettre ouvertement en question la stratégie et la campagne suivie. Seul Herman De Bode (NDLT : l'ancien chef de cabinet de Jan Jambon) a osé le faire la semaine dernière dans une interview accordée à Knack. Pendant des années, il a été chef de cabinet de Jan Jambon, membre du conseil d'administration du parti et toujours proche de Bart De Wever. Son verdict était sévère: " Le slogan de la N-VA était 'la force du changement'. Mais qu'avons-nous vraiment changé ? (...) La situation est d'autant plus grave que la N-VA a voulu occulter cet échec. Nous avons choisi le slogan 'Le changement fonctionne'. Eh bien, quand un Anversois voit cela, vous l'entendrez dire : "Pour qui me prenez-vous ?". L'historien Bruno De Wever, frère de Bart, a souligné autre chose dans De Standaard : "La N-VA est là pour les Flamands qui gagnent bien leur vie. Aujourd'hui, elle en paie le prix. (...) Sur le plan social, la N-VA reste un parti dur qui ne défend pas les membres les plus faibles de la société. Puis le Vlaams Belang l'a joué plus intelligemment, en se profilant sur des thèmes sociaux, avec l'exigence d'une pension minimum de 1500 euros. De Bode trouve ça "génial" de la part du président du Vlaams Belang Tom Van Grieken. "En l'entendant, j'ai tout de suite pensé : ce type a raison". Le Vlaams Belang a obtenu plus de 500.000 voix, sans doute aussi grâce à son discours anti-migration et anti-establishment. Et tout comme la Volksunie (VU) était parti fouet pour le CD&V, le Vlaams Belang est aujourd'hui un part fouet pour la N-VA.Le coup dur que la N-VA a dû encaisser est masqué par le fait qu'elle est toujours le plus grand parti du pays et qu'elle peut former le gouvernement flamand. Il est incompréhensible que De Wever négocie avec le Vlaams Belang depuis des semaines et qu'ils aient même rédigé des textes concrets, car la N-VA et le Vlaams Belang ne parviennent pas à une majorité ensemble, et aucun autre parti ne veut les y aider. Ne pas travailler à une coalition viable n'est guère un exemple de bonne gouvernance. Au niveau européen, la N-VA s'est également ridiculisée ces dernières semaines en optant pour le groupe des Conservateurs et réformistes. Il va donc siéger avec Vox, un "groupuscule néo-franquiste", à en croire le politologue Bart Maddens. La N-VA a essayé de justifier cela en disant que chaque famille compte "un tonton bourré", mais là aussi, c'est incompréhensible.Alors que le CD&V, l'Open VLD et le sp.a s'inquiètent de leur survie, la N-VA doit réfléchir à la manière d'empêcher d'autres électeurs de fuir. Et si possible, comment récupérer les 300.000 votes perdus. En serrant le Vlaams Belang contre son sein? En se montrant inflexible sur le communautaire? Ce sont des questions vitales pour la N-VA. Et contrairement aux partis traditionnels, la position du président n'est pas remise en question : malgré la perte historique, on ne scie pas les pattes de la chaise du président De Wever.C'est peut-être là le plus grand défi de la N-VA : quelqu'un pourra-t-il succéder à Bart De Wever quand il sera ministre-président? Il ne sera pas facile de suivre ses traces. C'est pourquoi le scénario réaliste est maintenant que Jan Jambon deviendra ministre-président. De cette façon, son talent politique sera aussi pleinement utilisé, parce qu'un gouvernement fédéral n'est pas fait pour l'action immédiate. Et De Wever reste bourgmestre d'Anvers, ce qu'il préfère. Et président de parti. Il montre à quel point la N-VA dépend d'une seule personne. Et regardez le sp.a de Steve Stevaert, le CD&V de Jean-Luc Dehaene ou l'Open VLD de Guy Verhofstadt : ce n'est jamais bon.