Responsables de l'enseignement, pouvoirs organisateurs, syndicats et associations de parents débattent actuellement avec le public des axes majeurs de ce pacte qui, éventuellement amendé, sera soumis à l'approbation du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, avant un vote au parlement.

Des députés, échevins et directeurs d'établissement de la Périphérie s'inquiètent déjà du sort qui serait réservé aux 3.000 enfants fréquentant les huit écoles maternelles et primaires des six communes à facilités autour de Bruxelles : Crainhem, Drogenbos, Linkebeek, Rhode-Saint-Genèse, Wemmel et Wezembeek-Oppem.

Ces écoles relèvent administrativement de la Flandre, qui les finance via une dotation fédérale. Les élèves suivent les programmes de la Communauté française, également compétente pour l'inspection pédagogique.

L'accès à ces écoles est réservé à des francophones domiciliés dans une commune à facilités. La loi (qui remonte à la création des facilités, en 1963) y interdit la création d'écoles secondaires. Une fois sortis de primaire, les enfants qui souhaitent poursuivre leur scolarité en français (quasi tous) doivent s'inscrire dans une école secondaire, en Wallonie ou à Bruxelles. C'est-à-dire changer de Région, de Communauté... et de législation.

Le tronc commun "maternelle-3è secondaire". Le Pacte souhaite instaurer un tronc commun, polytechnique, du maternel à la fin de la 3e secondaire.

"L'organisation d'un enseignement secondaire francophone étant interdit dans les communes à facilités, souligne Philippe De Vleeschouwer, directeur de l'école La Fermette, à Wezembeek-Oppem, nos enfants sortis de primaire devraient s'intégrer dans une école de Wallonie ou de Bruxelles où le nouveau système de liaison primaire/secondaire est en place. La même question se poserait d'ailleurs dans les écoles primaires hors périphérie ne disposant pas de section secondaire." Mais...

Etant considérés par le Décret "Inscription" comme des "étrangers", dotés d'un indice 'moyen', les petits francophones de Périphérie éprouvent plus de difficultés que les autres francophones à s'inscrire dans une école secondaire de Wallonie ou de Bruxelles. Mais encore...

"Notre difficulté est spécifique, poursuit M. De Vleeschouwer : nos écoles sont flamandes sur le plan administratif. L'obtention du certificat d'études de base (CEB) permet aujourd'hui à nos élèves de poursuivre ailleurs leur scolarité en français. Il est question, dans ce tronc commun, de supprimer le CEB." Il serait remplacé par un "certificat de tronc commun", à l'issue de la 3e secondaire. "Quelle preuve de réussite nos élèves devraient-ils fournir pour 'entrer' dans le Pacte d'excellence ?"

Réponse de la ministre de l'Enseignement, Marie-Martine Schyns (CDH), à la député francophone Joëlle Maison (Défi) : "Le projet d'avis du 'groupe central' préconise que le CEB ait une valeur non certificative. La passation de cette épreuve par les élèves francophones de la Périphérie sera sans doute souhaitable si ces derniers souhaitent (sic) poursuivre leur cursus dans les écoles secondaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Nous attirerons l'attention du groupe de travail chargé du 'tronc commun' sur cette question."

M. De Vleeschouwer souligne d'autres difficultés : "Difficultés majeures ! A Bruxelles et en Wallonie, tous les programmes seraient revus progressivement, au fil des années. Comment y 'imbriquer' nos élèves qui vont sortir de primaire ? D'autre part, étant donné que nous sommes en Flandre, nous devons, chaque année, introduire une demande de dérogation pour pouvoir suivre les programmes de la Communauté française. Et nous devons traduire ces programmes en néerlandais. Ce serait le cas, également, de nos nouveaux programmes."

Les rythmes scolaires. La journée d'école serait prolongée. Pas de problème apparent, en Périphérie. Les périodes de vacances seraient, elles aussi, modifiées. Et là, c'est le choc. On parle de sept semaines de cours suivies de deux semaines de congé. Les vacances d'été seraient donc rabotées.

"Un bon principe, selon M. De Vleeschouwer, mais, administrativement, il n'y aurait pas de raison d'accorder des dérogations aux jours de congé aux écoles francophones de Flandre. Nous reprochons, à cet égard, un manque de concertation de nos responsables avec la Communauté flamande. Cela poserait des problèmes aux familles dont les enfants sont scolarisés en Flandre et dans une autre Région... Il y a un an, nous avons attiré l'attention de la ministre Schyns, qui ignorait notre existence, sur la nécessité de se concerter avec la ministre flamande de l'Enseignement, et nous n'avons pas eu de suite... L'inquiétude demeure avant que les décisions soient prises."

"La question des rythmes scolaires, répond la ministre, nécessite une étude de faisabilité approfondie. Je n'ai pas lu dans l'avis du 'groupe central' qu'il préconisait d'harmoniser cette mesure avec la Communauté flamande. Les Communautés règlent cette question en toute autonomie. Si ce type de réforme est un jour mis en place, il faudra laisser aux parents et à tous les acteurs du secteur le temps de s'adapter pour réguler la vie familiale."

La ministre promet néanmoins de maintenir le contact à ce sujet avec sa collègue flamande, Hilde Crevits (CD&V).

Michelle Lamensch

Responsables de l'enseignement, pouvoirs organisateurs, syndicats et associations de parents débattent actuellement avec le public des axes majeurs de ce pacte qui, éventuellement amendé, sera soumis à l'approbation du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, avant un vote au parlement.Des députés, échevins et directeurs d'établissement de la Périphérie s'inquiètent déjà du sort qui serait réservé aux 3.000 enfants fréquentant les huit écoles maternelles et primaires des six communes à facilités autour de Bruxelles : Crainhem, Drogenbos, Linkebeek, Rhode-Saint-Genèse, Wemmel et Wezembeek-Oppem.Ces écoles relèvent administrativement de la Flandre, qui les finance via une dotation fédérale. Les élèves suivent les programmes de la Communauté française, également compétente pour l'inspection pédagogique. L'accès à ces écoles est réservé à des francophones domiciliés dans une commune à facilités. La loi (qui remonte à la création des facilités, en 1963) y interdit la création d'écoles secondaires. Une fois sortis de primaire, les enfants qui souhaitent poursuivre leur scolarité en français (quasi tous) doivent s'inscrire dans une école secondaire, en Wallonie ou à Bruxelles. C'est-à-dire changer de Région, de Communauté... et de législation.Le tronc commun "maternelle-3è secondaire". Le Pacte souhaite instaurer un tronc commun, polytechnique, du maternel à la fin de la 3e secondaire. "L'organisation d'un enseignement secondaire francophone étant interdit dans les communes à facilités, souligne Philippe De Vleeschouwer, directeur de l'école La Fermette, à Wezembeek-Oppem, nos enfants sortis de primaire devraient s'intégrer dans une école de Wallonie ou de Bruxelles où le nouveau système de liaison primaire/secondaire est en place. La même question se poserait d'ailleurs dans les écoles primaires hors périphérie ne disposant pas de section secondaire." Mais...Etant considérés par le Décret "Inscription" comme des "étrangers", dotés d'un indice 'moyen', les petits francophones de Périphérie éprouvent plus de difficultés que les autres francophones à s'inscrire dans une école secondaire de Wallonie ou de Bruxelles. Mais encore... "Notre difficulté est spécifique, poursuit M. De Vleeschouwer : nos écoles sont flamandes sur le plan administratif. L'obtention du certificat d'études de base (CEB) permet aujourd'hui à nos élèves de poursuivre ailleurs leur scolarité en français. Il est question, dans ce tronc commun, de supprimer le CEB." Il serait remplacé par un "certificat de tronc commun", à l'issue de la 3e secondaire. "Quelle preuve de réussite nos élèves devraient-ils fournir pour 'entrer' dans le Pacte d'excellence ?"Réponse de la ministre de l'Enseignement, Marie-Martine Schyns (CDH), à la député francophone Joëlle Maison (Défi) : "Le projet d'avis du 'groupe central' préconise que le CEB ait une valeur non certificative. La passation de cette épreuve par les élèves francophones de la Périphérie sera sans doute souhaitable si ces derniers souhaitent (sic) poursuivre leur cursus dans les écoles secondaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Nous attirerons l'attention du groupe de travail chargé du 'tronc commun' sur cette question."M. De Vleeschouwer souligne d'autres difficultés : "Difficultés majeures ! A Bruxelles et en Wallonie, tous les programmes seraient revus progressivement, au fil des années. Comment y 'imbriquer' nos élèves qui vont sortir de primaire ? D'autre part, étant donné que nous sommes en Flandre, nous devons, chaque année, introduire une demande de dérogation pour pouvoir suivre les programmes de la Communauté française. Et nous devons traduire ces programmes en néerlandais. Ce serait le cas, également, de nos nouveaux programmes." Les rythmes scolaires. La journée d'école serait prolongée. Pas de problème apparent, en Périphérie. Les périodes de vacances seraient, elles aussi, modifiées. Et là, c'est le choc. On parle de sept semaines de cours suivies de deux semaines de congé. Les vacances d'été seraient donc rabotées."Un bon principe, selon M. De Vleeschouwer, mais, administrativement, il n'y aurait pas de raison d'accorder des dérogations aux jours de congé aux écoles francophones de Flandre. Nous reprochons, à cet égard, un manque de concertation de nos responsables avec la Communauté flamande. Cela poserait des problèmes aux familles dont les enfants sont scolarisés en Flandre et dans une autre Région... Il y a un an, nous avons attiré l'attention de la ministre Schyns, qui ignorait notre existence, sur la nécessité de se concerter avec la ministre flamande de l'Enseignement, et nous n'avons pas eu de suite... L'inquiétude demeure avant que les décisions soient prises." "La question des rythmes scolaires, répond la ministre, nécessite une étude de faisabilité approfondie. Je n'ai pas lu dans l'avis du 'groupe central' qu'il préconisait d'harmoniser cette mesure avec la Communauté flamande. Les Communautés règlent cette question en toute autonomie. Si ce type de réforme est un jour mis en place, il faudra laisser aux parents et à tous les acteurs du secteur le temps de s'adapter pour réguler la vie familiale."La ministre promet néanmoins de maintenir le contact à ce sujet avec sa collègue flamande, Hilde Crevits (CD&V).Michelle Lamensch