Notre dossier > Cinq pistes pour penser la relance de la Belgique autrement
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Marchera? Marchera pas? Pour s'assurer que les décisions qu'ils prennent, par exemple en temps de crise sanitaire, seront comprises et surtout appliquées par la population, les pouvoirs publics auraient bien besoin de savoir ce que celle-ci en pense. Et dans quelle mesure elle est prête à les suivre. S'embrasse-t-on encore, derrière les façades des maisons? Invite-t-on le bon nombre de convives? Quid des contacts intergénérationnels? Pour l'instant, c'est scientifiquement très difficile à établir.D'où l'idée de créer un panel probabiliste, conçu, géré et exploité par plusieurs universités. "Le but serait de pouvoir récolter rapidement et facilement, c'est-à-dire en ligne, des informations anonymisées sur le comportement des gens en temps de crise, explicite Dirk Jacobs, professeur de sociologie à l'ULB. En s'appuyant sur ces données, les pouvoirs publics seraient en mesure de prendre les meilleures décisions possible." De tels outils, destinés à prendre le pouls des citoyens, existent déjà sur le Net. Mais ils ne sont complétés que par ceux qui ont un intérêt quelconque à le faire. Les avis ainsi récoltés sur les attitudes socio-culturelles des habitants du pays ne sont dès lors pas représentatifs de l'ensemble d'une population: ce panel n'a rien de scientifique, donc de fiable, donc d'utile. L'idée ici soulevée consisterait à utiliser, avec l'accord du gouvernement, le registre national pour former un échantillon aléatoire et représentatif de plusieurs milliers de citoyens. Pour chaque enquête, un millier d'entre eux seraient contactés afin qu'ils puissent répondre au questionnaire disponible en ligne. Les conclusions qui en seraient tirées par un groupe d'experts interuniversitaire permettraient aux gouvernants de poser leurs choix en connaissance de cause. Ce type de panel existe déjà aux Pays-Bas, qui ont choisi de rémunérer les participants. En Belgique, les universités flamandes ont pris l'initiative de lancer un projet similaire et ont invité les universités francophones à les rejoindre. La question de la rémunération proposée aux répondants devrait encore être examinée.