La Commission avait proposé d'inclure dans la législation européenne les orientations de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) de 2013 visant à réduire l'utilisation de pesticides nuisibles aux abeilles. Ces orientations indiquaient comment tester les pesticides afin de protéger les abeilles des expositions aiguës (effet direct) et chroniques (effet dans le temps). Les pesticides resteraient disponibles sur le marché s'ils réussissaient ces nouveaux tests. Mais l'an dernier, 16 États membres de l'UE se sont opposés à ces précautions au sein du Conseil, beaucoup faisant valoir des impératifs agricoles. Ils ont poussé la Commission - qui s'est laissé faire trop facilement selon les élus - à accepter que seules les dispositions protégeant les abeilles contre les expositions aiguës soient acceptées. Passaient ainsi au bleu les contrôles de la toxicité chronique pour les abeilles communes, ainsi que de la toxicité pour les bourdons. En outre, le texte de la Commission ne refléterait pas l'état le plus récent des connaissances scientifiques et techniques, critiquent les députés. Comme ils l'avaient déjà fait dans le dossier du glyphosate, les élus ont mis leur veto à la proposition de la Commission, par une majorité de 533 voix contre 67 et 100 abstentions. Ils contraignent ainsi l'exécutif européen à présenter une nouvelle proposition. Mardi, dans un dossier connexe, la Commission avait décidé de ne pas renouveler l'autorisation du thiaclopride, un néonicotinoïde dont la licence expire en avril 2020. (Belga)