"Il y a des coïncidences dans la vie, n'est-ce pas? On dirait qu'un navire de Greenpeace naviguait justement en eaux internationales face au littoral brésilien au moment de la fuite de pétrole vénézuélien", a tweeté le ministre, un message illustré d'une photo d'un bateau vert en mer portant le logo de l'ONG. Greenpeace a réagi dans un communiqué, dénonçant un "nouveau mensonge pour créer un écran de fumée afin de masquer l'incapacité de Salles à gérer la situation". Le bateau qui apparait sur la photo du tweet du ministre, nommé "Esperanza", "est passé au large de la Guyane française en août et septembre, dans le cadre d'une expédition de recherches sur les récifs coralliens d'Amazonie", a ajouté l'ONG. Le ministre s'en était déjà pris à Greenpeace à plusieurs reprises ces derniers jours. Lundi, il avait ironisé sur Twitter sur le fait que l'ONG avait affirmé que le nettoyage des plages nécessitait des connaissances et des équipements spécifiques. M. Salles avait alors insinué que Greenpeace utilisait ce prétexte pour ne pas contribuer au nettoyage des plages. Ce que l'ONG a nié, expliquant justement avoir mobilisé des bénévoles dès le début de la crise "pendant que le ministre était en Europe" pour défendre la politique environnementale controversée du gouvernement Bolsonaro. La Marine brésilienne est responsable de la coordination des opérations de nettoyage, mais dans de nombreux cas, des bénévoles vivant dans les environs se sont chargés eux-mêmes de retirer les résidus pétroliers du sable. Certains d'entre eux se sont manifestés sur les réseaux sociaux, réclamant un soutien logistique et matériel de la part des pouvoirs publics, avec par exemple une photo aérienne avec les mot "gants" et "tracteurs" tracés sur le sable. Mercredi, Greenpeace a organisé une manifestation à Brasilia lors de laquelle un liquide noir a été répandu sur les grilles du palais présidentiel de Planalto. Le ministre Salles a réagi sur Twitter en qualifiant les manifestants d'"éco-terroristes". Les premières traces de la pollution mystérieuse qui atteint le nord-est brésilien sont apparues début septembre, de grandes galettes de pétrole jonchant des plages paradisiaques de cette région pauvre dont l'économie dépend en grande partie du tourisme. Depuis, plus de 1.000 tonnes de résidus pétroliers ont été ramassés sur les plages, selon la Marine. (Belga)