D'ici le 2 septembre, il faudra payer pour pouvoir garer sa voiture sur les parkings situés aux abords des gares de Landen et de Tirlemont, dans le Brabant Flamand, une ligne empruntée par de nombreux navetteurs qui travaillent à Bruxelles.
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D'ici le 2 septembre, il faudra payer pour pouvoir garer sa voiture sur les parkings situés aux abords des gares de Landen et de Tirlemont, dans le Brabant Flamand, une ligne empruntée par de nombreux navetteurs qui travaillent à Bruxelles. Sur 550 gares, une cinquantaine disposent actuellement d'un ou de plusieurs B-parkings mis à disposition des voyageurs contre un tarif qui peut varier du simple au double. A Tirlemont et à Landen, les tarifs ont été dévoilés, ils vont d'environ 360 euros pour un abonnement sur base annuelle à 7 euros pour un jour (voir aussi l'encadré ci-dessous).La SNCB a entamé cette stratégie de zones de stationnement payantes en 2009 après avoir fait le constat que certains de ses parkings étaient complètement saturés, car ils étaient aussi utilisés par des riverains qui ne prenaient pas le train. Pour ces personnes qui désirent stationner sur un parking de la SNCB, les prix appliqués sont en effet des plus dissuasifs: près de 17 euros par jour. "Ce n'est pas une nouvelle politique. La logique est la même pour chaque parking de la SNCB qui se retrouve saturé notamment par des riverains. Ils sont rendus payants pour garantir une place à chaque usager du train et leur donner la priorité. Les navetteurs y trouvent donc une place garantie. Il n'y pas de surbooking, contrairement aux parkings gratuits, c'est donc un confort non négligeable", avance Elisa Roux, porte-parole de la SNCB. "Les voyageurs en train y bénéficient d'un tarif avantageux, notamment pour ceux qui disposent d'un abonnement. En moyenne, un navetteur déboursera 1,50 euros par jour pour avoir une place garantie", ajoute-t-elle.Cette politique payante mécontente les navetteurs. Une pétition pour garder le parking gratuit à la gare de Tirlemont a été lancée en début d'année par le PVDA-PTB. Elle a récolté des centaines des signatures en quelques jours, sans faire pour autant broncher les autorités compétentes en la matière, qui encouragent pourtant l'utilisation massive des transports en commun au détriment de la voiture. "Cela ne revient qu'à quelques euros par jour, mais, sur une année, c'est quand même une dépense de plus de 350 euros", déplore un usager de la gare de Tirlemont qui se rappelle qu'auparavant le parking était totalement gratuit pour toute personne en possession d'un titre de transport valable. "Pourquoi ne pas revenir à ce système et ne faire payer que les personnes qui n'utilisent pas le train?", s'interroge-t-il.Car certains usagers qui ont du mal à joindre les deux bouts, en plus du prix de l'abonnement déjà élevé, les parkings aux abords des gares sont trop chers. Ces derniers n'hésitent alors pas à stationner aux alentours, sur des terrains communaux ou des parkings privés de commerces avoisinants. Des stationnements sauvages qui peuvent causer des problèmes de mobilité et être sanctionnés par des amendes. D'autres se rabattent sur des gares moins bien desservies, dont le parking est (encore) gratuit et non saturé, quitte à rallonger leur temps de parcours, à rater certaines connections et à perdre en qualité de vie. Gianni Tabbone, le porte-parole de l'ASBL navetteurs.be, régissait, de son côté, récemment dans La Libre: "L'argument de la SNCB est de dire que des non-navetteurs profitent du parking (NLDR: de Landen), et ce au détriment des usagers réguliers du rail. Mais ceux qui connaissent la réalité ont été surpris, car ce parking est saturé par les navetteurs donc ce n'est peut-être pas la véritable excuse."Le président de l'association des usagers du rail considère que l'unique but de la compagnie ferroviaire dans ce dossier est de faire de l'argent : "Les parkings sont un business lucratif pour la SNCB. C'est devenu très cher pour le navetteur et les abonnements augmentent alors qu'il paye déjà beaucoup pour un service de transport dont la qualité s'est dégradée ces derniers mois." Il ajoute au micro de la RTBF: "Je pense que la SNCB est en position de force puisque même si elle impose les parkings payants, les usagers sont souvent obligés d'utiliser leur voiture, d'utiliser le parking, donc de facto, ils ont le couteau sous la gorge et ils devront payer le parking". Pour Gianni Tabbone, l'entreprise ferroviaire devrait avant tout penser à récompenser les usagers, qui sont par ailleurs de plus en plus nombreux d'année en année. Selon la SNCB, une hausse de 3% des usagers de train est enregistrée par an. Comment la SNCB justifie-t-elle ces tarifs ? "Les tarifs pratiqués pour les voyageurs sont fonction des coûts d'exploitation du parking concerné et de sa distance par rapport à la gare. Les recettes permettent, entre autres, de couvrir le coût d'exploitation (entretien, nettoyage, éclairage, etc.), de renforcer leur sécurisation et permettent d'investir dans de nouveaux services aux clients, des parkings sécurisés pour les vélos par exemple, comme c'est le cas à Landen où le parking pour les vélos a été élargi. Ce qui peut encourager des personnes habitant tout près de la gare et qui s'y rendaient en voiture à prendre leur vélo à la place", nous explique Elisa Roux. Des investissements qui ne semblent pas toujours profitables aux usagers. Une enquête de satisfaction publiée en novembre 2018 auprès de 4.400 voyageurs montre que seuls 61 % d'entre eux sont satisfaits de la SNCB, leur principal grief étant le manque de ponctualité des trains, mais aussi le prix du billet jugé trop cher ou encore le manque d'informations dans les gares, dans les trains et sur internet.Seuls 49,1% des trains étaient à l'heure l'an dernier, selon une enquête interne de la SNCB que L'Echo et De Tijd ont pu consulter. Pourtant, d'après les statistiques publiques, 87,2% des trains étaient à l'heure l'an dernier. Mais ces statistiques tiennent compte de la définition officielle de la ponctualité, à savoir les trains qui ont maximum 5 minutes et 59 secondes de retard en arrivant à destination. La ponctualité moyenne est toutefois repassée au-dessus des 90 % durant le premier semestre 2019 a fait savoir dernièrement la société de chemin de fer. Météo favorable, plans d'action et mise à quatre voies en serait les raisons.Manu Douette le bourgmestre de la ville d'Hannut, qui compte de nombreux utilisateurs de la gare de Landen émettait en janvier dernier dans les colonnes de Sudpresse ses regrets concernant la stratégie de la SNCB. "On fait des efforts pour augmenter la mobilité douce, le covoiturage et les transports en commun, et voilà qu'on vient mettre un parking payant". À ses yeux, cette décision risque de freiner et de démotiver les navetteurs. "Je me pose la question de l'impact de la mesure sur la fréquentation des transports en commun. On peut imaginer que les navetteurs accèdent gratuitement à une partie du parking, et les commerçants à une autre", commente le responsable communal. D'autres pistes avancées sont selon lui, l'amélioration de la ligne de bus qui relie Hannut à Landen et le co-voiturage au départ de la ville hesbignonne.Car le but affiché de la SNCB est bien de promouvoir l'intermodalité, en permettant aux voyageurs de passer facilement d'un mode de transport à un autre, en l'occurrence ici, de la voiture au train, mais aussi en encourageant l'usage du bus pour se rendre à la gare. "Le prix d'un ticket de bus revient en effet plus ou moins au même prix que le tarif à la journée d'un emplacement de parking", estime-t-on à la SNCB.Face à l'urgence climatique, cet objectif est poursuivi par les politiques. La mobilité était d'ailleurs au coeur du programme électoral des écologistes lors des élections fédérales du 26 mai dernier. Jean-Marc Nollet nous expliquait vouloir rendre tous les transports en commun gratuits pour les moins de 25 ans, sans toutefois se prononcer sur la politique de parkings payants de la SNCB, rebutante pour les usagers du train."Cette mobilité favorisera les offres tarifaires intégrées et la multimodalité, les nouvelles technologies et les modes de déplacement partagés", ambitionne le parti. Selon Ecolo, à ce stade, les pouvoirs publics ne consacrent pas suffisamment de moyens et d'attention à la qualité du service offert par la SNCB et le TEC. Pour Ecolo, utiliser les transports en commun s'apparente en effet parfois "au parcours du combattant". Le parti a dans ses cartons un plan d'investissement public massif dans ce domaine de l'ordre de 7 milliards d'euros sur la législature, destinés à la Wallonie et à Bruxelles. Cependant, si la plupart grognent devant ces nouvelles dépenses, tous les navetteurs ne ressentent pas de la frustration face à cette nouvelle politique payante de stationnement. L'un d'eux se réjouit d'ailleurs de ne plus devoir chercher frénétiquement une place pendant de précieuses minutes sur le parking au risque de rater son train. "C'est plutôt un soulagement et un réel confort que d'avoir une place réservée le matin quand le timing est serré." Et la porte-parole de la SNCB de rappeler que "tout comme l'abonnement de train, ces frais de parking sont déductibles fiscalement et/ou remboursables par l'employeur." A terme, la SNCB ambitionne de rendre les parkings de l'ensemble des gares de grande et moyenne taille payants.