L'indisponibilité des réacteurs nucléaires Doel 1 et 2 a été prolongée. Le premier sera hors service jusqu'au 15 mars alors que le second devrait être opérationnel après le 28 janvier, a annoncé mardi l'exploitant Engie Electrabel. Les précédentes estimations du groupe tablaient sur une reprise fin janvier pour Doel 1 et fin décembre pour Doel 2. Le redémarrage de Tihange 3 pourrait par contre être avancé.

Les deux réacteurs anversois "sont en arrêt de longue durée pour réaliser l'important programme d'investissements relatif à la prolongation d'exploitation de dix ans des deux unités jumelles", rappelle Electrabel. Sur Doel 1 (433 MW), les travaux et analyses relatifs à la détection d'une fuite d'eau se poursuivent. "Le phasage complexe de ces travaux avec le rechargement du combustible et la mise en service des unités implique, au regard des actions en cours, d'adapter le planning de redémarrage", justifie-t-on. Pour Doel 2 (433 MW), les équipes techniques contrôlent actuellement le fonctionnement des centaines de systèmes, équipements et circuits qui ont été renouvelés et qui pilotent la centrale. "C'est une opération cruciale et minutieuse pour permettre le redémarrage en toute sûreté." L'exploitant est plus optimiste quant au redémarrage de son unité de Tihange 3 (1.000 MW), où la première phase de travaux sur les bétons se termine.

"Les échanges concernant le redémarrage se poursuivent de façon constructive avec l'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire. Des analyses de contrôle auront lieu dans les prochains jours. A l'issue de ces analyses, si leurs résultats sont positifs et si l'Agence l'autorise, Tihange 3 pourrait alors de nouveau être sur le réseau au plus tôt le 7 janvier prochain au lieu du 2 mars initialement prévu." Jeudi dernier, Doel 4, d'une capacité de 1.000 MW, avait pu être relancé avec deux jours d'avance sur le planning. Doel 3 (1.000 MW) et Tihange 1 (1.000 MW) sont également opérationnels.

Contrôle lacunaire de Tihange 2: Electrabel "dément formellement"

Par ailleur, on apprend aussi que le contrôle de la mesure de la puissance du réacteur de Tihange 2 n'aurait pas été réalisé pendant 17 ans, selon la RTBF, une information qu'Electrabel "dément formellement". "Nous avons toujours procédé à l'intégralité des contrôles. Ces mesures sont obligatoires selon les règles d'exploitation des unités", a précisé mardi la porte-parole d'Engie-Electrabel, Anne-Sophie Hugé.

Le réacteur de la centrale Tihange 2 aurait fonctionné au-delà de la puissance autorisée par l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN). La centrale aurait donc tourné en surpuissance, en dehors du domaine de fonctionnement autorisé, selon la RTBF. De son côté, Electrabel rejette ces informations. "Dire qu'on ne réalise pas de contrôle est faux", souligne Mme Hugé. Le groupe tient à préciser que des contrôles de la puissance, réalisés par la mesure du débit d'eau qui rentre dans le générateur pour produire de la vapeur, sont effectués de façon continue et automatique.

"Ils sont obligatoires", indique encore la porte-parole d'Electrabel. Electrabel indique également procéder à des mesures ponctuelles externes afin de contrôler la validité des mesures continues. "Lors du dernier examen externe de la puissance de Tihange 2 effectué ces dernières semaines, un léger écart a été constaté. L'AFCN en a directement été notifiée. Des analyses sont en cours. Mais nous ne pouvons actuellement tirer aucune conclusion et certainement pas conclure que l'unité a tourné en surpuissance", souligne la porte-parole d'Electrabel. L'AFCN confirme avoir été informée de l'incident.

"Nous analysons cette information. Nous tiendrons compte de cet élément au moment de donner ou non notre feu vert au redémarrage de la centrale", indique la porte-parole de l'agence de contrôle nucléaire, Ines Venneman. Elle précise également que le réacteur de Tihange 2 est actuellement à l'arrêt et ne représente donc "aucun danger".

Du côté du cabinet de la ministre de l'Environnement, Marie Christine Marghem, on signale ne pas être au courant de l'information, tout en rappelant qui'"il existe suffisamment de mesures de sécurité qui éviteraient tout problème par rapport au contrôle de puissance du réacteur".