Georges-Louis Bouchez est partout, tout le temps, prêt à rebondir sur chaque balle en quelques phrases lâchées sur Twitter. Lors de sa campagne pour son élection à la présidence du MR, le Montois avait pourtant adopté un ton moins clivant, davantage consensuel. Mais le naturel est rapidement revenu au galop. Depuis que la parole politique se déconfine, il multiplie les déclarations dans les médias, aborde tous les sujets de façon décomplexée, à l'image de sa sortie sur les violences contre la police, critique tous azimuts, en portant à peine des gants contre les écologistes, et répond aux critiques en direct, quitte à s'en prendre sèchement à une journaliste de la RTBF.
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Georges-Louis Bouchez est partout, tout le temps, prêt à rebondir sur chaque balle en quelques phrases lâchées sur Twitter. Lors de sa campagne pour son élection à la présidence du MR, le Montois avait pourtant adopté un ton moins clivant, davantage consensuel. Mais le naturel est rapidement revenu au galop. Depuis que la parole politique se déconfine, il multiplie les déclarations dans les médias, aborde tous les sujets de façon décomplexée, à l'image de sa sortie sur les violences contre la police, critique tous azimuts, en portant à peine des gants contre les écologistes, et répond aux critiques en direct, quitte à s'en prendre sèchement à une journaliste de la RTBF.Ses sorties irritent, désarçonnent ou recueillent un plébiscite qu'il s'empresse de 'retweeter'. Comme ce message d'un internaute : "Comique pour un observateur neutre de voir toute la twittosphère politique et journalistique s'affoler. Le jeune et impétueux président du MR a cassé les codes, bafoué l'ordre établi, et ses contradicteurs sont perdus." Au moins, tout le monde sait désormais qui est président du parti alors qu'il y a un an de cela, le jeune Bouchez était surtout connu pour sa fronde locale contre Elio Di Rupo à Mons. Ambitieux, il se forge aussi une place médiatique à côté de la Première ministre, Sophie Wilmès. Il y a en lui un mélange de l'arrogance cynique de Didier Reynders et de la gouaille chaleureuse, mais froide en cas d'opposition, de Charles Michel.Au PS, inutile de dire que le ton irrite. La Libre dévoilait lundi les coulisses d'un bureau de parti tempétueux où le "cas" Bouchez a été évoqué. Plusieurs ténors ont exprimé leur ras-le-bol face à son arrogance. "Si on m'en donne le mandat, je changerai de majorité en Wallonie", aurait même glissé Elio Di Rupo. Ce mardi matin, le ministre-président bruxellois, Rudi Vervoort, en a rajouté une couche, sans citer nommément le président du MR : "Je trouve que le climat est très particulier au niveau fédéral en termes de déclarations des uns et des autres. Cela donne peut-être l'impression d'exister pendant 5 ou 10 minutes, mais cela ne facilite pas les choses. C'est peut-être lié à l'émergence d'une génération des réseaux sociaux en politique qui a ce réflexe, dès qu'ils ont une pensée ou une idée, de coucher cela en 140 caractères. C'est une réduction de la pensée qui me semble hasardeuse."Pour apaiser les esprits, à moins que cela ne les échaude davantage, le MR a envoyé le ministre fédéral Denis Ducarme, ancien rial de Bouchez dans la course à la présidence, adresser un message aux "camarades" socialistes, comme c'était le cas du bon vieux temps de Charles Michel, pour dire que le MR est à l'unisson : "La situation dans laquelle se trouve notre pays est trop grave pour s'arrêter sur des questions de personnes. La réponse à la crise devra être sociale et libérale. Concentrons-nous sur le contenu plutôt que sur des querelles politiciennes !"Rideau ? "Je n'ai pas envie de personnaliser les choses, a souligné ce matin Paul Magnette. Il y a des débats dans les bureaux de parti, c'est normal, cela fait partie de la vie démocratique. Les débats de bureaux de partis sont des débats de bureaux de partis, cela permet à chacun d'exprimer son agacement, ses opinions. Je ne remets absolument pas en cause les majorités en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles." Une posture diplomatique. Georges-Louis Bouchez avait pourtant estimé que l'initiative socialiste de consulter en vue de négociations gouvernementales était "presqu'un coup d'Etat".Entre les deux partis, une rivalité éternelle prévaut, avec la place de premier parti francophone en ligne de mire. Désormais, le rapport de forces se recalibre en vue d'une éventuelle cohabitation fédérale, après plus d'une législature suédoise.