A trois jours du début de son premier procès pour corruption, l'annonce que Cristina Kirchner ne briguerait que le poste de vice-présidente est un coup de théâtre dans le pays. Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, Mme Kirchner demande à Alberto Fernandez, un avocat de 60 ans, ancien chef du gouvernement argentin de 2003 à 2008, d'être candidat à la succession du président de centre-droit Mauricio Macri. Ce dernier avait succédé à Mme Kirchner fin 2015. Alberto Fernandez n'a pas encore fait connaître sa réponse, mais un refus semble improbable. "J'ai demandé à Alberto Fernandez de prendre la tête du ticket que nous formerons, lui comme candidat à la présidence et moi comme candidate à la vice-présidence lors des primaires" du 11 août, a déclaré la sénatrice de 66 ans dans un message enregistré. Mise en examen dans plusieurs dossiers de malversations durant ses deux mandats à la tête de l'Argentine (2007-2015), Cristina Kirchner conserve une forte base électorale, notamment parmi les plus défavorisés, mais également un niveau de rejet élevé. Elle faisait partie jusqu'à présent des favoris de l'élection présidentielle du 27 octobre, en compagnie de Mauricio Macri. Protégée par son immunité parlementaire, elle a pu échapper à des mandats d'arrêt du juge Claudio Bonadio, qui instruit la plupart des affaires de corruption la visant. Dans son message, Cristina Kirchner rappelle qu'elle a été la première femme à devenir présidente de la troisième économie d'Amérique latine, mais que "l'ambition personnelle doit être subordonnée à l'intérêt général". La mise en avant d'Alberto Fernandez, avec qui Mme Kirchner s'était brouillée alors qu'elle dirigeait le pays, est une façon d'élargir sa base électorale. (Belga)