Il y a six mois, le 18 mars pour être précis, notre pays est entré en confinement pour lutter contre l'épidémie de coronavirus. Quelques jours plus tôt, alors que le Conseil de sécurité était encore en train de discuter des mesures à prendre, la formation d'un gouvernement PS-N-VA s'est effondrée après une intervention du président du PS, Paul Magnette, et du ténor d'Ecolo, Jean-Marc Nollet, dans le talk-show de RTL C'est pas tous les jours dimanche. Le 15 mars, ils ont, en effet, déclaré qu'il serait irresponsable de changer de Premier ministre en pleine crise de coronavirus. Ils ont apporté leur soutien à la Première ministre Sophie Wilmès (MR) et ont promis de soutenir le gouvernement de l'opposition. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, également présent dans le studio de télévision, a remercié le PS et Ecolo pour leur soutien. Le CD&V, la N-VA, l'Open VLD et le sp.a sont tombés des nues. Le président du ...

Il y a six mois, le 18 mars pour être précis, notre pays est entré en confinement pour lutter contre l'épidémie de coronavirus. Quelques jours plus tôt, alors que le Conseil de sécurité était encore en train de discuter des mesures à prendre, la formation d'un gouvernement PS-N-VA s'est effondrée après une intervention du président du PS, Paul Magnette, et du ténor d'Ecolo, Jean-Marc Nollet, dans le talk-show de RTL C'est pas tous les jours dimanche. Le 15 mars, ils ont, en effet, déclaré qu'il serait irresponsable de changer de Premier ministre en pleine crise de coronavirus. Ils ont apporté leur soutien à la Première ministre Sophie Wilmès (MR) et ont promis de soutenir le gouvernement de l'opposition. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, également présent dans le studio de télévision, a remercié le PS et Ecolo pour leur soutien. Le CD&V, la N-VA, l'Open VLD et le sp.a sont tombés des nues. Le président du sp.a , Conner Rousseau, qui s'était démené pour la coalition, a réagi sur Twitter en disant qu'il était "dégoûté".La coalition gouvernementale PS-N-VA a été dynamitée depuis les studios de télévision par les trois plus grands partis francophones. Cela ouvait la voie au gouvernement de Wilmès II. Sous la houlette du rusé président de la Chambre Patrick Dewael (Open VLD), neuf partis ont conclu un accord pour accorder les pouvoirs spéciaux au gouvernement de Wilmès II. L'accord a été scellé par un selfie, où un Bouchez radieux se tient contre la joue de Gwendolyn Rutten, alors présidente de l'Open VLD, tandis que Meyrem Almaci, présidente de Groen, jubilait dans son coin. Grisés par leur victoire, les présidents libéraux ont oublié toutes les mesures coronavirus. Le 17 mars, le gouvernement Wilmès II, composé du MR, de l'Open VLD et du CD&V, a prêté serment. Deux jours plus tard, il obtient la confiance grâce au soutien des partis d'opposition PS, SP.A, Ecolo, Groen, CDH et DéFI. Manifestement, le SP.A, Groen et le CD&V n'ont pas réalisé les conséquences considérables de leur vote d'approbation pour la suite des événements politiques et l'avenir du pays.Le gouvernement de Wilmès II compte 13 ministres. L'Open VLD, qui a perdu 2 sièges lors des élections et en a encore 12, dispose de 3 postes ministériels, tout comme le CD&V (également 12 sièges). C'est le MR, qui a perdu pas moins de 6 sièges et à qui il restait encore 14 sièges à la Chambre, qui a empoché le gros lot : 7 postes ministériels, dont celui de Premier ministre. De plus, Didier Reynders a été nommé commissaire européen et Charles Michel président européen. Les libéraux francophones ont également Pierre Wunsch à la tête de la Banque nationale et Jean-Paul Servais à la tête du FSMA, le chien de garde de la bourse. Il faut le faire. Les libéraux francophones de Bouchez, devenu président fin novembre 2019, jouent bien au-dessus de leur catégorie.Au fond, le MR pèse encore plus lourd, car à ces sept postes ministériels du MR, Philippe Goffin détient à la fois les Affaires étrangères et la Défense, un cas unique dans notre histoire, et donc en fait deux cabinets ministériels. Et le Premier ministre et le Vice-Premier ministre ont de toute façon un double cabinet. On arrive à dix cabinets MR. Un gouvernement fédéral compte environ 650 employés à temps plein au sein du cabinet. Un calcul rapide enseigne que le MR emploie certainement 400 cabinettards. C'est beaucoup plus qu'une grande PME. S'il y a un nouveau gouvernement composé de six ou sept partis avec le MR, il ne pourra pas avoir plus de trois postes ministériels. Cela signifierait non seulement qu'il faudrait mettre quatre ministres sur la touche, mais aussi qu'au moins 250 membres du cabinet devraient trouver un autre emploi.Bouchez a tout intérêt à ce que Wilmès II soit maintenu le plus longtemps possible. Même après de nouvelles élections - "dont je n'ai pas peur", dixit le président du MR - Wilmès II sera encore en selle pendant un certain temps. A moins que les libéraux flamands ne lâchent le MR. Dans ce cas, beaucoup de choses sont à nouveau possibles, mais alors, le président de l'Open VLD, Egbert Lachaert, devra s'expliquer, et pas qu'un peu. Par exemple, pourquoi il n'a pas voulu soutenir l'accord conclu par les deux plus grands partis de chaque partie du pays, la N-VA et le PS, à la mi-août. Et qu'est-ce que l'alliance avec le MR de Open VLD a finalement donné ? Qu'ont fait les libéraux depuis les élections, si ce n'est vaquer à leurs propres intérêts ?