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Il dit que la gauche ne meurt jamais, et c'est même le titre qu'il a donné à un de ses livres, parce que les idées qu'elle défend sont éternelles. Mais il a adjuré les membres du bureau du PS, au printemps 2017, de voter le décumul intégral entre un mandat exécutif local sous peine, lança-t-il dans une envolée aussi pathétique que comminatoire, de voir le parti mourir. Deux ans et demi plus tard, et non sans avoir envisagé de le quitter, Paul Magnette en reprend une présidence qui lui était promise depuis plusieurs années. Les temps ne sont pas moins cruciaux qu'alors, pour une formation moulue par les affaires et encore sonnée par son résultat du 26 mai dernier, le pire depuis l'instauration du suffrage universel masculin, en 1919. Voici ce qui attend Paul Magnette, une fois installé dans son bureau du boulevard de l'Empereur, siège du parti à Bruxelles. On disait que père et fils s'opposaient sur tout, que le jeune n'avait en tête que des principes, et que l'ancien ne faisait que des calculs. Mais la rivalité entre Elio Di Rupo et Paul Magnette, étouffante depuis au moins deux ans et demi, qui a affaibli un parti déjà pas pétulant, n'a jamais reposé sur d'irréconciliables divergences idéologiques. L'un lit, l'autre moins et l'un discourt, l'autre moins, les deux pensent pareil : ni libéraux ni communistes, ils sont d'honnêtes sociaux-démocrates, qui font ce qu'ils peuvent plutôt que ce qu'ils veulent, et qui le disent. La querelle n'aura été que l'inévitable conséquence d'une trop longue succession, et elle ne virera pourtant ni au parricide ni au déshéritage. Mais il y aura des droits de succession à payer. Le legs de vingt ans de dirupisme, d'abord, bien sûr, dont le bilan n'a pas encore été fait, mais dont le mandat de Premier ministre aura gâté le fruit : jusque-là, Elio Di Rupo était le président qui avait maintenu les socialistes francophones à un niveau électoral presque inégalé en Europe et qui en avait renouvelé les cadres et les méthodes tout en lui conservant son ancrage populaire. Depuis lors, Elio Di Rupo est le président au coeur en sang, qui a exclu des dizaines de milliers de chômeurs et qui s'est accroché à sa présidence au prix de pactes avec des parvenus dont il n'avait, retiendra l'histoire, pas si marre que ça. Ses actes lui ont terni la parole, son inaction a miné sa réputation. Paul Magnette, à l'automne 2017, avait invité, notamment, Thierry Bodson, Edouard Delruelle et Jean-Pascal Labille, à Charleroi, à une journée de réflexion sur le PS et le pouvoir. Il a bien pu un peu jouer à l'homme de l'inventaire, vierge des salissures du pouvoir malgré une décennie déjà de ministères et presque autant de mayorats. Mais il n'en devra pas moins gérer l'immédiat d'une transition sur laquelle il a bien peu pesé. D'une part parce qu'il hérite des inimitiés auxquelles il a lui-même contribué ces dernières années, en s'aliénant une poignée d'élus lors de l'affaire du cumul ou en concluant, à Bruxelles et à Liège, des alliances dont on ignore encore si elles lui seront heureuses ou pas. D'autre part parce que dans la douceur apparente de la passation des pouvoirs, Elio Di Rupo a pu poser des choix qui tiendront cinq ans, de son installation à l'Elysette à la composition des gouvernements et à celle des cabinets ministériels. Paul Magnette ne fera pas table rase d'un passé dont, au fond, il n'a pas grand-chose à renier, sur lequel il n'a qu'une prise limitée et, donc, qui l'oblige. La différence, alors, est formelle. Elle est une différence de méthode et de trajectoire. Celle qui oppose un Montois qui a bâti, renforcé et maintenu sa puissance, une fois sa popularité acquise contre ses camarades montois, sur des équilibres d'appareil, là où le Carolorégien, une fois installé par son prédécesseur, a appuyé son ascension intérieure sur sa popularité extérieure : chacun de ses succès électoraux, chacun de ses points gagnés dans les baromètres, ont suffi à le rendre inévitable, taisant des résistances murmurantes. D'abord le peuple puis l'appareil pour l'un, d'abord l'appareil puis le peuple pour l'autre. Pas de conflit de valeurs entre les deux. Juste des bonnes fortunes aux capitaux différents. On disait qu'ils étaient différents parce qu'ils n'étaient d'accord sur rien. Mais les deux ont le regard qui dépasse les frontières. Et les yeux en face des trous noirs électoraux. L'un est vice-président de l'Internationale socialiste depuis vingt ans, et a voulu un temps présider le Parti socialiste européen. L'autre enseigne la politique comparée et confère aux quatre coins de l'Europe - il assistait encore, le dernier week-end de septembre, à un caucus socialiste français. Les deux, Paul Magnette et Elio Di Rupo, ont vu s'effondrer, partout sur le Vieux Continent, leurs partis frères. Ils les ont vus sombrer en appliquant trop effrontément des politiques économiques libérales, comme en Allemagne, aux Pays-Bas, en France. Ils les ont vus décliner en endossant des politiques migratoires conservatrices comme au Danemark où les sociaux-démocrates, qui dirigent désormais un gouvernement minoritaire, ont perdu des voix au profit d'une gauche plus ouverte sur la question migratoire. Cette ligne que les frères flamands, qui ont eux aussi obtenu, en mai dernier, le plus mauvais résultat de leur histoire, appellent " flinks " (contraction de " flink ", dur, sur les thématiques régaliennes et de " links ", de gauche, sur les sujets socio-économiques) a fait faillite : les électeurs que l'immigration inquiète optent pour l'extrême droite, ceux que le racisme inquiète s'en vont chez les verts. Ils ont vu aussi, Elio Di Rupo et Paul Magnette, des frangins se maintenir, et des cousins émerger. Ceux qui, défendant l'héritage séculaire du socialisme européen, continuent à conjuguer redistribution et solidarité internationales : en Espagne, au Portugal, au Royaume-Uni même avec Jeremy Corbyn, voire aux Pays-Bas avec Groen-Links. C'était l'idée derrière le Chantier des idées, abouti en novembre 2017 et qui, sous l'emballage neuf d'écosocialisme, a surtout réaffirmé des basiques si redistributeurs que les observateurs de droite y virent un sursaut communiste et que, l'espace de quelques minutes, le PTB n'y trouva rien à dire : impôt sur la fortune, hausse du salaire et des allocations minimum, réduction collective du temps de travail n'ont pourtant rien d'une collectivisation forcée. Paul Magnette, qui devra encore plus compter que son prédécesseur sur la concurrence du PTB et d'Ecolo, doit donc tenir la ligne d'une gauche fidèle à ses racines. Celle qui n'est jamais supposée mourir. On disait qu'ils faisaient chambre à part, qu'ils avaient chacun leur couloir, et qu'ils ne partageaient plus la même table. Paul Magnette et Elio Di Rupo, au boulevard de l'Empereur, siège du parti à Bruxelles, ont à tous les étages des soutiens et des réticences. Mais le premier va enfin pouvoir réaménager un bien qu'il avait dû en 2014, après son intermède à la présidence, restituer en son pristin état à son locataire attitré. Paul Magnette avait même alors offert à Elio Di Rupo le chapeau d'Emile Vandervelde, retrouvé par hasard dans une cave de la Maison du peuple de Saint-Gilles. En vingt ans, Elio Di Rupo n'a pas seulement ravalé la façade, jadis austère, du siège du Parti socialiste. Il y a attiré des gens de métier qui ont suscité l'envie de la concurrence. Mais ceux-ci (Gilles Mahieu, Ermeline Gosselin, Jérémie Tojerow, Florence Coppenolle, Frédéric Delcor, Hervé Parmentier, Anne Poutrain notamment), exercent désormais ailleurs. De l'état-major d'une machine de guerre qui, au mitan des années 2000, impressionna tant Bart De Wever, il ne restait plus hier que Gilles Doutrelepont, directeur de l'Institut Emile Vandervelde. Il est aujourd'hui chef de cabinet du nouveau ministre-président wallon, Elio Di Rupo. Les étages du haut sont donc vides. Ils attendent leurs nouveaux locataires. Mais Paul Magnette pourrait avoir du mal à réaffecter ces bureaux. Car là où Elio Di Rupo a pu, au fil de sa carrière, attirer à lui de fiables lieutenants, gonflant toujours son carnet d'adresses, s'armant d'une expertise sans comparaison en Belgique, Paul Magnette, lui, en a presque autant perdus que gagnés. On ne lui connaît comme fidèles de toujours que Laurent Zecchini, qui exerce toujours comme " sorti de charge " du ministre-président wallon, mais qui montera bientôt au Parti, et Laurent Pham, secrétaire de la fédération carolorégienne du Parti socialiste. Il a certes rallié Anne Poutrain, son ancienne chef cab à l'Elysette. Mais il s'est brouillé avec d'anciens proches, qui avaient accompagné ses premiers pas en politique, mais qu'il a peu soutenus dans certaines tourmentes, comme Laurent Levêque (ex-président de l'aéroport de Charleroi et secrétaire général de l'ISPPC, l'Intercommunale de santé publique du Pays de Charleroi) ou Olivier Jusniaux (actuel secrétaire du CPAS carolo). Paul Magnette a déjà, bien sûr, son organigramme en tête. Il devra redonner au PS la crédibilité intellectuelle que l'absorption dans l'exercice quotidien du pouvoir a minée. Et trouver à la fois des gens qui portent un contre-discours à l'hégémonie culturelle du libéralisme, monopolisé par le PTB mais aussi par Ecolo - il avait lancé, lors de son intérim présidentiel, un cursus en économie hétérodoxe accessible aux cadres du parti, et des techniciens capables de ne pas se faire blouser dans une négociation, fédérale par exemple, de réforme de l'Etat par hypothèse. Toujours dans les étages supérieurs de la grande maison rouge, le G9, organe non statutaire avec lequel Elio Di Rupo a codirigé son parti, est lui aussi appelé à se renouveler : Rudy Demotte, qu'une défiance partagée envers Paul Magnette a récemment rapproché d'Elio Di Rupo, devrait en sortir, parmi d'autres. Un étage plus bas, celui des élus, que rassemble le Bureau, le silence est de mise. Paul Magnette, en 2007, en indisposa quelques-uns lorsqu'Elio Di Rupo le fit désigner ministre wallon. Il en ulcéra beaucoup plus, en 2017, lorsqu'il voulut forcer les députés-bourgmestres à décumuler intégralement. Cette couche intermédiaire, qui s'allia avec Elio Di Rupo pour ne céder que sur le décumul des revenus, plafonnés à 100 % de l'indemnité parlementaire, s'est résignée à l'accession à la présidence de Paul Magnette, qui n'aura trouvé d'alliés socialistes, ces dernières années, que dans une génération (Christophe Lacroix, Pierre-Yves Dermagne, Paul Furlan ou Nicolas Martin) que rassemble davantage un régionalisme wallon pimenté d'hostilité personnelle envers Elio Di Rupo que par un consensus socio-économique : ministre-président wallon de juillet 2014 à juillet 2017, Paul Magnette avait, à " titre personnel ", défendu la régionalisation de la culture et de l'enseignement. Ecrasés par la faconde autant que par la popularité de leur prochain président, ces parlementaires du Bureau ne s'affichent plus hostiles. Le bourgmestre de Charleroi devra se réconcilier et se les concilier : souvent populaires dans leurs sous-régions respectives, ils ont la main sur d'importants rouages de l'appareil. On disait que les militants étaient formidables, que le PS était le dernier parti de masse, et qu'après avoir aimé Elio qui les chérissait, les adhérents allaient vénérer Paul qui les adorait. Ils auront les 18 et 19 octobre une élection à candidat unique, une campagne sans débat, une transmission du pouvoir par héritage et un président qui va toujours plus s'affranchir de leur contre-pouvoir. Leurs effectifs, comme partout en Europe, ont fondu en deux décennies (104 000 en 1999, 81 000 en 2010), et ceux qui restent le font par habitude ou par fidélité à un élu local. Les sections, en hibernation permanente, ne sortent de leur repos que le temps d'une campagne. Paul Magnette, qui n'a pas grandi dans le parti et que le tempérament ne porte pas à une convivialité spontanée, s'en accommodera bien. Cet affaissement de la base du parti offrira à son sommet un pouvoir plus vertical, renforcé par une popularité sans égale, fût-ce au prix d'une plus grande horizontalité proclamée : ainsi l'élection du président au suffrage universel des membres, décidée avec l'intronisation d'Elio Di Rupo, avait-elle contribué à atténuer la puissance des patrons des fédérations au profit de la direction nationale. La plus forte hémorragie militante a, ces dernières années, saigné la fédération socialiste de l'arrondissement de Charleroi. C'est sans doute le signe d'une transformation qu'accompagnera plutôt qu'il ne la guidera Paul Magnette, qui fera du Parti socialiste un parti d'électeurs, s'il en reste, et non plus un parti de militants, car il n'en reste plus. Mais il ne pourra pas le dire. On disait qu'on en avait marre des parvenus, qu'une Principauté, ce n'était pas une forteresse, et on savait qu'une voix conservée à Liège grâce au maintien de certains patrons locaux en coûtait deux partout en dehors. Mais Elio Di Rupo a quand même transigé avec ces patrons. La fédération liégeoise compte près d'un quart de l'ensemble des adhérents du PS, et il s'agit de la ménager sous peine de rompre tant d'équilibres que le monde allait changer de base : un président du PS ne peut pas ne pas pactiser avec Liège. Alors Paul Magnette a pactisé, lui aussi. Il a beaucoup fréquenté Willy Demeyer, avec qui il a siégé au Sénat et qui est le bourgmestre d'une autre grande ville wallonne. Il a rallié Jean-Claude Marcourt, définitivement, à la fin de 2018. Et la dernière élection présidentielle liégeoise, en 2017, a failli donner à la jeune génération, qui le préfère à Elio Di Rupo, une victoire surprise. Le prochain scrutin liégeois, reporté au printemps 2020, va encore faire bouger les rapports de force, peut-être au profit d'un Frédéric Daerden désormais central. Paul Magnette, qui s'entend bien mais pas tant que ça avec le fils de Papa, pourra patienter. Il va aussi peu renverser l'échiquier liégeois que son glorieux prédécesseur. Car, marre ou pas marre, il a le temps devant lui. On disait que l'Action commune (NDLR : PS, Solidaris, FGTB)avait perdu de son sens, que le pilier socialiste était fissuré, que les syndicalistes rouges en avaient soupé de la pâleur de la rose et du noeud papillon. Elio Di Rupo estimait même à deux tiers du comité de l'Interrégionale wallonne les soutiens du PTB. Paul Magnette, réputé plus à gauche, réputé plus régionaliste, allié de Jean-Claude Marcourt, ami de Thierry Bodson, réconcilié avec Jean-Pascal Labille, va engager l'Action commune dans une énième relance. Mais pas seulement. Car le syndicalisme en général et le syndicalisme socialiste en particulier sont, comme toutes les formes traditionnelles de participation, en crise. Remettre un parti malade au coeur d'un pilier patraque, c'est compromettre la guérison de l'un comme celle de l'autre. Président du Parti socialiste, Paul Magnette, promoteur du modèle mosan de concertation sociale à Namur qui encolère les syndicats de la fonction publique à Charleroi, s'inspirera de l'expérience de Magnette Paul, ministre-président wallon, qui, pendant l'épisode du Ceta (l'accord économique et commercial global entre l'Union européenne et le Canada), en 2016, recolla un instant les morceaux avec toute une société civile en déficit de relai politique. C'est ce modèle d'ouverture aux nouveaux mouvements sociaux, mais aussi à l'associatif issu de la gauche chrétienne, que le Carolorégien tendra à appliquer : le PTB ne fait pas autre chose depuis des années, et sa grande fête annuelle, Manifiesta (la 10e édition a eu lieu les 21 et 22 septembre dernier), marque un fort moment de mobilisation dépassant largement le cadre militant. Un ManiPSiesta la concurrencerait plus avantageusement qu'un chapelet de congrès ronronnants et qu'une centaine de veillées du Premier mai décentralisées. On disait que la gauche authentique allait tout casser, que le PS c'était la fausse gauche de mèche avec les libéraux, qu'il était temps d'en finir, et ni Elio Di Rupo ni Paul Magnette n'ont réussi à vraiment éteindre le cocktail Molotov, jeté à leurs pieds par Raoul Hedebouw et ses camas. Habilement après les communales et après les régionales, le PTB a refusé de gouverner avec le PS partout où c'était possible, et même à quelques endroits où ça lui était souhaitable, pas parce qu'il n'est pas de gauche, mais parce qu'il veut prendre sa place à gauche. Le PS, réduit à gouverner la Région wallonne avec le MR, s'est forgé un axe avec Ecolo, déjà installé dans les grandes villes hennuyères et bruxelloises après le scrutin municipal. C'est que le problème du PS, partagé par les partis frères de la social-démocratie occidentale, c'est que l'offre de substitution ne provient pas seulement de la gauche communiste, mais aussi de l'écologie politique : chez Ecolo et chez Groen, mais aussi aux Pays-Bas, en Allemagne, en Autriche voire en France, les verts veulent (s'im)poser en plus farouches adversaires de la droite nationaliste. L'axe rouge-vert, qui a de longue date les préférences de Paul Magnette vise ainsi à contenir simultanément écologistes et communistes : il est censé démontrer la sincérité de la conversion écosocialiste du PS tout en montrant l'inutilité du vote protestataire. L'affaire est loin d'être gagnée, mais Paul Magnette voit probablement plus loin. Il se sent, dit-il sempiternellement, aussi écologiste que les écolos, avec lesquels il a du reste milité quelques mois au sortir de son adolescence. Et il a en outre pensé, à l'été 2017, après le renversement de la majorité wallonne par Benoît Lutgen, alors président du CDH, et après l'épisode du décumul, quitter le PS pour lancer son propre mouvement. Il a pris des contacts à gauche et à gauche, au mouvement ouvrier chrétien et dans le pilier socialiste, à Liège et à Bruxelles, chez tous les verts, chez presque tous les rouges et chez quelques oranges. Il n'a alors pas franchi le pas. Mais il continue à distiller, à longueur d'interviews et de communications, une thèse, puis son antithèse, mais sans jamais vraiment oser en livrer la synthèse. " Les partis, le nôtre y compris, sont mortels, mais les idées que défend la gauche sont éternelles ", dit-il en thèse. " Les écologistes portent aussi ces valeurs de gauche et sont les alliés naturels des socialistes, en plus jeunes, en plus ouverts et en moins ouvriers ", ajoute-t-il en antithèse. Et il se tait sur la synthèse, que ce bon dialecticien a nécessairement en tête, mais que ce bon machiavélien sait trop explosive pour en sortir. " Ecologistes et socialistes sont appelés à se fondre dans un mouvement intégré ", elle dit, cette antithèse. Paul Magnette, alors, ferait comme Elio Di Rupo mais en plus fort : il réalignerait tout le système politique francophone. Il répéterait l'histoire des convergences à gauche de 2002, non plus comme une farce mais plutôt cette fois comme une épopée. Elle ne devrait pas durer vingt ans.