"Lors d'une crise financière ou sécuritaire, un Etat membre seul ne peut pas faire face à ce type de crise parce que celle-ci est par définition transfrontalière. Il en va de même dans une crise sanitaire", a fait valoir l'ancien vice-Premier ministre du gouvernement Wilmès. "La solution doit être transfrontalière. Roubaix n'est-il pas davantage lié à Mouscron qu'à Nice ? Et Turnhout à Eindhoven qu'à Arlon ?" Selon lui, "les critiques adressées à l'UE sont déplacées". "Pendant une crise, les Etats membres se rendent compte que c'est le niveau où tout doit être réglé mais ils n'ont jamais donné à l'UE les compétences pour pouvoir agir. Ainsi, l'Europe ne dispose toujours pas des leviers pour lutter contre le terrorisme ou la crise migratoire. (...) Je l'ai vu avec la crise bancaire ou le terrorisme: les rapports disparaissent dans les archives et on repasse à l'ordre du jour classique", a-t-il déclaré, mettant en garde contre la tentation de ne pas agir avant l'apparition d'une deuxième crise. Selon Koen Geens, "il ne faut pas chercher une solution dans le protectionnisme. Le remède doit être au même niveau que le mal", a-t-il plaidé, prenant exemple sur l'achat des vaccins contre la Covid par l'UE. L'ancien ministre a également estimé que le continent devait éviter de dépendre de l'extérieur, que ce soit de la Chine, des Etats-Unis ou de la Russie, en ce qui concerne les biens stratégiques." Je pense que l'Europe devrait effectivement conserver et produire une série de produits. Le savoir-faire et la production de ce type d'articles doit se faire en Europe; nous devons garder la main. La méthode de production (basée sur l'extérieur) induit des dangers que nous ne pouvons pas ignorer", a-t-il constaté, ajoutant que "voir la Belgique seule assurer la production ne me semble pas être la solution la plus indiquée". Koen Geens s'est par ailleurs montré très critique sur le fonctionnement interne belgo-belge. "Heureusement qu'au Palais d'Egmont, la salle est grande", a-t-il ironisé. "Le nombre de responsables politiques associés était particulièrement élevé. Plus que lors d'un sommet de l'Eurozone! Les autres crises impliquaient moins d'intervenants", a-t-il observé, pointant des "compétences pas réparties de façon claire." "Les discussions à ce sujet étaient particulièrement pénibles." "J'ai aussi vu dans le secteur de la santé énormément de gens compétents, mais sollicités de façon inhumaine", a-t-il ajouté. "Lors de la crise bancaire, j'avais la banque Nationale. Pour le terrorisme, j'avais le parquet fédéral, et ces organes disposent d'effectifs bien plus larges. Il faudrait réfléchir à renforcer les administrations (dans la santé)." L'ancien ministre de la Justice a enfin défendu le travail par arrêtés ministériels. "Passé par le Conseil National de sécurité ou le Comité de Concertation, un arrêté ministériel ne peut pas avoir de base plus large ! Le texte est à chaque fois relu par le cabinet de chaque ministre-président à la virgule près", a-t-il fait remarquer. "Idéalement, oui, le Parlement devrait voter ce type de lois, mais je suis quand même venu 9 fois au parlement en 3 mois et j'ai apporté les réponses à toutes les questions possibles." (Belga)

"Lors d'une crise financière ou sécuritaire, un Etat membre seul ne peut pas faire face à ce type de crise parce que celle-ci est par définition transfrontalière. Il en va de même dans une crise sanitaire", a fait valoir l'ancien vice-Premier ministre du gouvernement Wilmès. "La solution doit être transfrontalière. Roubaix n'est-il pas davantage lié à Mouscron qu'à Nice ? Et Turnhout à Eindhoven qu'à Arlon ?" Selon lui, "les critiques adressées à l'UE sont déplacées". "Pendant une crise, les Etats membres se rendent compte que c'est le niveau où tout doit être réglé mais ils n'ont jamais donné à l'UE les compétences pour pouvoir agir. Ainsi, l'Europe ne dispose toujours pas des leviers pour lutter contre le terrorisme ou la crise migratoire. (...) Je l'ai vu avec la crise bancaire ou le terrorisme: les rapports disparaissent dans les archives et on repasse à l'ordre du jour classique", a-t-il déclaré, mettant en garde contre la tentation de ne pas agir avant l'apparition d'une deuxième crise. Selon Koen Geens, "il ne faut pas chercher une solution dans le protectionnisme. Le remède doit être au même niveau que le mal", a-t-il plaidé, prenant exemple sur l'achat des vaccins contre la Covid par l'UE. L'ancien ministre a également estimé que le continent devait éviter de dépendre de l'extérieur, que ce soit de la Chine, des Etats-Unis ou de la Russie, en ce qui concerne les biens stratégiques." Je pense que l'Europe devrait effectivement conserver et produire une série de produits. Le savoir-faire et la production de ce type d'articles doit se faire en Europe; nous devons garder la main. La méthode de production (basée sur l'extérieur) induit des dangers que nous ne pouvons pas ignorer", a-t-il constaté, ajoutant que "voir la Belgique seule assurer la production ne me semble pas être la solution la plus indiquée". Koen Geens s'est par ailleurs montré très critique sur le fonctionnement interne belgo-belge. "Heureusement qu'au Palais d'Egmont, la salle est grande", a-t-il ironisé. "Le nombre de responsables politiques associés était particulièrement élevé. Plus que lors d'un sommet de l'Eurozone! Les autres crises impliquaient moins d'intervenants", a-t-il observé, pointant des "compétences pas réparties de façon claire." "Les discussions à ce sujet étaient particulièrement pénibles." "J'ai aussi vu dans le secteur de la santé énormément de gens compétents, mais sollicités de façon inhumaine", a-t-il ajouté. "Lors de la crise bancaire, j'avais la banque Nationale. Pour le terrorisme, j'avais le parquet fédéral, et ces organes disposent d'effectifs bien plus larges. Il faudrait réfléchir à renforcer les administrations (dans la santé)." L'ancien ministre de la Justice a enfin défendu le travail par arrêtés ministériels. "Passé par le Conseil National de sécurité ou le Comité de Concertation, un arrêté ministériel ne peut pas avoir de base plus large ! Le texte est à chaque fois relu par le cabinet de chaque ministre-président à la virgule près", a-t-il fait remarquer. "Idéalement, oui, le Parlement devrait voter ce type de lois, mais je suis quand même venu 9 fois au parlement en 3 mois et j'ai apporté les réponses à toutes les questions possibles." (Belga)