Selon les bonnes feuilles de votre livre, la nomination de Charles Michel comme Premier semble préméditée, or, depuis sa nomination, on a l'impression qu'il y a quelques erreurs de casting dans ses ministres. Le MR avait-il les troupes suffisantes pour monter au gouvernement?

Olivier Mouton : Ce qui était programmé, c'était le retour du MR au pouvoir en effet et, par la succession d'événements décrits dans le livre, la possibilité réelle, si la tripartite n'était pas reconduite, que le MR laisse le PS dans l'opposition. Des erreurs de casting? Celles-ci sont à mon sens le fruit avant tout des rapports de force internes et, in fine, des marchandages de dernière minute au sein de la suédoise: le MR n'a pas forcément eu toutes les compétences qu'il voulait initialement.

On parle souvent de Bart De Wever comme le premier ministre de l'ombre. Quelle est votre impression sur cette affirmation?

Bart De Wever joue évidemment un rôle important en tant que président du premier parti de la coalition. Charles Michel ne peut pas le brusquer frontalement et se trouve par moments dans des situations inconfortables, indéniablement. Mais "premier ministre de l'ombre" est un peu caricatural me semble-t-il, le livre montre quand même que Charles Michel est un homme politique qui sait s'imposer.

Je suis persuadée que Charle Michel savait lors de sa campagne électorale qu'il s'allierait avec les Flamands, il a menti, et cela, beaucoup ne le lui pardonneront pas, pour moi, il est devenu le ministre de la Flandre, on a bien vu aussi son manque de réaction à propos de ce qui se passe à Linkebeek, pourtant, Damien Thierry est retourné au MR.

Charles Michel ne savait pas durant la campagne qu'il s'allierait avec les seuls partis flamands, non. Ce qui est vrai, c'est qu'il a entretenu des contacts avec la Voka, organe représentatif du patronat flamand, afin de se tenir informé de ce qui vivait au nord du pays. Ce qui s'est passé à Linkebeek concerne un autre niveau de pouvoir, la Région flamande, même s'il s'agit en effet d'une provocation de la N-VA à 'égard du MR, due à sa crainte de perdre des voix flamingantes.

Quand est-ce qu'il travaillera aussi pour les deux régions francophones et plus seulement pour la Région flamande ? Exemple les nuisances aériennes de Zaventem qui ennuient les communes flamandes sous les survols historiques et que les élus flamands et lui envoient sur Bruxelles et la Wallonie (Brabant wallon) ! La situation inédite née des élections du 25 mai 2014, avec les majorités asymétriques du côté francophone, ne facilite pas la résolution de problèmes interrégionaux comme ceux-là. Le survol de Bruxelles est un noeud inextricable de la politique belge, mais il est vrai que le rapport de forces politiques avec la Flandre empêche sans doute une solution de bon sens.

Le 13 juillet 2014, c'est la réunion de la dernière chance pour Charles Michel. Il demande une dernière fois aux socialistes à pouvoir gouverner avec eux en Wallonie et à Bruxelles. Quelle coalition fédérale propose Charles Michel au PS et au cdH ?

Charles Michel a proposé une tripartite francophone à tous les niveaux de pouvoir, au fédéral comme dans les Régions. Mais PS et CDH, qui négociaient déjà, ont refusé d'autant que le CD&V voulait que la N-VA monte à bord du côté flamand.

Vous parlez de ce fameux dîner qui aurait scellé la haine entre Michel, Magnette et Lutgen. Mais il semblerait que l'animosité entre ces trois-là était déjà bien présente...? Animosité dûe à quoi?

Le livre raconte en effet les racines de ces animosités, partiellement dues à des facteurs de rivalité politique, mais aussi à des éléments humains et à l'histoire. Entre les Michel et Di Rupo, les relations sont compliquées depuis 2004. Avec Paul Magnette, plusieurs incidents expliquent ce ressentiment, même si les hommes se parlent. Avec Lutgen, il y a une grosse rivalité politique, mais surtout un incident personnel lié à la rencontre qu'ils sont eue deux jours après les élections qui joue un rôle. Lisez le livre :-)

Selon votre livre, une tripartite traditionnelle (libéraux, socialistes, sociaux-chrétiens) aurait échoué lors d'un "dîner de cons" entre Michel et le duo Magnette - Lutgen. Le gouvernement actuel viendrait donc d'une simple animosité entre des personnes et non pas des différents politiques?

La tripartite n'a pas vu le jour en raison du score de la N-VA en Flandre et du choix du CD&V de s'allier à elle à tous les niveaux de pouvoir. Mais aussi en raison d'un manque de confiance entre les trois présidents concernés du côté francophone, oui! Et le MR a compris qu'il pourrait en tirer un bénéfice politique pour réaliser une bonne part de son programme avec la suédoise...

Pour Charles Michel, la Suédoise, c'est la coalition souhaitée, rêvée même, cohérente et ambitieuse, ou bien c'est une coalition forcée par l'attitude irresponsable du PS et du cdH ?

Quand Charles Michel a perçu que la suédoise était possible, il l'a transformée en coalition cohérente et ambitieuse pour réaliser des points du programme MR impossibles avec le PS (socio-éco, sécurité...). Mais cela reste avant tout un attelage d'opportunité pour lui, davantage qu'une coalition "rêvée".

Etre ministre presque à la sortie des études, est-ce normal? L'ambition d'une famille politique peut-elle continuer à sévir pour le malheur du plus grand nombre?

Le livre raconte aussi comment Charles Michel est devenu ministre contre l'avis de son père. Il a fait preuve d'indéniables qualités d'emblée, à 24 ans, même ses adversaires politiques le reconnaissent. Ce livre est effectivement le récit d'une ambition familiale. "Pour le malheur...": je vous laisse libre de vos propos.

Didier Reynders n'avait pas un meilleur profil pour le poste de Premier ministre? C'est quand même étonnant qu'il se soit fait doubler par un "gamin" sans grande expérience?

Reynders a davantage d'expérience, mais il n'était pas dans la meilleure position vu ses relations compliquées avec le CD&V. Cela dit, le "gamin" a davantage d'expérience et de force politique que certains ne semblent le penser, comme en témoigne le livre.

Existe-t-il une réelle relation de confiance avec Chastel, même si ce dernier dispose de très bons contacts avec Didier Reynders ?

Chastel est un proche de longue date de Charles Michel, un ami même. S'il est devenu président du MR, c'est précisément parce qu'il avait de bons contacts avec les deux "rivaux". Mais cela reste avant tout un fidèle de Charles Michel.

Charles Michel serait-il plus "tueur" que les autres (Reynders, Di Rupo, de Wever)? Et pourquoi selon vous?

Tous les politiques de premier plan ont un côté tueur sans lequel ils n'arriveraient pas au premier plan. Charles Michel a sans doute un élément supplémentaire: c'est un stratège hyperintelligent, dont la retenue et la pudeur confinent parfois à l'arrogance. Quand il tue, c'est avec un révolver silencieux...

Vous parlez de rapports concurrentiels avec son père... Mais on a plutôt l'impression quand on les voit ensemble que son père le soutient?

Bien sûr, son père le soutient, voire l'admire. Mais Charls Michel, après avoir profité de son nom, a dû s'affranchir de l'ombre tutélaire d'un papa bienveillant, mais un peu trop omniprésent. C'est une relation complexe et passionnante (je trouve) qui est décrite dans le livre.

Récemment Louis Michel comparait son fils à Wilfried Martens, êtes-vous d'accord avec cette déclaration/analyse? Personnellement, je ne vois pas en lui un Martens ou alors à celui des années Martens-Gol, auxquelles se référaient Louis Michel si je ne m'abuse. Mais ayant bien connu Wilfried Martens, je le trouvais davantage soucieux du consensus que de la rupture assumée comme Charles Michel (ce n'est que mon modeste avis).

Vous qui avez fréquenté d'autres Premiers ministres, où rangeriez-vous Charles Michel par rapport à eux? En termes d'envergure, de vision politique, de caractère? C'est évidemment difficile de le comparer après un an... Je dirais: il est moins flamboyant et messianique que Verhofstadt, mais tout aussi déterminé; moins au-dessus de la mêlée, mais plus dynamique que Di Rupo; moins langue de bois que Dehaene (quoique), mais tout aussi habile dans la négociation... A 39 ans, il a d'indéniables qualités d'homme d'Etat, mais il doit éviter de tomber dans l'arrogance ou de cultiver un sentiment d'incompris. Et sa priorité, c'est de conquérir l'opinion publique francophone.

Une "prolongation" en tant que Premier Ministre ne serait pas pour lui déplaire. Il y a-t-il des éléments " concrets"? A part son ambition dévorante?

Une "prolongation concrète" de cette envie de poursuivre pourrait résider dans la volonté commune du MR et de la N-VA de poursuivre sans le PS pour approfondir les réformes actuelles. Le MR a surtout la volonté aujourd'hui de prendre la main sur la Wallonie pour faire face aux défis socio-éco et budgétaires. Mais il y a aussi, bien sûr, une ambition importante de sa part. Comme l'écrit très justement Alain Berenboom dans son texte publié dans le magazine: "l'appétit vient en mangeant"...

Charles Michel apparaît-il comme quelqu'un qui ne laisse rien au hasard ? Alors ça, incontestablement: s'il y a bien quelque chose qui le caractérise, c'est qu'il ne laisse rien au hasard. Raison pour laquelle la suédoise n'est pas tombée du ciel. C'est un perfectionniste pour lui-même et il exige cela aussi des autres.

Est-il vraiment aussi perfectionniste qu'on le dit? A connaître ses dossiers dans les moindres détails? Ou a-t-il très bien su s'entourer?

Non, il est perfectionniste lui-même jusqu'à accompagner parfois certains de ses collègues qui le sont moins. Il écrit beaucoup et produit énormément de notes.

Après avoir mené cette enquête, à vos yeux, Charles Michel sort-il grandi ou au contraire terni ?

Au bout de cette enquête, Charles Michel sort grandi dans sa carrure politique, sans aucun doute. Mais le monde politique, et certaines de ses attitudes, pas forcément: c'est un monde par moments impitoyables, cinglant, au coeur duquel les émotions et les egos occupent une place importante.

A quoi sert un livre comme celui-ci ?

A lire :-). Et à donner un regard je crois nuancé sur la vie du Premier ministre, mais aussi, à travers lui, sur quinze années de la vie politique belge et sur cette suédoise qui reste une évolution incroyable et inédite.

Canal Z
© Canal Z
Selon les bonnes feuilles de votre livre, la nomination de Charles Michel comme Premier semble préméditée, or, depuis sa nomination, on a l'impression qu'il y a quelques erreurs de casting dans ses ministres. Le MR avait-il les troupes suffisantes pour monter au gouvernement?Olivier Mouton : Ce qui était programmé, c'était le retour du MR au pouvoir en effet et, par la succession d'événements décrits dans le livre, la possibilité réelle, si la tripartite n'était pas reconduite, que le MR laisse le PS dans l'opposition. Des erreurs de casting? Celles-ci sont à mon sens le fruit avant tout des rapports de force internes et, in fine, des marchandages de dernière minute au sein de la suédoise: le MR n'a pas forcément eu toutes les compétences qu'il voulait initialement.On parle souvent de Bart De Wever comme le premier ministre de l'ombre. Quelle est votre impression sur cette affirmation?Bart De Wever joue évidemment un rôle important en tant que président du premier parti de la coalition. Charles Michel ne peut pas le brusquer frontalement et se trouve par moments dans des situations inconfortables, indéniablement. Mais "premier ministre de l'ombre" est un peu caricatural me semble-t-il, le livre montre quand même que Charles Michel est un homme politique qui sait s'imposer.Je suis persuadée que Charle Michel savait lors de sa campagne électorale qu'il s'allierait avec les Flamands, il a menti, et cela, beaucoup ne le lui pardonneront pas, pour moi, il est devenu le ministre de la Flandre, on a bien vu aussi son manque de réaction à propos de ce qui se passe à Linkebeek, pourtant, Damien Thierry est retourné au MR. Charles Michel ne savait pas durant la campagne qu'il s'allierait avec les seuls partis flamands, non. Ce qui est vrai, c'est qu'il a entretenu des contacts avec la Voka, organe représentatif du patronat flamand, afin de se tenir informé de ce qui vivait au nord du pays. Ce qui s'est passé à Linkebeek concerne un autre niveau de pouvoir, la Région flamande, même s'il s'agit en effet d'une provocation de la N-VA à 'égard du MR, due à sa crainte de perdre des voix flamingantes.Quand est-ce qu'il travaillera aussi pour les deux régions francophones et plus seulement pour la Région flamande ? Exemple les nuisances aériennes de Zaventem qui ennuient les communes flamandes sous les survols historiques et que les élus flamands et lui envoient sur Bruxelles et la Wallonie (Brabant wallon) ! La situation inédite née des élections du 25 mai 2014, avec les majorités asymétriques du côté francophone, ne facilite pas la résolution de problèmes interrégionaux comme ceux-là. Le survol de Bruxelles est un noeud inextricable de la politique belge, mais il est vrai que le rapport de forces politiques avec la Flandre empêche sans doute une solution de bon sens.Le 13 juillet 2014, c'est la réunion de la dernière chance pour Charles Michel. Il demande une dernière fois aux socialistes à pouvoir gouverner avec eux en Wallonie et à Bruxelles. Quelle coalition fédérale propose Charles Michel au PS et au cdH ? Charles Michel a proposé une tripartite francophone à tous les niveaux de pouvoir, au fédéral comme dans les Régions. Mais PS et CDH, qui négociaient déjà, ont refusé d'autant que le CD&V voulait que la N-VA monte à bord du côté flamand.Vous parlez de ce fameux dîner qui aurait scellé la haine entre Michel, Magnette et Lutgen. Mais il semblerait que l'animosité entre ces trois-là était déjà bien présente...? Animosité dûe à quoi?Le livre raconte en effet les racines de ces animosités, partiellement dues à des facteurs de rivalité politique, mais aussi à des éléments humains et à l'histoire. Entre les Michel et Di Rupo, les relations sont compliquées depuis 2004. Avec Paul Magnette, plusieurs incidents expliquent ce ressentiment, même si les hommes se parlent. Avec Lutgen, il y a une grosse rivalité politique, mais surtout un incident personnel lié à la rencontre qu'ils sont eue deux jours après les élections qui joue un rôle. Lisez le livre :-)Selon votre livre, une tripartite traditionnelle (libéraux, socialistes, sociaux-chrétiens) aurait échoué lors d'un "dîner de cons" entre Michel et le duo Magnette - Lutgen. Le gouvernement actuel viendrait donc d'une simple animosité entre des personnes et non pas des différents politiques?La tripartite n'a pas vu le jour en raison du score de la N-VA en Flandre et du choix du CD&V de s'allier à elle à tous les niveaux de pouvoir. Mais aussi en raison d'un manque de confiance entre les trois présidents concernés du côté francophone, oui! Et le MR a compris qu'il pourrait en tirer un bénéfice politique pour réaliser une bonne part de son programme avec la suédoise...Pour Charles Michel, la Suédoise, c'est la coalition souhaitée, rêvée même, cohérente et ambitieuse, ou bien c'est une coalition forcée par l'attitude irresponsable du PS et du cdH ?Quand Charles Michel a perçu que la suédoise était possible, il l'a transformée en coalition cohérente et ambitieuse pour réaliser des points du programme MR impossibles avec le PS (socio-éco, sécurité...). Mais cela reste avant tout un attelage d'opportunité pour lui, davantage qu'une coalition "rêvée". Etre ministre presque à la sortie des études, est-ce normal? L'ambition d'une famille politique peut-elle continuer à sévir pour le malheur du plus grand nombre?Le livre raconte aussi comment Charles Michel est devenu ministre contre l'avis de son père. Il a fait preuve d'indéniables qualités d'emblée, à 24 ans, même ses adversaires politiques le reconnaissent. Ce livre est effectivement le récit d'une ambition familiale. "Pour le malheur...": je vous laisse libre de vos propos.Didier Reynders n'avait pas un meilleur profil pour le poste de Premier ministre? C'est quand même étonnant qu'il se soit fait doubler par un "gamin" sans grande expérience?Reynders a davantage d'expérience, mais il n'était pas dans la meilleure position vu ses relations compliquées avec le CD&V. Cela dit, le "gamin" a davantage d'expérience et de force politique que certains ne semblent le penser, comme en témoigne le livre.Existe-t-il une réelle relation de confiance avec Chastel, même si ce dernier dispose de très bons contacts avec Didier Reynders ?Chastel est un proche de longue date de Charles Michel, un ami même. S'il est devenu président du MR, c'est précisément parce qu'il avait de bons contacts avec les deux "rivaux". Mais cela reste avant tout un fidèle de Charles Michel.Charles Michel serait-il plus "tueur" que les autres (Reynders, Di Rupo, de Wever)? Et pourquoi selon vous?Tous les politiques de premier plan ont un côté tueur sans lequel ils n'arriveraient pas au premier plan. Charles Michel a sans doute un élément supplémentaire: c'est un stratège hyperintelligent, dont la retenue et la pudeur confinent parfois à l'arrogance. Quand il tue, c'est avec un révolver silencieux... Vous parlez de rapports concurrentiels avec son père... Mais on a plutôt l'impression quand on les voit ensemble que son père le soutient?Bien sûr, son père le soutient, voire l'admire. Mais Charls Michel, après avoir profité de son nom, a dû s'affranchir de l'ombre tutélaire d'un papa bienveillant, mais un peu trop omniprésent. C'est une relation complexe et passionnante (je trouve) qui est décrite dans le livre.Récemment Louis Michel comparait son fils à Wilfried Martens, êtes-vous d'accord avec cette déclaration/analyse? Personnellement, je ne vois pas en lui un Martens ou alors à celui des années Martens-Gol, auxquelles se référaient Louis Michel si je ne m'abuse. Mais ayant bien connu Wilfried Martens, je le trouvais davantage soucieux du consensus que de la rupture assumée comme Charles Michel (ce n'est que mon modeste avis).Vous qui avez fréquenté d'autres Premiers ministres, où rangeriez-vous Charles Michel par rapport à eux? En termes d'envergure, de vision politique, de caractère? C'est évidemment difficile de le comparer après un an... Je dirais: il est moins flamboyant et messianique que Verhofstadt, mais tout aussi déterminé; moins au-dessus de la mêlée, mais plus dynamique que Di Rupo; moins langue de bois que Dehaene (quoique), mais tout aussi habile dans la négociation... A 39 ans, il a d'indéniables qualités d'homme d'Etat, mais il doit éviter de tomber dans l'arrogance ou de cultiver un sentiment d'incompris. Et sa priorité, c'est de conquérir l'opinion publique francophone. Une "prolongation" en tant que Premier Ministre ne serait pas pour lui déplaire. Il y a-t-il des éléments " concrets"? A part son ambition dévorante?Une "prolongation concrète" de cette envie de poursuivre pourrait résider dans la volonté commune du MR et de la N-VA de poursuivre sans le PS pour approfondir les réformes actuelles. Le MR a surtout la volonté aujourd'hui de prendre la main sur la Wallonie pour faire face aux défis socio-éco et budgétaires. Mais il y a aussi, bien sûr, une ambition importante de sa part. Comme l'écrit très justement Alain Berenboom dans son texte publié dans le magazine: "l'appétit vient en mangeant"...Charles Michel apparaît-il comme quelqu'un qui ne laisse rien au hasard ? Alors ça, incontestablement: s'il y a bien quelque chose qui le caractérise, c'est qu'il ne laisse rien au hasard. Raison pour laquelle la suédoise n'est pas tombée du ciel. C'est un perfectionniste pour lui-même et il exige cela aussi des autres.Est-il vraiment aussi perfectionniste qu'on le dit? A connaître ses dossiers dans les moindres détails? Ou a-t-il très bien su s'entourer?Non, il est perfectionniste lui-même jusqu'à accompagner parfois certains de ses collègues qui le sont moins. Il écrit beaucoup et produit énormément de notes. Après avoir mené cette enquête, à vos yeux, Charles Michel sort-il grandi ou au contraire terni ?Au bout de cette enquête, Charles Michel sort grandi dans sa carrure politique, sans aucun doute. Mais le monde politique, et certaines de ses attitudes, pas forcément: c'est un monde par moments impitoyables, cinglant, au coeur duquel les émotions et les egos occupent une place importante.A quoi sert un livre comme celui-ci ?A lire :-). Et à donner un regard je crois nuancé sur la vie du Premier ministre, mais aussi, à travers lui, sur quinze années de la vie politique belge et sur cette suédoise qui reste une évolution incroyable et inédite.