Durant sept semaines, focus sur un parti francophone en lice pour le scrutin du 26 mai prochain. Cette semaine: le PS.
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C'était il y a vingt ans bientôt. Devenu président du Parti socialiste après Philippe Busquin, Elio Di Rupo s'attelait, disait-il, à la rénovation d'un PS plutôt patraque. Il fallait "ouvrir les fenêtres", scandait-il, et rajeunir et féminiser ce parti trop vieux et trop mâle pour donner à sa gauche une modernité digne du XXIe siècle. Aujourd'hui que les fenêtres ont été ouvertes il y a vingt ans, Elio Di Rupo a vieilli. Et son parti, qui comme il y a dix ans hésite entre se donner Rudy Demotte ou Jean-Claude Marcourt comme ministre-président wallon, aussi. Et il reste très mâle, son parti. Trop, en fait. Presque plus qu'en 1999, même : cette année-là marqua l'accession de Laurette Onkelinx au poste de vice-Première ministre. Quand elle aura, comme elle l'a annoncé il y a longtemps, quitté la présidence de la Fédération bruxelloise, le PS se retrouvera sans femme au premier plan. Marie Arena, Fadila Laanan ou Eliane Tillieux, qu'Elio Di Rupo promut, n'ont pas réussi à percer vraiment. Liège, Mons, la Wallonie picarde, Thuin, Charleroi, Bruxelles : toutes les fédérations importantes sont aux mains de messieurs. Au "G9", l'instance non statutaire des gros bras avec lesquels Di Rupo pilote le PS, ne compte que Laurette Onkelinx, en partance donc, Anne Poutrain, ancienne cheffe de cabinet d'Elio Di Rupo et de Paul Magnette, et la très discrète Christiane Vienne.Et les femmes sont beaucoup moins nombreuses en tête de liste que les hommes, à tel point que dans le Hainaut, la liste que tire Elio Di Rupo n'en compte qu'une parmi les cinq premiers candidats, ceux qui profiteront du "pot". Les fenêtres ont peut-être été ouvertes par le président, mais pas le plafond de verre.