Durant sept semaines, focus sur un parti francophone en lice pour le scrutin du 26 mai prochain. Cette semaine: le CDH.
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C'était les années Milquet : la présidente, transformatrice du PSC en CDH, ouvrait les fenêtres, en colorait les cadres et en émasculait les poignées. C'était l'époque des Catherine Fonck, des Marie-Dominique Simonet, des Véronique Salvi, des Savine Moucheron, des Vanessa Matz, des Mahinur Ozdemir et des Céline Fremault. Leur temps n'est pas tout à fait terminé, et celui des Alda Greoli et des Marie-Martine Schyns, promues par le successeur de Joëlle Milquet lorsque celle-ci dut quitter son ministère de l'Enseignement et de la Culture, non plus. Il n'empêche que dans un parti qui a souffert récemment, ces derniers mois, après avoir souffert structurellement, ces dernières décennies, la féminisation imposée au début des années 2000 aura porté des fruits mitigés, entre figue et raisin. Un homme, Maxime Prévot, a succédé à un homme, Benoît Lutgen, qui avait succédé à une femme, Joëlle Milquet, à la présidence du parti de la rue des Deux-Eglises. Et si Céline Fremault s'est installée comme patronne de la fédération bruxelloise du CDH, et si Maxime Prévot s'est entouré d'une vice-présidente sur deux et de deux porte-parole sur quatre, les vrais patrons d'un parti toujours plus wallon et toujours moins bruxellois ne sont pas/plus des cheffes. Et si les groupes parlementaires CDH sont aujourd'hui très mixtes, si seulement six têtes de liste féminines sur dix-neuf le 26 mai, c'est mieux que PS et MR, il y a fort à parier que les prochains contingents de députés CDH seront bien plus masculins demain qu'aujourd'hui : certes il y a 13 femmes deuxièmes sur les 19 listes orange, mais peu seront élues, dès lors qu'il semble inévitable que le CDH perde des sièges de-ci de-là.