Tout en soulignant qu'il entretenait de "bonnes relations" avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, M. Juncker a déclaré qu'il le "soupçonnait" de vouloir pousser l'Europe "à dire qu'elle veut mettre un terme aux négociations pour pouvoir charger de la responsabilité la seule Union européenne et non pas la Turquie". "La Turquie s'éloigne à pas de géant de l'Europe", a-t-il ajouté lors d'un discours devant les ambassadeurs de l'Union européenne. Les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, lancées en 2005, sont aujourd'hui au point mort. Mais une majorité de pays européens ne souhaitent pas pour l'heure franchir le pas d'une suspension formelle, craignant de provoquer une rupture définitive avec un partenaire clé sur le dossier migratoire et dans la lutte antiterroriste. "La question est de savoir si nous devons mettre un terme aux négociations avec la Turquie. C'est une question de pure théorie, puisque de toute façon il n'y a pas de négociation pour l'instant", a poursuivi M. Juncker. "Moi, je voudrais que nous nous conduisions de façon à ce que les Turcs remarquent que c'est eux, c'est-à-dire le 'système Erdogan', qui rend impossible l'adhésion de la Turquie à l'UE, au lieu de tomber dans le panneau", a-t-il ajouté. Avant d'insister: "La responsabilité entière est du côté turc." Les relations diplomatiques entre Ankara et Bruxelles se sont fortement dégradées depuis le coup d'Etat avorté de juillet 2016 en Turquie. Elles se sont encore tendues après le référendum d'avril qui a renforcé les pouvoirs du président Erdogan. La Turquie a lancé des purges d'une ampleur sans précédent contre les partisans présumés du mouvement Gülen, accusé d'être l'instigateur de la tentative de coup d'Etat: plus de 50.000 personnes ont été arrêtées, plus de 100.000 limogées par vagues successives. (Belga)

Tout en soulignant qu'il entretenait de "bonnes relations" avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, M. Juncker a déclaré qu'il le "soupçonnait" de vouloir pousser l'Europe "à dire qu'elle veut mettre un terme aux négociations pour pouvoir charger de la responsabilité la seule Union européenne et non pas la Turquie". "La Turquie s'éloigne à pas de géant de l'Europe", a-t-il ajouté lors d'un discours devant les ambassadeurs de l'Union européenne. Les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, lancées en 2005, sont aujourd'hui au point mort. Mais une majorité de pays européens ne souhaitent pas pour l'heure franchir le pas d'une suspension formelle, craignant de provoquer une rupture définitive avec un partenaire clé sur le dossier migratoire et dans la lutte antiterroriste. "La question est de savoir si nous devons mettre un terme aux négociations avec la Turquie. C'est une question de pure théorie, puisque de toute façon il n'y a pas de négociation pour l'instant", a poursuivi M. Juncker. "Moi, je voudrais que nous nous conduisions de façon à ce que les Turcs remarquent que c'est eux, c'est-à-dire le 'système Erdogan', qui rend impossible l'adhésion de la Turquie à l'UE, au lieu de tomber dans le panneau", a-t-il ajouté. Avant d'insister: "La responsabilité entière est du côté turc." Les relations diplomatiques entre Ankara et Bruxelles se sont fortement dégradées depuis le coup d'Etat avorté de juillet 2016 en Turquie. Elles se sont encore tendues après le référendum d'avril qui a renforcé les pouvoirs du président Erdogan. La Turquie a lancé des purges d'une ampleur sans précédent contre les partisans présumés du mouvement Gülen, accusé d'être l'instigateur de la tentative de coup d'Etat: plus de 50.000 personnes ont été arrêtées, plus de 100.000 limogées par vagues successives. (Belga)