"En ce temps de radicalisation politique et de crise croissante de l'Etat de droit démocratique, la recherche sur la collaboration est plus que jamais pertinente. Elle explique comment fonctionne la radicalisation politique, le rôle de l'idéologie, les groupes sociaux et politiques qui y sont sensibles. Elle montre aussi comment les systèmes politiques et les idées peuvent aspirer des gens dans des dynamiques violentes qui en font des dangers pour leurs concitoyens", écrit Bruno De Wever qui a participé à cette mise à jour aux côtés de Koen Aerts et Pieter Lagrou. Les historiens tirent aussi des leçons sur l'approche de la collaboration après la IIe Guerre mondiale et la rééducation des collaborateurs. Il en ressort qu'il n'y a pas de solution miracle. "La rééducation politique, aussi bien intentionnée soit-elle, est par définition une affaire périlleuse. Le sentiment national et, plus particulièrement, la confiance dans la démocratie parlementaire, ne s'éveillent pas spontanément", soulignent-ils. La répression de la collaboration montre aussi qu'il faut éviter la précipitation. "Les conséquences de ce que l'on fait ont une durée de vie très longue. Mais surtout, il ne faut pas prendre de mesures qui, volontairement ou non, font des intéressés des citoyens de seconde zone", peut-on lire. M. Lagrou souligne par ailleurs la façon dont la légitimité de la magistrature a été mise en cause au milieu du XXe siècle. Selon lui, ce phénomène risque de se reproduire. "Aujourd'hui aussi l'on constate des attaques ciblées contre le pouvoir judiciaire, pas seulement en Hongrie. Cela s'est clairement produit durant la crise migratoire. Des politiciens flamands (notamment de la N-VA, ndlr) ont accusé des juges de soutenir par leurs décisions une politique de frontières ouvertes. Cela prête à la surenchère dans l'espoir d'un gain électoral. Connaître ce qui s'est passé avant, pendant et après la guerre reste particulièrement pertinent". Les auteurs mettent enfin en garde contre l'idée qui règne en des temps troublés que des situations exceptionnelles méritent des mesures exceptionnelles. A chaque fois sont prises des législations de circonstance, dont on ignore si elles sont nécessaires ou quelles en seront les conséquences, notamment dans la lutte contre le terrorisme, expliquent-ils. (Belga)

"En ce temps de radicalisation politique et de crise croissante de l'Etat de droit démocratique, la recherche sur la collaboration est plus que jamais pertinente. Elle explique comment fonctionne la radicalisation politique, le rôle de l'idéologie, les groupes sociaux et politiques qui y sont sensibles. Elle montre aussi comment les systèmes politiques et les idées peuvent aspirer des gens dans des dynamiques violentes qui en font des dangers pour leurs concitoyens", écrit Bruno De Wever qui a participé à cette mise à jour aux côtés de Koen Aerts et Pieter Lagrou. Les historiens tirent aussi des leçons sur l'approche de la collaboration après la IIe Guerre mondiale et la rééducation des collaborateurs. Il en ressort qu'il n'y a pas de solution miracle. "La rééducation politique, aussi bien intentionnée soit-elle, est par définition une affaire périlleuse. Le sentiment national et, plus particulièrement, la confiance dans la démocratie parlementaire, ne s'éveillent pas spontanément", soulignent-ils. La répression de la collaboration montre aussi qu'il faut éviter la précipitation. "Les conséquences de ce que l'on fait ont une durée de vie très longue. Mais surtout, il ne faut pas prendre de mesures qui, volontairement ou non, font des intéressés des citoyens de seconde zone", peut-on lire. M. Lagrou souligne par ailleurs la façon dont la légitimité de la magistrature a été mise en cause au milieu du XXe siècle. Selon lui, ce phénomène risque de se reproduire. "Aujourd'hui aussi l'on constate des attaques ciblées contre le pouvoir judiciaire, pas seulement en Hongrie. Cela s'est clairement produit durant la crise migratoire. Des politiciens flamands (notamment de la N-VA, ndlr) ont accusé des juges de soutenir par leurs décisions une politique de frontières ouvertes. Cela prête à la surenchère dans l'espoir d'un gain électoral. Connaître ce qui s'est passé avant, pendant et après la guerre reste particulièrement pertinent". Les auteurs mettent enfin en garde contre l'idée qui règne en des temps troublés que des situations exceptionnelles méritent des mesures exceptionnelles. A chaque fois sont prises des législations de circonstance, dont on ignore si elles sont nécessaires ou quelles en seront les conséquences, notamment dans la lutte contre le terrorisme, expliquent-ils. (Belga)