La question catalane est à nouveau à l'ordre du jour de l'agenda politique flamand. Un bref résumé des faits : mi-septembre, le président du parlement flamand Jan Peumans (N-VA) envoie une lettre à l'ancienne présidente du parlement catalan, Carme Forcadell. Peumans y écrit que l'Espagne ne remplit plus les critères pour être membre de l'Union européenne. Une affirmation qui n'est pas du goût de Madrid. "Les déclarations négatives de Peumans sont inacceptables", a déclaré le secrétaire d'État espagnol à l'Union européenne, Luis Marco Aguiriano, après avoir rappelé l'ambassadeur belge à l'ordre.
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La question catalane est à nouveau à l'ordre du jour de l'agenda politique flamand. Un bref résumé des faits : mi-septembre, le président du parlement flamand Jan Peumans (N-VA) envoie une lettre à l'ancienne présidente du parlement catalan, Carme Forcadell. Peumans y écrit que l'Espagne ne remplit plus les critères pour être membre de l'Union européenne. Une affirmation qui n'est pas du goût de Madrid. "Les déclarations négatives de Peumans sont inacceptables", a déclaré le secrétaire d'État espagnol à l'Union européenne, Luis Marco Aguiriano, après avoir rappelé l'ambassadeur belge à l'ordre. Mais mercredi dernier, Peumans a réitéré ses déclarations en présence de l'ancien président catalan, Carles Puigdemont. Pour Madrid, c'en est assez. Le gouvernement décide le jour même de retirer le statut diplomatique du représentant flamand en Espagne. En réaction, le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) a demandé au ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR), de convoquer l'ambassadeur d'Espagne. Mais Reynders n'a rien voulu savoir. Le Premier ministre Charles Michel (MR) a également précisé que le fédéral n'avait aucun problème avec l'Espagne. En guise de réponse, Bourgeois a tenu vendredi une conférence de presse avec le ministre catalan des Affaires étrangères Ernest Maragall. Ce dernier a indiqué que la Catalogne et la Flandre allaient examiner comment elles peuvent renforcer la coopération entre les deux régions. Mais le CD&V, qui tout comme la N-VA fait partie du gouvernement flamand, n'apprécie guère que son partenaire de coalition fasse cavalier seul. "La N-VA importe ainsi un conflit étranger", dit Ward Kennes, député flamand (CD&V).WARD Kennes : Le parti transforme sa propre conviction en position gouvernementale et agit comme s'il était le porte-parole de toute la Flandre. Alors que les questions communautaires belges ont été mises au frigo, la N-VA tente d'y remédier en accordant une attention particulière aux aspirations catalanes à l'indépendance. Pour des raisons d'image, le parti déplace son agenda communautaire vers la Catalogne. Mais en faisant cela, la N-VA importe un conflit étranger. KENNES : Je pense qu'ils devraient être très prudents. La N-VA agit comme si toute la Catalogne aspirait à l'indépendance. Mais c'est tout à fait faux. En réalité, les Catalans sont très divisés sur la question. En tant que région, nous n'avons aucun intérêt à interférer dans ces questions politiques. KENNES: Parce que la N-VA s'investit autant sur la question catalane et fait constamment l'éloge de l'ancien président catalan Carles Puigdemont, un problème s'est posé en Espagne concernant l'image de la Flandre. Il est important de séparer l'institutionnel du politique. En ce moment, la Flandre se laisse trop entrainer dans le débat politique qui a lieu en Espagne. KENNES : Le CD&V s'efforce également d'entretenir de bonnes relations avec la Catalogne - je fais moi-même partie du groupe de l'amitié flamando-catalane. Nous sommes convaincus que les parlementaires catalans n'ont rien à faire en prison. Mais cela ne signifie pas pour autant que la Flandre ne peut maintenir de bonnes relations avec l'Espagne. Ce n'est qu'ainsi que nous aurons l'occasion d'assumer un rôle de médiation entre Madrid et Barcelone. KENNES : La force et la légitimité des réformes de l'État belge résident dans le dialogue qui les précède. Nous devons le faire comprendre clairement aux deux parties. Mais je n'ai pas encore vu d'initiatives de la N-VA vis-à-vis de Madrid. Au contraire, nous risquons de faire sauter les ponts entre la Flandre et l'Espagne de cette manière. La Flandre aspire à une diplomatie mature, n'est-ce pas ? Alors, même dans une situation de conflit, il faut maintenir des relations mûres et dépasser l'agenda politique.