Une idylle, c'est une entente parfaite, sereine, harmonieuse. Il y a un peu de cela dans le tableau que dresse, sur 125 pages, le livre Terre, Mer, Soleil, cosigné par Jean-Marc Nollet, chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre, et par Julien Vandeburie, chercheur-associé à Etopia, le centre d'études du parti. L'ouvrage se décline en deux parties. La première consiste à " déconstruire chacun des "arguments" fallacieusement avancés par les opposants à la sortie du nucléaire ". Hausse du coût de la facture énergétique, pertes d'emplois, dépendance à d'autres pays... Les auteurs s'attaquent ainsi...

Une idylle, c'est une entente parfaite, sereine, harmonieuse. Il y a un peu de cela dans le tableau que dresse, sur 125 pages, le livre Terre, Mer, Soleil, cosigné par Jean-Marc Nollet, chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre, et par Julien Vandeburie, chercheur-associé à Etopia, le centre d'études du parti. L'ouvrage se décline en deux parties. La première consiste à " déconstruire chacun des "arguments" fallacieusement avancés par les opposants à la sortie du nucléaire ". Hausse du coût de la facture énergétique, pertes d'emplois, dépendance à d'autres pays... Les auteurs s'attaquent ainsi aux " dix plus gros mensonges des nucléaristes ". La seconde partie présente trois grands scénarios, que résume le titre du livre, pour une " transition sans nucléaire dès 2025 et 100 % renouvelables d'ici 2050 ". Avec un inventaire chiffré des trajectoires attendues de chaque filière, en fonction du progrès technologique et de choix politiques. Mis bout à bout, ces objectifs ambitieux, ces chiffres et ces raisonnements aboutissent au constat théorique que le renouvelable, associé à court terme à des centrales au gaz et au stockage d'énergie, pourrait bel et bien répondre à la demande. Mais dans les faits, la trajectoire énergétique de la Belgique n'est ni parfaite, ni sereine, ni harmonieuse. Pas plus que le débat clivant sur le nucléaire. A l'image des aléas politiques, des contraintes techniques ou du faible degré d'acceptation de certaines filières, elle est, au contraire, sujette à discorde, au désordre, et donc à l'imprévisibilité. Et c'est probablement l'une des limites du raisonnement présenté : en éludant cette réalité, la voie ainsi tracée paraît trop belle pour être vraie. " Pour moi, c'est un mauvais exemple de planification énergétique, comme on le faisait au début des années 2000 ", commente Damien Ernst, professeur à l'ULiège, qui a analysé l'ouvrage pour Le Vif/L'Express. L'écueil de cette étude résulterait d'une confusion de deux combats menés par Ecolo : " Ils utilisent le renouvelable pour tenter de prouver que l'on peut se passer du nucléaire, mais il est illusoire de penser que l'un pourra se substituer à l'autre à l'échelon national. Les scénarios présentés accordent donc une importance beaucoup trop grande à la production d'énergie renouvelable, au détriment de l'efficacité énergétique et des interconnexions de grande ampleur à l'échelle internationale. Nous avons à présent assez de recul sur les filières vertes pour affirmer que leur mode de développement n'a pas fonctionné en matière de réduction des émissions de CO2 ; il est temps de changer de méthode. " Une sortie du nucléaire à l'horizon 2025 lui semble néanmoins encore jouable, moyennant la construction urgente de centrales au gaz. Et une entente parfaite, sereine et harmonieuse.