Ce dernier avait démissionné en 1974 pour éviter une destitution certaine dans le cadre du scandale d'espionnage politique dit du Watergate. "Ce que nous avons ici est bien plus grave qu'un cambriolage de troisième rang d'un QG de campagne démocrate, nous parlons (...) du gel d'une aide militaire à un allié en guerre: cela va bien au-delà de ce que Nixon a fait", a lancé Adam Schiff en clôturant une série d'auditions marathon au Congrès. Donald Trump risque une mise en accusation ("impeachment") à la Chambre des représentants à cause d'un appel téléphonique estival, au cours duquel il a demandé à son homologue ukrainien d'enquêter sur un potentiel adversaire à la présidentielle de 2020, Joe Biden. Pour les démocrates, cette demande fait partie d'une campagne de pression sur le nouveau gouvernement ukrainien orchestrée par une équipe réduite d'alliés politiques chargée par le président de mener une diplomatie parallèle. Ils soupçonnent Donald Trump d'avoir conditionné l'attribution d'une aide militaire à l'Ukraine - qui fait face à une rébellion pro-Russe dans l'est du pays - à l'ouverture d'une enquête sur Joe Biden et son fils, Hunter, qui a été employé par une compagnie gazière ukrainienne. Adam Schiff, le chef de la puissante commission du Renseignement a fustigé plusieurs fois la stratégie de défense selon lui "absurde" des alliés du président, qui mettent en avant la corruption endémique en Ukraine pour demander des enquêtes ciblées. "Il n'y a rien de plus dangereux qu'un président sans éthique qui croit être au-dessus des lois", a-t-il souligné. A l'issue de huit jours d'auditions qui ont montré un fossé entre partisans démocrates et opposants républicains à une mise en accusation, Adam Schiff a fait appel au sens du "devoir" des parlementaires. "Où sont ceux prêts à aller au-delà de leur parti, à faire leur devoir", a-t-il demandé. (Belga)