Ces constatations sont le fruit de la plus vaste étude jamais menée sur le sujet en Belgique. Pour y arriver, l'institut a examiné chez l'ensemble des personnes condamnées pour infractions routières en 1995, grâce au casier judiciaire central, pour quels faits elles avaient précédemment été condamnées et combien de récidives avaient été constatées jusqu'à fin 2013. Au total, les données de plus de 92.000 personnes et de près d'un million de délits routiers ont été passés au peigne fin.

Il en ressort que près de 45% des personnes condamnées pour ce type de faits ont récidivé. Environ 30% d'entre elles ont été rapides et ont écopé d'une condamnation supplémentaire dans l'année suivant la première et près de la moitié endéans les deux ans. "Ce n'est encore qu'une sous-estimation du problème réel de la récidive étant donné qu'il s'agit uniquement des faits constatés par la police et qui ont été jugés suffisamment graves pour faire l'objet d'une nouvelle condamnation", nuance en outre l'institut.

La récidive est particulièrement fréquente (86%) et rapide (55% au cours de la même année) chez les personnes déchues du droit de conduire. Les personnes condamnées sont majoritairement des hommes (84%), et ceux-ci ont deux fois plus de risque de récidiver que les femmes.

L'étude permet également à Vias d'affirmer que parmi les contrevenants routiers, ceux ayant été condamnés à suivre des cours de sensibilisation ont 50% de risque de récidive en moins que ceux ayant écopé d'une sanction "ordinaire". "De plus, il apparaît que les personnes qui ont pris part à ce type de cours pour alcool au volant et qui récidivent malgré tout ont un taux d'alcool inférieur", relève encore l'institut. "Il convient non seulement d'appliquer des sanctions traditionnelles mais aussi d'étudier l'impact des mesures alternatives comme les cours de sensibilisation et l'éthylotest antidémarrage. Un risque suffisamment élevé de se faire prendre et une exécution des peines rapide et efficace sont essentiels afin de lutter davantage contre la récidive dans la circulation', conclut Vias.