Selon ce décret rendu public mercredi, plusieurs catégories de ressortissants ukrainiens peuvent posséder un passeport russe, notamment ceux qui disposent déjà d'un permis de résidence en Russie. Les citoyens ukrainiens nés en Crimée mais qui ont quitté la péninsule avant qu'elle soit annexée par la Russie en mars 2014 sont également concernés par ce décret. Cette procédure accélérée d'acquisition de la citoyenneté russe est mise en oeuvre pour protéger "les droits, ainsi que les libertés civiles et humaines", selon ce décret signé lundi par le président russe. Cette initiative intervient quelques jours après la large victoire de Volodymyr Zelensky, pourtant sans expérience politique, à la présidentielle ukrainienne. Le Kremlin n'a pas adressé de félicitations à Volodymyr Zelensky, et Vladimir Poutine a indiqué réfléchir à la possibilité que la citoyenneté russe puisse être accordée à tous les Ukrainiens. Le président russe avait déjà signé le mois dernier un décret permettant aux personnes vivant dans les régions séparatistes de l'Est de l'Ukraine de disposer d'un passeport russe dans un délai de trois mois. Volodymyr Zelensky a promis en retour de fournir la citoyenneté ukrainienne aux Russes qui "souffrent" du régime en vigueur dans leur pays. L'élection de Zelensky avait suscité des espoirs chez certains sur une amélioration des relations entre Moscou et Kiev, mais les derniers développements mettent sérieusement en doute une telle évolution, selon les experts. Kiev et les Occidentaux accusent le Kremlin de vouloir déstabiliser davantage l'Ukraine, tandis que des voix critiques en Russie font valoir que les initiatives du Kremlin risquent d'alourdir les difficultés de l'économie russe, déjà à la peine. Certains à Kiev et en Occident s'alarment que l'octroi de la citoyenneté russe aux Ukrainiens ne permette au Kremlin de justifier le déploiement de troupes en Ukraine en prétextant la défense des intérêts de ressortissants russes. (Belga)