Par Luc Van Der Kelen, Editorialiste au Het Laatste Nieuws

La raison pour laquelle Di Rupo perdra la bataille est inscrite dans la finalité des deux protagonistes. Le but final de De Wever, c'est la Flandre. Le président de la N-VA pense en fonction de la République flamande. On ne peut lui demander de servir les intérêts de la Belgique. S'il s'y prêtait, il renierait toutes ses ambitions. Certes, il peut faire une partie du chemin, à condition que cela lui soit utile, mais il ne sera jamais le guide. Sinon, il serait pris en otage par des forces qui sont opposées à ce que ses électeurs attendent de lui.

Elio Di Rupo, c'est autre chose. Sa finalité est la Belgique. Lui, le fils d'un émigrant pauvre, venu du centre de l'Italie, veut servir le pays - qui lui a offert toutes ses chances - et ses citoyens. Bien qu'il soit le président d'un parti régionaliste, il souhaite conclure un accord. Plus celui-ci se fait attendre, plus Di Rupo éprouvera de l'embarras face à ses électeurs.

De Wever, lui, n'en a cure. Qu'un gouvernement fédéral soit constitué ou non, cela ne l'empêchera pas de dormir. De toute façon, la partie flamande de la Belgique finira bien par tomber dans son escarcelle telle une pomme mûre. Peu lui importe le temps que cela prendra. Voilà pourquoi il ne dit jamais au cours des négociations où il veut en venir en définitive. Son objectif est fluctuant. Si une concession lui est faite, il se dit : on peut encore obtenir quelque chose de plus. De Wever est un joueur. Il peut se permettre de prendre des risques, car il a un solide point d'appui : la Flandre et son programme. Il se sent en sécurité.

Tel n'est pas le cas de Di Rupo. Sa sécurité à lui est fondée sur un accord qui garantisse l'avenir, la prospérité et la sécurité des citoyens. C'est pourquoi la victoire n'est pas à sa portée.

Par Luc Van Der Kelen, Editorialiste au Het Laatste NieuwsLa raison pour laquelle Di Rupo perdra la bataille est inscrite dans la finalité des deux protagonistes. Le but final de De Wever, c'est la Flandre. Le président de la N-VA pense en fonction de la République flamande. On ne peut lui demander de servir les intérêts de la Belgique. S'il s'y prêtait, il renierait toutes ses ambitions. Certes, il peut faire une partie du chemin, à condition que cela lui soit utile, mais il ne sera jamais le guide. Sinon, il serait pris en otage par des forces qui sont opposées à ce que ses électeurs attendent de lui. Elio Di Rupo, c'est autre chose. Sa finalité est la Belgique. Lui, le fils d'un émigrant pauvre, venu du centre de l'Italie, veut servir le pays - qui lui a offert toutes ses chances - et ses citoyens. Bien qu'il soit le président d'un parti régionaliste, il souhaite conclure un accord. Plus celui-ci se fait attendre, plus Di Rupo éprouvera de l'embarras face à ses électeurs. De Wever, lui, n'en a cure. Qu'un gouvernement fédéral soit constitué ou non, cela ne l'empêchera pas de dormir. De toute façon, la partie flamande de la Belgique finira bien par tomber dans son escarcelle telle une pomme mûre. Peu lui importe le temps que cela prendra. Voilà pourquoi il ne dit jamais au cours des négociations où il veut en venir en définitive. Son objectif est fluctuant. Si une concession lui est faite, il se dit : on peut encore obtenir quelque chose de plus. De Wever est un joueur. Il peut se permettre de prendre des risques, car il a un solide point d'appui : la Flandre et son programme. Il se sent en sécurité. Tel n'est pas le cas de Di Rupo. Sa sécurité à lui est fondée sur un accord qui garantisse l'avenir, la prospérité et la sécurité des citoyens. C'est pourquoi la victoire n'est pas à sa portée.