Lenin Moreno, ex-vice-président de Rafael Correa, recueillait entre 36 et 43% des voix, selon des sondages sortie des urnes. Pour l'emporter dès le premier tour, il doit totaliser au moins 40% des suffrages exprimés avec dix points d'avance sur le candidat suivant, qui est l'ex-banquier de droite Guillermo Lasso, avec 26 à 31% des voix, selon ces mêmes sondages. "On a gagné !", a lancé le candidat d'Alliance Pays (AP, au pouvoir) au côté du président Rafael Correa et de ses partisans à l'Hôtel Quito, dans le nord de la capitale, après la fermeture des 43.600 bureaux de vote à 17h00 (22h00 GMT). Les premiers décomptes officiels sont prévus vers 20h00 (01h00 GMT lundi). A l'issue de trois mandats, le charismatique mais controversé chef de l'Etat sortant va laisser un pays modernisé et aux inégalités sociales réduites, mais polarisé et en proie à la crise économique. Dans la matinée, M. Correa avait appelé à accepter "la volonté du peuple équatorien exprimée dans les urnes", tout en anticipant la victoire dès le premier tour de Lenin Moreno, vu comme plus conciliant. "Nous allons être au second tour!", avait toutefois lancé M. Lasso, en votant à Guayaquil, capitale économique de l'Equateur (sud-ouest). Quelque 12,8 millions d'électeurs devaient désigner le successeur de M. Correa parmi huit candidats, mais aussi le vice-président, 137 députés et cinq représentants au Parlement andin, en présence de quelque 200 observateurs internationaux. Le scrutin s'annonçait serré dans ce petit pays pétrolier dont l'économie dollarisée est affectée par la chute du brut et la hausse du billet vert. La crise mécontente les classes moyennes, lasses aussi de la confrontation de M. Correa avec les milieux d'affaires et les médias, entre autres. De récentes révélations de cas de corruption ont encore assombri le panorama. "Ce qui est en jeu, ce sont deux visions de la société, deux visions du développement, deux visions de l'Etat", selon le président sortant. Les Equatoriens devaient décider entre la continuation du "Socialisme du XXIe siècle" de M. Correa, héritier du leadership latino-américain du défunt président vénézuélien Hugo Chavez, et le basculement à droite comme en Argentine, au Brésil et au Pérou. M. Moreno était favori des sondages mais avec seulement 32,3%, face à M. Lasso (21,5%), du mouvement conservateur Créant des opportunités (Creo - "Je crois"). Suivaient l'ex-députée de droite Cynthia Viteri (14%) et l'ancien maire de gauche de Quito, Paco Moncayo (7,7%). "Le peuple équatorien (...) est décidé à poursuivre un processus qui ne sera pas stoppé", a assuré à l'AFP jeudi M. Moreno, 63 ans. "Ces dix ans sont une démonstration du progrès du pays (...) Je crois que nous allons continuer", estimait dimanche une électrice, Nora Molina, 53 ans, fonctionnaire. A l'inverse, Alexandra Orbe, 48 ans, employée, a voté pour "un changement, car la crise ne s'est jamais fait autant sentir". M. Lasso, 61 ans, appelle à un "changement afin de lutter contre la corruption", affirmant que le gouvernement "ne veut pas que nous sachions qui sont les bénéficiaires des pots-de-vin d'Odebrecht". Selon la justice américaine, le groupe de construction brésilien a versé 33,5 millions de dollars, entre 2007 et 2016, à des fonctionnaires équatoriens. Le gouvernement a averti qu'il n'admettrait pas d'accusations "sans preuve", M. Correa dénonçant dimanche "une campagne si négative, si sale". Un ex-ministre est toutefois impliqué dans une affaire visant l'entreprise publique Petroecuador. S'il est élu, M. Lasso entend retirer l'asile à Julian Assange, fondateur de WikiLeaks réfugié à l'ambassade équatorienne de Londres depuis 2012. Mais le nombre d'indécis était exceptionnellement élevé, de 30 à 35%, a averti l'analyste Simon Pachano, en expliquant que "les candidats ne sont pas attractifs, surtout si on les compare au fort leadership de Rafael Correa". En cas de ballottage, pour la première fois depuis 2009, la présidentielle se jouera au second tour le 2 avril, le prochain chef de l'Etat devant prendre ses fonctions le 24 mai. (Belga)

Lenin Moreno, ex-vice-président de Rafael Correa, recueillait entre 36 et 43% des voix, selon des sondages sortie des urnes. Pour l'emporter dès le premier tour, il doit totaliser au moins 40% des suffrages exprimés avec dix points d'avance sur le candidat suivant, qui est l'ex-banquier de droite Guillermo Lasso, avec 26 à 31% des voix, selon ces mêmes sondages. "On a gagné !", a lancé le candidat d'Alliance Pays (AP, au pouvoir) au côté du président Rafael Correa et de ses partisans à l'Hôtel Quito, dans le nord de la capitale, après la fermeture des 43.600 bureaux de vote à 17h00 (22h00 GMT). Les premiers décomptes officiels sont prévus vers 20h00 (01h00 GMT lundi). A l'issue de trois mandats, le charismatique mais controversé chef de l'Etat sortant va laisser un pays modernisé et aux inégalités sociales réduites, mais polarisé et en proie à la crise économique. Dans la matinée, M. Correa avait appelé à accepter "la volonté du peuple équatorien exprimée dans les urnes", tout en anticipant la victoire dès le premier tour de Lenin Moreno, vu comme plus conciliant. "Nous allons être au second tour!", avait toutefois lancé M. Lasso, en votant à Guayaquil, capitale économique de l'Equateur (sud-ouest). Quelque 12,8 millions d'électeurs devaient désigner le successeur de M. Correa parmi huit candidats, mais aussi le vice-président, 137 députés et cinq représentants au Parlement andin, en présence de quelque 200 observateurs internationaux. Le scrutin s'annonçait serré dans ce petit pays pétrolier dont l'économie dollarisée est affectée par la chute du brut et la hausse du billet vert. La crise mécontente les classes moyennes, lasses aussi de la confrontation de M. Correa avec les milieux d'affaires et les médias, entre autres. De récentes révélations de cas de corruption ont encore assombri le panorama. "Ce qui est en jeu, ce sont deux visions de la société, deux visions du développement, deux visions de l'Etat", selon le président sortant. Les Equatoriens devaient décider entre la continuation du "Socialisme du XXIe siècle" de M. Correa, héritier du leadership latino-américain du défunt président vénézuélien Hugo Chavez, et le basculement à droite comme en Argentine, au Brésil et au Pérou. M. Moreno était favori des sondages mais avec seulement 32,3%, face à M. Lasso (21,5%), du mouvement conservateur Créant des opportunités (Creo - "Je crois"). Suivaient l'ex-députée de droite Cynthia Viteri (14%) et l'ancien maire de gauche de Quito, Paco Moncayo (7,7%). "Le peuple équatorien (...) est décidé à poursuivre un processus qui ne sera pas stoppé", a assuré à l'AFP jeudi M. Moreno, 63 ans. "Ces dix ans sont une démonstration du progrès du pays (...) Je crois que nous allons continuer", estimait dimanche une électrice, Nora Molina, 53 ans, fonctionnaire. A l'inverse, Alexandra Orbe, 48 ans, employée, a voté pour "un changement, car la crise ne s'est jamais fait autant sentir". M. Lasso, 61 ans, appelle à un "changement afin de lutter contre la corruption", affirmant que le gouvernement "ne veut pas que nous sachions qui sont les bénéficiaires des pots-de-vin d'Odebrecht". Selon la justice américaine, le groupe de construction brésilien a versé 33,5 millions de dollars, entre 2007 et 2016, à des fonctionnaires équatoriens. Le gouvernement a averti qu'il n'admettrait pas d'accusations "sans preuve", M. Correa dénonçant dimanche "une campagne si négative, si sale". Un ex-ministre est toutefois impliqué dans une affaire visant l'entreprise publique Petroecuador. S'il est élu, M. Lasso entend retirer l'asile à Julian Assange, fondateur de WikiLeaks réfugié à l'ambassade équatorienne de Londres depuis 2012. Mais le nombre d'indécis était exceptionnellement élevé, de 30 à 35%, a averti l'analyste Simon Pachano, en expliquant que "les candidats ne sont pas attractifs, surtout si on les compare au fort leadership de Rafael Correa". En cas de ballottage, pour la première fois depuis 2009, la présidentielle se jouera au second tour le 2 avril, le prochain chef de l'Etat devant prendre ses fonctions le 24 mai. (Belga)