"Otelo", comme l'appellent les Portugais, est mort à l'hôpital militaire à Lisbonne, où il était hospitalisé, selon les médias locaux. Ses obsèques sont prévues mercredi prochain, a indiqué l'Association 25 avril, héritière du "mouvement des capitaines", précisant qu'il sera incinéré. "Il est devenu à juste titre l'un des symboles" de la Révolution, qui "a mis un terme à la plus longue dictature du XXe siècle en Europe ouvrant la voie à la démocratie", a souligné dans un communiqué le cabinet du Premier ministre portugais, Antonio Costa, qui a mis en avant "sa "capacité stratégique et opérationnelle" ainsi que "son engagement et sa générosité". Le ministre de la Défense, Joao Gomes Cravinho, lui a rendu hommage pour "son rôle dans la conquête de la liberté". Le commandant Otelo de Carvalho, "cerveau militaire" de la Révolution des oeillets, a dirigé dans l'anonymat toute la rébellion des capitaines qui a mis fin, en une matinée, pratiquement sans effusion de sang, à plus de quarante ans de dictature salazariste. Liberté d'expression, suffrage universel, égalité des chances entre les hommes et les femmes, droit de grève, Sécurité sociale pour tous... les Portugais découvraient alors la démocratie. "Otelo" était né au Mozambique en 1936 et avait débuté sa carrière militaire dans les années 60, alors que le pays est engagé dans les guerres coloniales. Après la Révolution, sa popularité lui a fait espérer un rôle politique de poids, et il a été candidat deux fois à la présidentielle, une fois en 1976 présenté par des organisations populaires, puis en 1980, à la tête d'un mouvement d'extrême gauche. Personnalité déroutante et controversée, il a été condamné en 1987 à 15 ans de prison pour complicité morale dans des attentats d'extrême gauche, puis amnistié en 1996. Il était accusé de participation au mouvement clandestin FP-25 impliqué dans plusieurs attentats meurtriers entre 1980 et 1987. L'enfant terrible de la Révolution, qui a passé cinq ans en prison, a toujours clamé son innocence et condamné la violence, mais avait reconnu cependant la paternité d'un "projet global" visant à la prise du pouvoir par les travailleurs. Il a joué "un rôle pervers et destructeur dans la période qui a suivi le 25 Avril", a réagi dimanche le parti d'extrême droite Chega (Basta) dans un communiqué. Le capitaine d'Avril, qui "suscite et a suscité de profonds clivages au sein de la société portugaise", a été "un protagoniste de premier plan dans un moment décisif de l'histoire contemporaine portugaise", a reconnu pour sa part le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa dans un communiqué. Le chef de l'État conservateur a en outre précisé qu'il était "trop tôt" pour que l'histoire puisse le juger avec le recul nécessaire". (Belga)

"Otelo", comme l'appellent les Portugais, est mort à l'hôpital militaire à Lisbonne, où il était hospitalisé, selon les médias locaux. Ses obsèques sont prévues mercredi prochain, a indiqué l'Association 25 avril, héritière du "mouvement des capitaines", précisant qu'il sera incinéré. "Il est devenu à juste titre l'un des symboles" de la Révolution, qui "a mis un terme à la plus longue dictature du XXe siècle en Europe ouvrant la voie à la démocratie", a souligné dans un communiqué le cabinet du Premier ministre portugais, Antonio Costa, qui a mis en avant "sa "capacité stratégique et opérationnelle" ainsi que "son engagement et sa générosité". Le ministre de la Défense, Joao Gomes Cravinho, lui a rendu hommage pour "son rôle dans la conquête de la liberté". Le commandant Otelo de Carvalho, "cerveau militaire" de la Révolution des oeillets, a dirigé dans l'anonymat toute la rébellion des capitaines qui a mis fin, en une matinée, pratiquement sans effusion de sang, à plus de quarante ans de dictature salazariste. Liberté d'expression, suffrage universel, égalité des chances entre les hommes et les femmes, droit de grève, Sécurité sociale pour tous... les Portugais découvraient alors la démocratie. "Otelo" était né au Mozambique en 1936 et avait débuté sa carrière militaire dans les années 60, alors que le pays est engagé dans les guerres coloniales. Après la Révolution, sa popularité lui a fait espérer un rôle politique de poids, et il a été candidat deux fois à la présidentielle, une fois en 1976 présenté par des organisations populaires, puis en 1980, à la tête d'un mouvement d'extrême gauche. Personnalité déroutante et controversée, il a été condamné en 1987 à 15 ans de prison pour complicité morale dans des attentats d'extrême gauche, puis amnistié en 1996. Il était accusé de participation au mouvement clandestin FP-25 impliqué dans plusieurs attentats meurtriers entre 1980 et 1987. L'enfant terrible de la Révolution, qui a passé cinq ans en prison, a toujours clamé son innocence et condamné la violence, mais avait reconnu cependant la paternité d'un "projet global" visant à la prise du pouvoir par les travailleurs. Il a joué "un rôle pervers et destructeur dans la période qui a suivi le 25 Avril", a réagi dimanche le parti d'extrême droite Chega (Basta) dans un communiqué. Le capitaine d'Avril, qui "suscite et a suscité de profonds clivages au sein de la société portugaise", a été "un protagoniste de premier plan dans un moment décisif de l'histoire contemporaine portugaise", a reconnu pour sa part le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa dans un communiqué. Le chef de l'État conservateur a en outre précisé qu'il était "trop tôt" pour que l'histoire puisse le juger avec le recul nécessaire". (Belga)