"Tout le monde s'attend à ce qu' Elio Di Rupo devienne ministre-président wallon", dit De Morgen. Pour le quotidien cela n'a rien de surprenant puisque, en tant que formateur wallon, il a mené les négociations et il connaît l'accord de coalition de bout en bout. "Il sait parfaitement où se situent les sensibilités de ses partenaires de la coalition. Il a les clés de l'Elysette entre ses mains, et il ne tient qu'à lui d'y aménager".
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"Tout le monde s'attend à ce qu' Elio Di Rupo devienne ministre-président wallon", dit De Morgen. Pour le quotidien cela n'a rien de surprenant puisque, en tant que formateur wallon, il a mené les négociations et il connaît l'accord de coalition de bout en bout. "Il sait parfaitement où se situent les sensibilités de ses partenaires de la coalition. Il a les clés de l'Elysette entre ses mains, et il ne tient qu'à lui d'y aménager". D'autant plus qu'il semble avoir abandonné l'idée de redevenir Premier ministre, la N-VA ne l'acceptera jamais, et il ne rejoindra pas un gouvernement fédéral pour jouer les seconds couteaux, dit, dans De Morgen, Jean Faniel, directeur général de l'Institut de recherche politique du CRISP. D'autant plus que même avec une coalition alternative arc-en-ciel, il ne sera probablement pas accepté comme Premier ministre par Open Vld ou CD&V, car il polarise trop en Flandre. Et rester président du PS ? Ce poste semble réservé à Paul Magnette. "Les deux ont conclu un gentlemen's agreement avant les élections : Di Rupo continuerait à diriger le parti jusqu'après les négociations gouvernementales, après quoi Magnette pourrait reprendre le flambeau. Dans cette optique, cinq ans en tant que ministre-président pourrait être une belle fonction pour finir une riche carrière politique" peut-on encore lire dans De Morgen.Du coup, on peut se demander si c'est encore Di Rupo qui va mener les discussions pour le fédéral. Di Rupo a toujours dit qu'il voulait garder la main et son parti l'a même entériné à travers une motion. "Mais est-ce combinable, avec une fonction de ministre-président ? Deux scénarios circulent depuis quelques jours : soit il se fait remplacer temporairement à l'Elysette pour mener le forçage au niveau fédéral, soit il laisse la place à Magnette". Pour l'instant, personne ne sait ce qu'il va faire. "Il aime jouer l'homme mystère", dit encore Faniel. "Il n'aime pas que les autres prédisent son avenir et il est capable de surprendre à tout moment." Pas de quoi réjouir la N-VA. Si ce parti n'a eu de cesse de taper sur Di Rupo, il sait aussi qu'il est un homme avec qui on peut discuter. Elle craint davantage Magnette qui se montre beaucoup plus dur. Pour De Standaard, "la route jusqu'au 16 rue de la Loi va passer par les Ardennes". Toujours selon le quotidien, on y a formé "un accord de gouvernement le plus progressiste possible, car on va y créer plus d'emplois, sans impôt supplémentaire tout en investissant de façon conséquente et en affichant des ambitions européennes en matière de climat." Un programme qui ressemble étrangement à ce qu'on a pu retrouver dans la note gouvernementale flamande. Qu'en est-il dès lors de l'opposition inconciliable qui existerait entre la Wallonie à l'extrême gauche et la Flandre à l'extrême droite ? Pour le rédacteur en chef du Standaard, avec ce gouvernement wallon," il semble tout même évident que nous vivons malgré tout dans un même pays". Un constat qui devrait ouvrir la voie vers une formation fédérale. "Au regard des derniers développements, il ne semble en effet plus impossible que le PS et la N-VA puissent trouver un terrain d'entente tant continuer à se diaboliser mutuellement n'est plus crédible si l'on analyse les propositions gouvernementales sur la table. Si les partis réussissent à délaisser leur profilage électoral névrosé et à se concentrer sur les tâches essentielles, une coalition jaune-violet n'a pas à être une aventure insensée. C'est d'ailleurs vers ce chemin que les informateurs fédéraux semblent guider les différents protagonistes. On devrait bientôt avoir un gouvernement flamand et, un par un, les joueurs superflus ont été évincés." "Il ne restera donc plus que quelques joueurs au centre de l'arène et celui qui voudra sortir de là avec panache ferait mieux d'avoir un impressionnant plan B". Toujours selon le rédacteur en chef du Standaard, le seul bémol à cette situation est qu'on affiche "une franche nonchalance budgétaire" et que cela promet pour les pourparlers fédéraux. Sous cet auspice, on ne peut que craindre que le budget fédéral, et certainement en cas de formation jaune-violet, risque d'être le dindon de la farce.