"Le féminicide se distingue des homicides masculins par des particularités propres et notamment le fait que dans la plupart des cas les meurtres ou assassinats sont commis par des partenaires ou des ex-partenaires. Les faits sous-entendent également des violences continuelles à la maison, des menaces ou des actes d'intimidation, des violences sexuelles ou encore des situations où les femmes ont moins de pouvoir ou moins de ressources que leur partenaire", situent les députés socialistes qui ont déposé la proposition. "Si la Belgique connait déjà des circonstances aggravantes en raison du sexe de la victime, de sa situation concrète comme le fait qu'elle soit enceinte ou le fait qu'elle cohabite avec l'auteur des faits, elle ne mentionne pas le vocable 'féminicide' dans sa législation, ce qui a pour conséquence de ne pas permettre de recenser aisément et effectivement le nombre de crimes d'un tel type commis dans notre pays." Les députés rappellent qu'une vingtaine de femmes ont perdu la vie dans un tel contexte depuis le début de l'année, mais s'inquiètent de "toutes celles dont l'issue tragique n'a pas été relatée par les médias". Ils n'entendent par ailleurs pas se limiter à une inscription dans le code pénal. "Il y a autant de formes de violences que de mesures à prendre pour les enrayer", estiment-ils. "Il faut mieux former les professionnels, policiers, juges, assistants sociaux, psychologues qui interviennent dans la chaîne afin qu'ils offrent un accueil, un soutien, un accompagnement et des réponses aux victimes dès qu'elles interagissent avec le monde judiciaire ou de l'aide aux victimes." Il faut aussi comprendre les mécanismes des violences faites aux femmes pour accompagner les auteurs et éviter qu'ils ne recommencent. Défi reconnaît aussi que cet ajout dans le code pénal doit s'inscrire dans un plan global. "La lutte contre les violences doit être une priorité dans le prochain accord de gouvernement. Même si on peut déjà agir maintenant", commente Sophie Rohonyi. (Belga)