Face aux différents règlements relatifs à la prostitution édictés par les communes en Région bruxelloise ces dernières années, UTSOPI exhorte le fédéral à se saisir de la question. Elle demande globalement à réglementer la prostitution et à mieux distinguer le métier de la traite des êtres humains. "L'abolitionnisme vise à pénaliser les clients et à considérer les travailleuses du sexe comme des victimes et donc à les protéger", rappelle Maxime Maes en rapport avec les visées des règlements communaux adoptés en la matière. "Mais ça ne fonctionne pas comme on peut le voir en Suède ou en France. Le rapport de Médecins du monde après deux ans de pénalisation en France fait état de conséquences sanitaires et sociales dramatiques".

Sous le slogan "Pas sans nous", le collectif demande à être impliqué dans le processus décisionnel pour les mesures ayant trait à la prostitution. Il appelle à une reconnaissance du travail sexuel, se concrétisant par des droits sociaux et juridiques, la possibilité d'être syndiqué, de s'organiser en coopérative ou encore par un accès facilité au statut d'indépendant. "Pour l'accès au statut d'indépendant, on demande une réforme pour les personnes qui n'ont pas fait d'études supérieures et qui ne sont pas à même de passer le diplôme de gestion de base", explique Maxime Maes, porte-parole d'Utsopi. "La Smart pourrait être accusée de proxénétisme. Donc, ce qui se passe c'est que les personnes se déclarent sous de faux statuts comme masseur ou sexologue... D'autres ne se déclarent pas."

Utsopi appelle plus loin à réformer l'article 380 du code pénal, qui interdit différents moyens permettant l'exercice du métier, comme par exemple la publicité sur internet. Elle demande aussi à revoir la définition et le cadre d'application du proxénétisme pour considérer les pratiques inhérentes au métier, comme le recours à un chauffeur assurant des fonctions de sécurité ou la déclaration des revenus via un intermédiaire tel que Smart, et mieux les différencier de la traite des êtres humains.