Pour avoir été en 2014 le "visage" du Mouvement des Parapluies qui avait paralysé la ville pendant 79 jours, cet étudiant en sciences politiques de 23 ans est l'une des personnalités les plus connues de la contestation actuelle. La candidature de Joshua Wong est la seule qui ait été rejetée mardi avant ces élections du 24 novembre, qui visent à renouveler les conseils de districts. Il a crié à la "censure" politique. La commission électorale hongkongaise a justifié cette invalidation par le fait que le parti de M. Wong, Demosisto, défend "l'autodétermination" des habitants de Hong Kong. Or, ce terme n'exclut pas explicitement l'indépendance, laquelle n'est pas conforme à l'esprit de la Loi fondamentale, la "mini-constitution" régissant l'ex-colonie britannique rendue à la Chine en 1997. "Depuis plusieurs années, Joshua Wong plaide sans retenue pour ce qu'il appelle l'autodétermination et l'indépendance de Hong Kong", a souligné Yang Guang, porte-parole de l'organe du gouvernement central chargé des affaires hongkongaises. "Il refuse ouvertement de reconnaître que Hong Kong fait partie de la Chine et s'est à plusieurs reprises aplati devant les puissances étrangères en les appelant à l'ingérence." "Nous approuvons et soutenons" la décision de la commission électorale hongkongaise, a souligné M. Yang dans un communiqué publié sur le site internet du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao. Ces scrutins sont locaux mais ne seront pas dénués d'importance car ils seront les premiers depuis le début de la contestation à Hong Kong, ville autonome qui jouit de la liberté d'expression et d'une justice indépendante -- contrairement à la Chine continentale. Aux manifestations massives des premières semaines ont succédé des actions de moindre ampleur mais qui dégénèrent de plus en plus souvent en affrontements entre radicaux et forces de l'ordre. Joshua Wong et son parti ont démenti tout soutien à l'indépendance. Ils disent plaider pour la tenue d'un référendum au cours duquel les Hongkongais décideraient de la façon dont ils veulent être gouvernés. L'indépendantisme est un tabou absolu pour le président chinois Xi Jinping qui martèle la nécessité de préserver l'intégrité du pays. (Belga)