Admis en 1989 au barreau de Lille, Frank Berton, pour le grand public, c'est d'abord ce physique de cow-boy, regard très noir, clope au bec, cheveux gominés vers l'arrière, voix presque rauque. Une présence parfois intimidante, qui cache "sous ses airs bourrus, un affectif et un bon vivant", a déclaré à l'AFP Jean-Luc Romero, ancien président du comité de soutien à Florence Cassez, défendue par l'avocat lillois.

En juillet 2004, il participe au procès d'Outreau devant la cour d'assises de Saint-Omer, en tant qu'avocat d'Odile Marécaux et Franck Lavier, deux des 17 accusés dans le box pour cette affaire de viols sur mineurs. Frank Berton obtiendra l'acquittement de ses clients. Cette affaire lui sert de "marche-pied vers la notoriété", explique à l'AFP Serge Garde, auteur du documentaire "Outreau, l'autre vérité".

Il a également assuré la défense de la Française Florence Cassez, accusée d'enlèvement et de séquestration au Mexique avant d'être libérée en 2013 au bout de sept ans de prison. La Cour suprême du Mexique avait annulé la condamnation à 60 ans de prison de la Française, âgée de 38 ans à l'époque, estimant que ses droits constitutionnels avaient été violés par les autorités lors de son arrestation. "C'est un jour historique pour la justice mexicaine", avait alors déclaré Me Berton.

On le retrouve encore lorsqu'éclate l'affaire du Carlton de Lille, en tant qu'avocat de Francis Henrion. L'ex-directeur de l'établissement, inculpé pour proxénétisme aggravé, au même titre que le propriétaire du Carlton, Hervé Franchois, avait été relaxé.

L'an dernier, Frank Berton participe au procès pour l'assassinat d'un couple de restaurateurs français dont les corps avaient été retrouvés affreusement mutilés à Madagascar en 2012, en tant que conseil des familles. Deux Malgaches ont été condamnés aux travaux forcés à perpétuité pour ces faits.

En 2015 toujours, pour sa dernière grande affaire à ce jour, il est au soutien de Dominique Cottrez, mère accusée de la plus grave affaire d'infanticide jamais jugée en France. Elle ne sera finalement condamnée qu'à neuf ans de prison après avoir été reconnue coupable des meurtres de huit de ses nouveaux-nés par la cour d'assises de Douai.

Frank Berton avait aussi défendu Aït Ali Belkacem, condamné en septembre 1999 à dix ans de prison pour association de malfaiteurs lors du procès d'un réseau islamiste considéré comme responsable d'attentats perpétrés entre juillet et octobre 1995 en France, faisant dix morts et 250 blessés. L'Algérien de 31 ans avait avoué être l'auteur d'un attentat à la bombe dans une gare parisienne le 17 octobre 1995, lors duquel 30 personnes avaient été blessées. Dans un entretien vidéo accordé à La Voix du Nord mercredi, Me Berton rappelle qu'alors qu'il avait reconnu les attentats, Aït Ali Belkacem "avait décidé en cours d'instruction après plusieurs mois de revenir sur ses aveux", et que l'avocat avait alors "décidé de quitter sa défense". "Je l'ai dit ça à Salah Abdeslam." Le ténor du barreau de Lille a par ailleurs défendu des familles de victimes de terroristes, après un attentat à Marrakech notamment. "Je connais donc un côté et l'autre côté."

Il défend aujourd'hui Salah Abdeslam, l'un des suspects clés dans les attentats à Paris. Toujours dans cet entretien à La Voix du Nord, Me Berton déclare que la décision de défendre Salah Abdeslam "n'est pas simple à prendre", mais qu'il l'a prise "en âme et conscience après (...) l'avoir surtout rencontré en prison pendant plus de deux heures et demi en présence de son avocat belge, qui nous assistera encore en France, Sven Mary". "On est là pour l'assister, l'accompagner devant le juge d'instruction et la justice française, et peut-être tourner une page suite à ce terrible drame." "On aura des critiques, on aura des menaces, l'avocat est là pour défendre, on est dans une démocratie, on est dans une République. (...) Chacun a droit à une défense, et Salah Abdeslam doit être défendu", ajoute-t-il encore.

Pour Jean-Luc Romero, interrogé par l'AFP, l'avocat lillois s'apprête "à relever le plus grand défi de sa carrière". "Les défis, il adore ça. C'est quelqu'un qui a le sens du rôle de l'avocat, et dans une démocratie, il faut aussi des avocats pour défendre des terroristes présumés, même s'il sait qu'il va prendre des coups et des risques en défendant celui qui est considéré comme l'ennemi public N°1."

"Un type qui est défendu par Frank Berton est bien défendu. Il s'accroche, il se bat", assure Me Eric Dupond-Moretti, autre figure du barreau de Lille, qui a travaillé avec lui sur Outreau. "Il sait prendre les coups et les rendre", résume encore un autre avocat lillois en vue, Emmanuel Riglaire.

Ces compliments n'impliquent pas l'unanimité. "Il est toujours à la limite de l'excès dans ses plaidoiries", observe un confrère lillois, qui relève le côté "médiatique" des dossiers plaidés.

Frank Berton doit se rendre en République dominicaine, a-t-il indiqué mercredi à l'AFP, pour assurer la défense de Christophe Naudin, impliqué dans l'évasion des deux pilotes français mis en cause dans l'affaire "Air Cocaïne".

Admis en 1989 au barreau de Lille, Frank Berton, pour le grand public, c'est d'abord ce physique de cow-boy, regard très noir, clope au bec, cheveux gominés vers l'arrière, voix presque rauque. Une présence parfois intimidante, qui cache "sous ses airs bourrus, un affectif et un bon vivant", a déclaré à l'AFP Jean-Luc Romero, ancien président du comité de soutien à Florence Cassez, défendue par l'avocat lillois. En juillet 2004, il participe au procès d'Outreau devant la cour d'assises de Saint-Omer, en tant qu'avocat d'Odile Marécaux et Franck Lavier, deux des 17 accusés dans le box pour cette affaire de viols sur mineurs. Frank Berton obtiendra l'acquittement de ses clients. Cette affaire lui sert de "marche-pied vers la notoriété", explique à l'AFP Serge Garde, auteur du documentaire "Outreau, l'autre vérité". Il a également assuré la défense de la Française Florence Cassez, accusée d'enlèvement et de séquestration au Mexique avant d'être libérée en 2013 au bout de sept ans de prison. La Cour suprême du Mexique avait annulé la condamnation à 60 ans de prison de la Française, âgée de 38 ans à l'époque, estimant que ses droits constitutionnels avaient été violés par les autorités lors de son arrestation. "C'est un jour historique pour la justice mexicaine", avait alors déclaré Me Berton. On le retrouve encore lorsqu'éclate l'affaire du Carlton de Lille, en tant qu'avocat de Francis Henrion. L'ex-directeur de l'établissement, inculpé pour proxénétisme aggravé, au même titre que le propriétaire du Carlton, Hervé Franchois, avait été relaxé. L'an dernier, Frank Berton participe au procès pour l'assassinat d'un couple de restaurateurs français dont les corps avaient été retrouvés affreusement mutilés à Madagascar en 2012, en tant que conseil des familles. Deux Malgaches ont été condamnés aux travaux forcés à perpétuité pour ces faits. En 2015 toujours, pour sa dernière grande affaire à ce jour, il est au soutien de Dominique Cottrez, mère accusée de la plus grave affaire d'infanticide jamais jugée en France. Elle ne sera finalement condamnée qu'à neuf ans de prison après avoir été reconnue coupable des meurtres de huit de ses nouveaux-nés par la cour d'assises de Douai. Frank Berton avait aussi défendu Aït Ali Belkacem, condamné en septembre 1999 à dix ans de prison pour association de malfaiteurs lors du procès d'un réseau islamiste considéré comme responsable d'attentats perpétrés entre juillet et octobre 1995 en France, faisant dix morts et 250 blessés. L'Algérien de 31 ans avait avoué être l'auteur d'un attentat à la bombe dans une gare parisienne le 17 octobre 1995, lors duquel 30 personnes avaient été blessées. Dans un entretien vidéo accordé à La Voix du Nord mercredi, Me Berton rappelle qu'alors qu'il avait reconnu les attentats, Aït Ali Belkacem "avait décidé en cours d'instruction après plusieurs mois de revenir sur ses aveux", et que l'avocat avait alors "décidé de quitter sa défense". "Je l'ai dit ça à Salah Abdeslam." Le ténor du barreau de Lille a par ailleurs défendu des familles de victimes de terroristes, après un attentat à Marrakech notamment. "Je connais donc un côté et l'autre côté." Il défend aujourd'hui Salah Abdeslam, l'un des suspects clés dans les attentats à Paris. Toujours dans cet entretien à La Voix du Nord, Me Berton déclare que la décision de défendre Salah Abdeslam "n'est pas simple à prendre", mais qu'il l'a prise "en âme et conscience après (...) l'avoir surtout rencontré en prison pendant plus de deux heures et demi en présence de son avocat belge, qui nous assistera encore en France, Sven Mary". "On est là pour l'assister, l'accompagner devant le juge d'instruction et la justice française, et peut-être tourner une page suite à ce terrible drame." "On aura des critiques, on aura des menaces, l'avocat est là pour défendre, on est dans une démocratie, on est dans une République. (...) Chacun a droit à une défense, et Salah Abdeslam doit être défendu", ajoute-t-il encore. Pour Jean-Luc Romero, interrogé par l'AFP, l'avocat lillois s'apprête "à relever le plus grand défi de sa carrière". "Les défis, il adore ça. C'est quelqu'un qui a le sens du rôle de l'avocat, et dans une démocratie, il faut aussi des avocats pour défendre des terroristes présumés, même s'il sait qu'il va prendre des coups et des risques en défendant celui qui est considéré comme l'ennemi public N°1." "Un type qui est défendu par Frank Berton est bien défendu. Il s'accroche, il se bat", assure Me Eric Dupond-Moretti, autre figure du barreau de Lille, qui a travaillé avec lui sur Outreau. "Il sait prendre les coups et les rendre", résume encore un autre avocat lillois en vue, Emmanuel Riglaire. Ces compliments n'impliquent pas l'unanimité. "Il est toujours à la limite de l'excès dans ses plaidoiries", observe un confrère lillois, qui relève le côté "médiatique" des dossiers plaidés. Frank Berton doit se rendre en République dominicaine, a-t-il indiqué mercredi à l'AFP, pour assurer la défense de Christophe Naudin, impliqué dans l'évasion des deux pilotes français mis en cause dans l'affaire "Air Cocaïne".