L'arrêté du 31 décembre 2019 qui avait prévu un report de 4 mois pour le tarif prosumer n'a pas été prolongé par le gouvernement wallon. Dans cette logique, le régulateur wallon de l'énergie, la CWaPE, a donc confirmé l'entrée en vigueur du tarif prosumer à partir du 1er mai. Quelques jours plus tard, un accord a été trouvé au sein de la coalition arc-en-ciel PS-MR-Ecolo afin de le mettre en place dans les meilleures conditions possible.

Dans son communiqué, le gouvernement wallon annonce qu'il mettra en oeuvre "des mesures d'accompagnement". Parmi celles-ci : une rétribution aux prosumers de l'électricité transférée sur le réseau et ce, sur une période de maximum cinq ans, de 2020 à 2024 inclus. "Ces mesures ont pour ambition de favoriser les économies d'énergie et l'autoconsommation dans le chef des prosumers", justifie le cabinet Di Rupo.

Le gouvernement wallon demande à la CWAPE, en collaboration avec les gestionnaires de réseau de distribution (GRD), d'identifier les modalités pour permettre la simultanéité, sur la facture des prosumers, entre l'application de la redevance et les mesures d'accompagnement les concernant. L'exécutif régional lui demande également de fixer un délai de non-application de la redevance.

À quoi serviront ces mesures d'accompagnement ?

Selon le ministre wallon de l'Énergie, Philippe Henry, il est prévu d'utiliser des primes pour aider les consommateurs à remplacer leur compteur afin d'en installer un à double flux et d'améliorer leur domotique. Ces primes visent aussi, à terme, à pousser les utilisateurs vers plus d'autoconsommation.

Avantage pour l'État des compteurs double flux

L'avantage de ce type de compteur n'est pas tellement pour les prosumers, mais pour l'État. Ces compteurs permettent de savoir réellement ce que l'on produit à l'aide de ses panneaux photovoltaïques et ce que l'on injecte comme énergie dans le réseau. Dès lors, il est beaucoup plus simple de taxer réellement ce qui est utilisé dans les deux sens. Une solution qui permettrait, à terme, à l'État de récupérer de l'argent. Selon Axel Gautier, professeur d'économie à HEC Liège, "la redevance prosumer vise à compenser pour l'utilisation du réseau. Donc, elle est d'une certaine manière forfaitaire puisqu'elle est liée à la puissance de l'installation photovoltaïque. Mais on peut l'éviter en payant les frais de réseaux réels. Pour ça, il faut un compteur double flux. Grâce à cela, les utilisateurs pourront payer des frais de réseau sur leurs prélèvements effectifs". Une solution d'ailleurs en place à Bruxelles.

Privilégier l'autoconsommation

Un ménage autoconsomme lorsque sa consommation et sa production sont simultanées et non pas quand il y a stockage dans le réseau. Les compteurs actuels, "tournant à l'envers", ne favorisent pas cette autoconsommation. Dans le numéro de Regards économiques de mars 2019, Axel Gautier et Julien Jacqmin illustrent cette situation avec un exemple d'un ménage disposant d'un compteur monohoraire. Ce dernier produit et consomme 20 kWh par jour. "Si la consommation et la production sont simultanées, il n'y a pas d'échanges avec le réseau et l'index du compteur n'a pas changé. Si la production a lieu en journée et la consommation le soir, la journée le compteur tourne à l'envers et enregistre un solde négatif de - 20 kWh. Le soir, la consommation des 20 kWh va remettre le compteur à son index initial". Dans ce cas, l'utilisateur ne paie pas pour sa production, pour le réseau et tous les autres coûts énergétiques du pays. Ce dispositif en place dans la majorité des ménages wallons ne favorise donc pas du tout l'autoconsommation.

Dans le cas d'un compteur double flux, l'utilisateur paie les frais de réseau sur ce qu'il prélève réellement et ne peut plus stocker virtuellement son énergie. Dans cette logique, il va de soi que l'utilisateur ira vers plus d'autoconsommation afin d'être moins dépendant du réseau.

La redevance, une solution temporaire ?

Toujours selon Axel Gautier, "la redevance est une solution temporaire en l'absence de compteur double flux. Si on a des compteurs comme cela, il n'y a pas de raison de faire payer l'utilisation du réseau de manière forfaitaire". Une autre solution, selon le professeur d'économie, serait de faire payer à toute la population une redevance au lieu de payer son électricité au KW/H comme actuellement. Enfin, dans l'avenir peut-être que la meilleure solution sera que chaque détenteur de panneaux photovoltaïques dispose d'une batterie pour stocker son énergie afin de pouvoir l'utiliser quand il en a réellement besoin. Un dispositif qui encouragerait grandement l'autoconsommation. Malheureusement, pour l'instant les batteries sont très chères, environ 7000 €.

La redevance, qui palie le manque de compteur double flux chez les 150 000 Wallons qui possèdent des panneaux voltaïques pourrait être une solution temporaire. La saga n'est donc pas terminée.

L'arrêté du 31 décembre 2019 qui avait prévu un report de 4 mois pour le tarif prosumer n'a pas été prolongé par le gouvernement wallon. Dans cette logique, le régulateur wallon de l'énergie, la CWaPE, a donc confirmé l'entrée en vigueur du tarif prosumer à partir du 1er mai. Quelques jours plus tard, un accord a été trouvé au sein de la coalition arc-en-ciel PS-MR-Ecolo afin de le mettre en place dans les meilleures conditions possible. Dans son communiqué, le gouvernement wallon annonce qu'il mettra en oeuvre "des mesures d'accompagnement". Parmi celles-ci : une rétribution aux prosumers de l'électricité transférée sur le réseau et ce, sur une période de maximum cinq ans, de 2020 à 2024 inclus. "Ces mesures ont pour ambition de favoriser les économies d'énergie et l'autoconsommation dans le chef des prosumers", justifie le cabinet Di Rupo. Le gouvernement wallon demande à la CWAPE, en collaboration avec les gestionnaires de réseau de distribution (GRD), d'identifier les modalités pour permettre la simultanéité, sur la facture des prosumers, entre l'application de la redevance et les mesures d'accompagnement les concernant. L'exécutif régional lui demande également de fixer un délai de non-application de la redevance.Selon le ministre wallon de l'Énergie, Philippe Henry, il est prévu d'utiliser des primes pour aider les consommateurs à remplacer leur compteur afin d'en installer un à double flux et d'améliorer leur domotique. Ces primes visent aussi, à terme, à pousser les utilisateurs vers plus d'autoconsommation.L'avantage de ce type de compteur n'est pas tellement pour les prosumers, mais pour l'État. Ces compteurs permettent de savoir réellement ce que l'on produit à l'aide de ses panneaux photovoltaïques et ce que l'on injecte comme énergie dans le réseau. Dès lors, il est beaucoup plus simple de taxer réellement ce qui est utilisé dans les deux sens. Une solution qui permettrait, à terme, à l'État de récupérer de l'argent. Selon Axel Gautier, professeur d'économie à HEC Liège, "la redevance prosumer vise à compenser pour l'utilisation du réseau. Donc, elle est d'une certaine manière forfaitaire puisqu'elle est liée à la puissance de l'installation photovoltaïque. Mais on peut l'éviter en payant les frais de réseaux réels. Pour ça, il faut un compteur double flux. Grâce à cela, les utilisateurs pourront payer des frais de réseau sur leurs prélèvements effectifs". Une solution d'ailleurs en place à Bruxelles. Un ménage autoconsomme lorsque sa consommation et sa production sont simultanées et non pas quand il y a stockage dans le réseau. Les compteurs actuels, "tournant à l'envers", ne favorisent pas cette autoconsommation. Dans le numéro de Regards économiques de mars 2019, Axel Gautier et Julien Jacqmin illustrent cette situation avec un exemple d'un ménage disposant d'un compteur monohoraire. Ce dernier produit et consomme 20 kWh par jour. "Si la consommation et la production sont simultanées, il n'y a pas d'échanges avec le réseau et l'index du compteur n'a pas changé. Si la production a lieu en journée et la consommation le soir, la journée le compteur tourne à l'envers et enregistre un solde négatif de - 20 kWh. Le soir, la consommation des 20 kWh va remettre le compteur à son index initial". Dans ce cas, l'utilisateur ne paie pas pour sa production, pour le réseau et tous les autres coûts énergétiques du pays. Ce dispositif en place dans la majorité des ménages wallons ne favorise donc pas du tout l'autoconsommation. Dans le cas d'un compteur double flux, l'utilisateur paie les frais de réseau sur ce qu'il prélève réellement et ne peut plus stocker virtuellement son énergie. Dans cette logique, il va de soi que l'utilisateur ira vers plus d'autoconsommation afin d'être moins dépendant du réseau. Toujours selon Axel Gautier, "la redevance est une solution temporaire en l'absence de compteur double flux. Si on a des compteurs comme cela, il n'y a pas de raison de faire payer l'utilisation du réseau de manière forfaitaire". Une autre solution, selon le professeur d'économie, serait de faire payer à toute la population une redevance au lieu de payer son électricité au KW/H comme actuellement. Enfin, dans l'avenir peut-être que la meilleure solution sera que chaque détenteur de panneaux photovoltaïques dispose d'une batterie pour stocker son énergie afin de pouvoir l'utiliser quand il en a réellement besoin. Un dispositif qui encouragerait grandement l'autoconsommation. Malheureusement, pour l'instant les batteries sont très chères, environ 7000 €.La redevance, qui palie le manque de compteur double flux chez les 150 000 Wallons qui possèdent des panneaux voltaïques pourrait être une solution temporaire. La saga n'est donc pas terminée.