Certains projettent dès lors ces résultats sur 2019 et espèrent un raz-de-marée de la gauche côté francophone. La FGTB donne de la voix et demande de privilégier des coalitions PTB-ECOLO-PS. La victoire de la gauche pourrait cependant ne pas se répéter en 2019, et ce, pour différentes raisons.

La première est que 7 mois en politique c'est long. Une campagne communale ne se fait pas sur les mêmes thèmes qu'une campagne régionale, fédérale et européenne. La campagne communale a été relativement calme, les élections de 2019 seront beaucoup plus animées. Des visions de société totalement différentes seront proposées en terme d'immigration, d'intégration, d'enseignement, d'économies, d'emplois. Les débats seront plus francs, les ténors du gouvernement comme Charles Michel, Didier Reynders, Kris Peeters, Jan Jambon, et d'autres, feront beaucoup plus l'actualité durant la campagne. Dans une campagne communale, la couverture médiatique est moindre et les projets de sociétés proposés sont en général moins distincts l'un de l'autre.

Deuxième raison : l'actualité future aura évidemment un impact sur les résultats des élections. Personne ne sait aujourd'hui prédire quels thèmes seront présents dans les médias dans 6 mois. L'actualité liée au climat a certainement joué dans le score d'Ecolo aux communales, tout comme la diffusion du film de Yann Arthus-Bertrand "Home" par France 2 la veille d'une élection européenne en 2009 avait joué pour Cohn-Bendit avant que les verts ne s'écrasent politiquement en France aux présidentielles de 2012. Par contre, il est urgent que d'autres partis, et notamment le MR, donnent plus de voix sur ces sujets environnementaux. Les élections communales ont été un coup de semonce. Il va falloir corriger le tir. Etant moi-même candidat, j'ai vu que les propositions présentes dans ma campagne sur les repas bios dans les écoles et l'aménagement plus important de pistes cyclables sécurisées étaient aussi extrêmement importantes pour convaincre l'électeur à côté d'autres propositions comme la sécurité, la bonne gestion, la qualité de vie. Le MR devrait creuser certains sujets accaparés jusqu'à présent par les verts. Un électorat important qui n'est pas de gauche est sensible à une nourriture saine dans les cantines, à la lutte contre la présence de plastique de manière démesurée dans nos achats, à la lutte contre les grands lobbys industriels alimentaires, à la défense du terroir et de la ruralité....Autant de sujets peu développés dans les programmes de droite et pourtant demandés par son électorat. Ce dernier souhaite qu'on se préoccupe du climat, mais n'adhère absolument pas à la vision économique, d'immigration ou d'intégration d'un parti comme Ecolo.

Troisième raison : l'échec va permettre sans doute de faire comprendre à la hiérarchie qu'il est nécessaire de faire un travail de renouvellement tant au niveau de la communication que des propositions et des personnes pour les porter. Il reste quelques mois pour mettre au point un programme solide pour 2019. Il faut impérativement intégrer la société civile pour le construire et proposer des idées neuves, sans quoi l'échec sera au rendez-vous. C'est la technique de la triangulation qui doit être utilisée dans l'élaboration des programmes. Il faudra se montrer solide et précis sur ses fondamentaux (politique migratoire, fiscalité, développement économique, proposition en matière d'enseignement qui abroge décret inscription et qui renouvelle totalement le Pacte d'Excellence) et inventif dans des sujets comme la mobilité, l'alimentaire et la lutte contre la fraude fiscale qu'on doit intensifier.

Quatrièmement, les élections seront clairement un référendum sur la poursuite ou non de la Belgique. En cas d'alliance PTB-ECOLO-PS en Wallonie, cela provoquerait le déclin de cette région et la fuite des investisseurs. Une victoire de la gauche pousserait Bart De Wever à exiger le confédéralisme. Les partisans de la gauche rétorqueront que la N-VA a le séparatisme dans son programme. C'est vrai, mais elle n'a pas d'allié pour le faire. Le parti flamand a pris goût au pouvoir et la plus grande partie de son électorat souhaite une poursuite des réformes et comprend que le fait de mettre le PS dans l'opposition est déjà en soi une réforme de l'Etat. Soit le gouvernement Michel II pourra être reconduit (éventuellement avec le CDH) sans communautaire, soit une grave crise se présentera et nous pourrions aller tout droit vers le confédéralisme et le démantèlement du pays. L'électeur soucieux des réformes pourrait comprendre que le pays a besoin de tout sauf d'une nouvelle crise gouvernementale de 500 jours.

Les élections régionales, fédérales et européennes de 2019 s'annoncent palpitantes. Nul ne peut en prédire aujourd'hui le résultat, mais nous verrons si les partis arrivent à tenir compte du message adressé lors de ces communales.

Certains projettent dès lors ces résultats sur 2019 et espèrent un raz-de-marée de la gauche côté francophone. La FGTB donne de la voix et demande de privilégier des coalitions PTB-ECOLO-PS. La victoire de la gauche pourrait cependant ne pas se répéter en 2019, et ce, pour différentes raisons.La première est que 7 mois en politique c'est long. Une campagne communale ne se fait pas sur les mêmes thèmes qu'une campagne régionale, fédérale et européenne. La campagne communale a été relativement calme, les élections de 2019 seront beaucoup plus animées. Des visions de société totalement différentes seront proposées en terme d'immigration, d'intégration, d'enseignement, d'économies, d'emplois. Les débats seront plus francs, les ténors du gouvernement comme Charles Michel, Didier Reynders, Kris Peeters, Jan Jambon, et d'autres, feront beaucoup plus l'actualité durant la campagne. Dans une campagne communale, la couverture médiatique est moindre et les projets de sociétés proposés sont en général moins distincts l'un de l'autre.Deuxième raison : l'actualité future aura évidemment un impact sur les résultats des élections. Personne ne sait aujourd'hui prédire quels thèmes seront présents dans les médias dans 6 mois. L'actualité liée au climat a certainement joué dans le score d'Ecolo aux communales, tout comme la diffusion du film de Yann Arthus-Bertrand "Home" par France 2 la veille d'une élection européenne en 2009 avait joué pour Cohn-Bendit avant que les verts ne s'écrasent politiquement en France aux présidentielles de 2012. Par contre, il est urgent que d'autres partis, et notamment le MR, donnent plus de voix sur ces sujets environnementaux. Les élections communales ont été un coup de semonce. Il va falloir corriger le tir. Etant moi-même candidat, j'ai vu que les propositions présentes dans ma campagne sur les repas bios dans les écoles et l'aménagement plus important de pistes cyclables sécurisées étaient aussi extrêmement importantes pour convaincre l'électeur à côté d'autres propositions comme la sécurité, la bonne gestion, la qualité de vie. Le MR devrait creuser certains sujets accaparés jusqu'à présent par les verts. Un électorat important qui n'est pas de gauche est sensible à une nourriture saine dans les cantines, à la lutte contre la présence de plastique de manière démesurée dans nos achats, à la lutte contre les grands lobbys industriels alimentaires, à la défense du terroir et de la ruralité....Autant de sujets peu développés dans les programmes de droite et pourtant demandés par son électorat. Ce dernier souhaite qu'on se préoccupe du climat, mais n'adhère absolument pas à la vision économique, d'immigration ou d'intégration d'un parti comme Ecolo.Troisième raison : l'échec va permettre sans doute de faire comprendre à la hiérarchie qu'il est nécessaire de faire un travail de renouvellement tant au niveau de la communication que des propositions et des personnes pour les porter. Il reste quelques mois pour mettre au point un programme solide pour 2019. Il faut impérativement intégrer la société civile pour le construire et proposer des idées neuves, sans quoi l'échec sera au rendez-vous. C'est la technique de la triangulation qui doit être utilisée dans l'élaboration des programmes. Il faudra se montrer solide et précis sur ses fondamentaux (politique migratoire, fiscalité, développement économique, proposition en matière d'enseignement qui abroge décret inscription et qui renouvelle totalement le Pacte d'Excellence) et inventif dans des sujets comme la mobilité, l'alimentaire et la lutte contre la fraude fiscale qu'on doit intensifier. Quatrièmement, les élections seront clairement un référendum sur la poursuite ou non de la Belgique. En cas d'alliance PTB-ECOLO-PS en Wallonie, cela provoquerait le déclin de cette région et la fuite des investisseurs. Une victoire de la gauche pousserait Bart De Wever à exiger le confédéralisme. Les partisans de la gauche rétorqueront que la N-VA a le séparatisme dans son programme. C'est vrai, mais elle n'a pas d'allié pour le faire. Le parti flamand a pris goût au pouvoir et la plus grande partie de son électorat souhaite une poursuite des réformes et comprend que le fait de mettre le PS dans l'opposition est déjà en soi une réforme de l'Etat. Soit le gouvernement Michel II pourra être reconduit (éventuellement avec le CDH) sans communautaire, soit une grave crise se présentera et nous pourrions aller tout droit vers le confédéralisme et le démantèlement du pays. L'électeur soucieux des réformes pourrait comprendre que le pays a besoin de tout sauf d'une nouvelle crise gouvernementale de 500 jours. Les élections régionales, fédérales et européennes de 2019 s'annoncent palpitantes. Nul ne peut en prédire aujourd'hui le résultat, mais nous verrons si les partis arrivent à tenir compte du message adressé lors de ces communales.