Comment résoudre le problème de la mobilité? Pour l'instant, nous semblons surtout aborder le problème en investissant encore davantage en transports publics. Il faut étendre la capacité du réseau routier, dit-on. Entre-temps, les gens semblent se résigner aux embouteillages. Ils achètent une voiture plus luxueuse pour être installés confortablement et aspirent aux voitures autonomes. Cette solution-là aussi coûte de l'argent. Beaucoup d'argent.
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Comment résoudre le problème de la mobilité? Pour l'instant, nous semblons surtout aborder le problème en investissant encore davantage en transports publics. Il faut étendre la capacité du réseau routier, dit-on. Entre-temps, les gens semblent se résigner aux embouteillages. Ils achètent une voiture plus luxueuse pour être installés confortablement et aspirent aux voitures autonomes. Cette solution-là aussi coûte de l'argent. Beaucoup d'argent. Les transports publics offrent à peine une alternative. Les bus et les trams sont également coincés dans les embouteillages, les trains prennent du retard "suite au trafic dense de trains". Et dans tous ses transports, le voyageur est souvent debout. Donc les transports publics aussi nécessitent plus d'argent, dit-on. Et plus on investit en transports, moins on a de la mobilité - et de la qualité de vie - en retour. Et puis il y a les nuisances écologiques. Le coût des particules fines et des autres saletés que nous envoyons dans l'air se chiffre en milliards. Les voitures électriques sont peut-être un peu plus efficaces, mais elles déplacent simplement le problème vers les centrales énergétiques.Économiquement, l'asphyxie de la circulation devient également intenable. Chaque année, l'achat et l'entretien de voitures coûtent 110 milliards d'euros à notre pays. Il est important de souligner que nous importons de plus en plus de voitures et de pièces. L'année dernière, cela a entraîné un déficit commercial de 3,5 milliards d'euros. En outre, nous consommons pour 12 milliards d'euros de diesel et d'essence, ce qui représente un déficit de 2,5 milliards d'euros minimum sur la balance commerciale. Les voitures électriques, dont on n'en construit aucune nous-mêmes, risquent encore d'augmenter cette facture d'import et certainement si nous devons continuer à importer l'énergie. La solution du problème de mobilité réside-t-elle uniquement dans les transports eux-mêmes ? Je n'en ai pas l'impression. Il est évident que nous devons nous en prendre à ses subsides insensés pour les voitures de société, et que nous devons faire payer au transport routier les nuisances qu'il cause. Mais cela suffit-il? Pour une grande partie, la misère de la circulation découle de notre aménagement lamentable du territoire et de notre habitat linéaire. La disparition d'emploi dans les villes moyennes joue également un rôle : cela oblige les gens à faire la navette plus souvent. Non seulement, notre lieu de vie et de travail sont plus éloignés, mais les lieux où nous fabriquons nos produits et où nous les achetons sont de plus en plus éloignés. Cette globalisation s'accompagne d'une augmentation énorme de transport : un produit fait souvent deux fois le tour du monde avant de se retrouver chez le consommateur. En soi, cela ne soulève pas d'objections, mais il ne faut pas considérer ces chaînes de production en temps réel comme une bénédiction sans prendre en compte le revers de la médaille - les nuisances et les coûts externes en transports de marchandises. Comme souvent, il faut surtout travailler de manière stratégique. La question de la mobilité ne doit pas être prise isolément. Si nous voulons davantage habiter et travailler au même endroit, nous allons également devoir produire et consommer plus au même endroit. Concrètement : nous allons devoir densifier le territoire, autour des villes de taille moyenne. Et nous allons devoir décentraliser nos activités économiques - des usines aux hôpitaux, de sorte que les personnes et les produits soient moins longtemps en route.Le tout devrait résulter en moins de transport et moins de mobilité. Et quand il faudra prendre la route, on pourra au moins rouler agréablement.