Les mesures destinées à endiguer la pandémie de coronavirus ont été assouplies, et on a repris le fil d'une vie presque normale. De nombreux chiffres suggèrent que la reprise économique est bien engagée en Europe, "mais l'activité reste bien en dessous de la normale et la reprise après la récession sera difficile", a écrit le journal Financial Times. La reprise promet d'être longue et cahoteuse. C'est conforme aux perspectives de l'économie belge publiées la semaine dernière par le Bureau néerlandais d'analyse de la politique économique. Après l'été, une nouvelle vague de faillites et de licenciements se prépare, pour de nombreuses familles, le choc du coronavirus doit encore venir.
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Les mesures destinées à endiguer la pandémie de coronavirus ont été assouplies, et on a repris le fil d'une vie presque normale. De nombreux chiffres suggèrent que la reprise économique est bien engagée en Europe, "mais l'activité reste bien en dessous de la normale et la reprise après la récession sera difficile", a écrit le journal Financial Times. La reprise promet d'être longue et cahoteuse. C'est conforme aux perspectives de l'économie belge publiées la semaine dernière par le Bureau néerlandais d'analyse de la politique économique. Après l'été, une nouvelle vague de faillites et de licenciements se prépare, pour de nombreuses familles, le choc du coronavirus doit encore venir.La Banque nationale a déjà souligné que les revenus des ménages diminueront de quelque 2 % sur l'ensemble de l'année. Pour la population totale, cela représente environ 5 milliards d'euros, les revenus les plus faibles étant particulièrement touchés. Cela aurait pu être bien pire si nous n'avions pas eu le système du chômage temporaire : toute personne licenciée à la suite de la crise du coronavirus perçoit encore 70% de son salaire. Cela a permis de maintenir le pouvoir d'achat de nombreuses personnes à flot, même si tous les contribuables réunis doivent, bien entendu, absorber cet effort financier.Cela pourrait donner l'impression que nous avons connu le pire, mais les experts nous avertissent que ce n'est pas le cas. Le Bureau du Plan prévoit une vague de faillites cet automne et estime que 108.000 emplois seront perdus cette année et l'année prochaine. Le taux de chômage atteindra 11,5 %, soit le niveau que nous avions il y a cinq ans. Et ce n'est qu'en 2025 que ce pourcentage sera de nouveau inférieur à 9 %, comme c'était le cas avant la crise du coronavirus. Mais même dans cinq ans, nous n'aurons pas atteint le niveau de prospérité que nous aurions connu sans pandémie. Il faudra donc plus de cinq ans avant que cette crise ne soit quelque peu digérée.Le gouvernement fédéral et le système de sécurité sociale absorbent la majeure partie du coût, selon le Bureau du Plan. En raison de la récession et de la baisse des recettes fiscales, du chômage temporaire et d'autres mesures de soutien, nous nous allons vers un déficit de 47,5 milliards, soit environ 11 % du PIB. Il faut remonter au milieu des années 1980 pour voir un déficit budgétaire aussi important. D'ici 2025, le Bureau néerlandais d'analyse de la politique économique prévoit un déficit de 26 milliards, soit 5 % du PIB. C'est encore très élevé.La sécurité sociale connaîtra des moments particulièrement difficiles : l'année dernière, 25 % du PIB ont été consacrés aux pensions, au chômage, à la maladie, etc. ; cette année, ce sera plus de 30 %. Et en 2025, il sera encore de plus de 27 %. L'efficacité de la sécurité sociale et, par exemple, le caractère abordable de nos pensions seront sans aucun doute à nouveau débattus.Mais il y a aussi des conséquences importantes pour les autorités locales et les régions. Selon Belfius, le choc aura également un impact sur les autorités locales jusqu'en 2025 au moins, en raison de la baisse des recettes fiscales et de l'augmentation des dépenses sociales. Et trois communes flamandes sur quatre avaient déjà du mal à payer les pensions de leurs fonctionnaires avant le coronavirus. Les villes et les communes qui ne disposent pas d'un tampon financier devront faire face à des temps difficiles.Cela vaut également pour les régions. Cette année, le compte de la Communauté flamande, qui affichait un excédent en 2019, se clôturera par un déficit important, en raison de mesures telles que la prime de nuisance et de compensation, mais aussi parce qu'elle recevra moins de dotations en raison de la crise économique. Cela aussi va continuer pendant des années. Pour la Communauté française, la Région wallonne et Bruxelles, la situation sera très pénible, car elles étaient déjà dans une très mauvaise situation avant que n'éclate la crise du coronavirus. Elles ne tarderont pas à sonner l'alarme.D'un point de vue sanitaire, la crise du coronavirus peut sembler être sous contrôle, mais pour le reste, elle est loin de l'être, au contraire. Les ménages et les gouvernements seront durement touchés après l'été et la crise se poursuivra dans les années à venir. Elle entraînera des débats sur notre sécurité sociale et notre structure étatique, qui seront toutes deux soumises à une pression supplémentaire. Non, nous ne sommes pas encore au bout de nos peines.