"Je regrette" l'issue du scrutin. "Je n'ai pas de boule de cristal, mais je pense que l'Argentine a mal choisi", a lancé le président d'extrême droite à la presse brésilienne à propos du pays voisin et grand partenaire commercial, en quittant les Emirats arabes unis pour le Qatar. "Je n'ai pas l'intention de féliciter (Alberto Fernandez). Aujourd'hui, nous n'allons pas nous indisposer. Nous allons attendre un peu de voir quelle est réellement sa position politique", a poursuivi M. Bolsonaro, qui achèvera jeudi une longue tournée en Asie et au Moyen-Orient. M. Fernandez, dont la colistière est l'ex-présidente Cristina Kirchner (2007-2015), a obtenu 48% des voix, devant le président sortant, le néolibéral Mauricio Macri (40,4%), dont M. Bolsonaro avait ouvertement soutenu la campagne. Alors qu'il célébrait sa victoire, le président-élu argentin a demandé la libération de Lula, l'ex-président brésilien en prison pour corruption. "S'il veut dialoguer, nous n'allons pas fermer la porte", a ensuite dit M. Bolsonaro en arrivant au Qatar, et qualifiant l'appel de M. Fernandez concernant Luiz Inacio Lula da Silva d'"affront à la démocratie brésilienne et au système judiciaire brésilien". Mais, "pour l'instant tout va bien au sein du Mercosur", a poursuivi Jair Bolsonaro dont le pays forme, avec l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay un bloc régional, qui a signé un accord de libre-échange avec l'Union européenne, encore loin d'être ratifié. Les relations de MM. Bolsonaro et Fernandez n'étaient pas parties du bon pied durant la campagne électorale en Argentine. M. Bolsonaro avait estimé que "l'Argentine se rapprochait du chaos", et M. Fernandez l'avait accusé d'être "raciste, misogyne et violent". (Belga)