Le pape argentin salue toujours individuellement les journalistes voyageant avec lui. "Ceci est une bombe", a glissé en souriant le pape argentin, quand le spécialiste du journal français La Croix, Nicolas Senèze, lui a remis l'ouvrage sorti le jour-même. Une déclaration explosive dans le monde catholique que le nouveau porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, a tenté de minimiser: "Dans un contexte informel, le pape a voulu dire qu'il considère toujours comme un honneur les critiques, particulièrement quand elles proviennent de personnes autorisées et, dans ce cas, d'un pays important". "Par ses paroles, le pape, sous le feu des attaques des ultra-conservateurs américains, n'entend pas changer ses idées fondamentales", a commenté l'auteur du livre, interrogé par l'AFP. Dans son livre devenu le centre de l'attention d'un avion rempli de journalistes américains en route pour l'Afrique, Nicolas Senèze explique avoir "raconté une année écoulée particulièrement difficile pour le pape, au cours de laquelle une frange ultra-conservatrice du catholicisme américain a tenté de le pousser à la démission". En plein voyage papal en Irlande, voici un an, l'archevêque italien Carlo Maria Vigano avait défrayé la chronique en appelant François à démissionner, dans un texte dévoilé dans des médias traditionalistes américains. Mgr Vigano, nommé ambassadeur du Saint-Siège à Washington en 2011, avait accusé François d'avoir longtemps gardé sous silence les comportements de prédateur de l'ex-cardinal américain Theodore McCarrick, qui venait d'être accusé d'abus sexuels sur des séminaristes. Le prélat, défroqué en février dernier, avait été longtemps très influent pour lever des fonds américains pour le Saint-Siège. Un haut membre de la Curie romaine a décrit un "montage politique privé de fondement réel". Mais des évêques américains ont étalé au grand jour leurs divisions sur le sujet, illustration d'une Eglise entraînée dans la polarisation du débat politique national. Le pape François est arrivé mercredi soir au Mozambique, première étape de sa tournée africaine qui le conduira également à Madagascar et sur l'île Maurice, selon des images retransmises par le Vatican. L'avion transportant le souverain pontife a atterri peu après 18h00 mercredi à l'aéroport international de Maputo, où se pressaient des centaines de fidèles. (Belga)