Aujourd'hui, "il y a toujours la tentation de construire des nids, de se réunir autour de son propre groupe, de ses propres préférences, le semblable avec le semblable, allergiques à toute contamination", a déclaré le pape lors de la messe de Pentecôte place Saint-Pierre. "Du nid à la secte, il n'y a qu'un pas, y compris dans l'Eglise: combien de fois on définit sa propre identité contre quelqu'un ou contre quelque chose", a ajouté le pape qui ne cesse de plaider pour l'accueil, au-delà des différences confessionnelles ou de nationalités. "A l'ère des ordinateurs on reste à distance: plus +social+ (réseaux) mais moins sociaux", a-t-il dit. "C'est la mode de qualifier, malheureusement d'insulter aussi. Puis nous nous rendons compte que cela fait mal à celui qui est insulté, mais aussi à celui qui insulte", a-t-il poursuivi. Lors d'une autre messe célébrée samedi place Saint-Pierre, le pape qui est aussi évêque de Rome a encouragé les fidèles de son diocèse à être attentifs au "gémissement" du peuple qui habite cette ville. "Pour se mettre à l'écoute du cri de la ville de Rome, nous avons besoin que le Seigneur nous prenne par la main et nous fasse descendre de nos positions, descendre au milieu de nos frère qui habitent notre ville", a déclaré le pontife argentin devant 50.000 personnes, parmi lesquelles la maire de Rome, Virginia Raggi. Le pape a multiplié ces dernières semaines ses interventions en faveur des plus démunis, notamment étrangers, vivant avec difficulté dans la Ville éternelle. Début mai, il avait dit "souffrir" après les menaces proférées par les habitants d'un quartier populaire, ainsi que des militants d'extrême droite, à l'encontre d'une famille rom qui venait d'obtenir un logement social. Quelques jours plus tard, le geste d'un cardinal aumônier du pape envers des pauvres squattant un immeuble romain avait suscité une polémique entre le Vatican et le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, également chef de la Ligue (extrême droite). Le cardinal avait brisé les scellés posés par la police et rétabli l'électricité dans cet immeuble abritant 150 familles. Matteo Salvini, dont le discours est parfois violent contre les Roms, avait affirmé que donner la priorité aux Italiens était "un principe de décence". Il avait aussi ironiquement invité le Vatican à aider tous les Italiens "qui ne parviennent pas à payer l'électricité, le gaz ou l'eau". (Belga)