Contrairement à leurs confrères bruxellois et wallons, les notaires flamands ne livrent pas d'analyse du prix des maisons et des appartements détaillée commune par commune. Les publications se limitent, au nord du pays, au baromètre trimestriel national, ventilé à l'échelle provinciale, de même que, deux fois par an, au baromètre côtier. Le dernier en date remonte à septembre 2019 et porte sur le premier semestre de l'année écoulée. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le marché immobilier côtier est dynamique : le volume des ventes a crû de 7,6 % par rapport au permier semestre de 2018. Soit 600 transactions supplémentaires !
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Contrairement à leurs confrères bruxellois et wallons, les notaires flamands ne livrent pas d'analyse du prix des maisons et des appartements détaillée commune par commune. Les publications se limitent, au nord du pays, au baromètre trimestriel national, ventilé à l'échelle provinciale, de même que, deux fois par an, au baromètre côtier. Le dernier en date remonte à septembre 2019 et porte sur le premier semestre de l'année écoulée. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le marché immobilier côtier est dynamique : le volume des ventes a crû de 7,6 % par rapport au permier semestre de 2018. Soit 600 transactions supplémentaires ! Une effervescence immobilière qui s'explique par le succès des secondes résidences, qui attirent un public varié : des Anversois et des Gantois, bien sûr, mais aussi, et surtout, des Bruxellois et des Wallons. " Ils viennent d'un peu partout ", précise Bart Van Opstal, notaire à Ostende. Plusieurs éléments les rassemblent, outre leur amour pour la mer du Nord, à commencer par leur âge : entre 40 et 60 ans. " L'âge moyen des acquéreurs à la Côte est plus élevé qu'ailleurs en Belgique. C'est logique, ils ont acheté leur résidence principale vers 25-30-35 ans, et, vingt ans plus tard, une fois l'emprunt remboursé, ils ont les moyens de s'offrir un autre bien. " Un bien - et c'est un autre de leurs points communs - que ces seconds résidents acquièrent principalement pour leur plaisir et non pas tant à titre d'investissement. " Il s'agit plutôt d'un placement ", décrit Bart Van Opstal. " Leur raisonnement est le suivant : puisque l'épargne ne rapporte rien et que le taux d'inflation oscille entre 1 et 2 % par an, autant placer son argent dans la brique pour le protéger contre l'inflation. " La perspective d'une plus-value à la revente sécurise l'opération et lui confère une rentabilité à terme. " Mais pas immédiate ", oppose le notaire ostendais. " La plupart de ces propriétaires de biens de villégiature ne souhaitent d'ailleurs pas le louer. Il y en qui le font, bien sûr, mais ils sont de moins en moins nombreux. Les investisseurs purs et durs sont moins actifs à la Côte que dans d'autres provinces du pays. Ici, ce sont le plaisir et la sécurité qui priment. " Si nos grands-parents et nos arrière-grands-parents ne juraient que par les villas - en même temps, c'est ce qui composait le gros de l'offre avant le boom des appartements dans les années 1960-1970-1980 -, de nos jours, elles sont plutôt perçues comme des charges par les seconds résidents. " Les maisons sont moins à la mode ", convient Bart Van Opstal. " Ce sont les appartements, et plus encore les appartements neufs ou récents qui ont leurs faveurs. " Pour leurs performances énergétiques et leur conformité aux normes actuelles évidemment, et pour l'économie qu'ils représentent en charges de copropriété. " Le problème des appartements anciens, c'est que, même s'ils offrent des superficies comparativement plus étendues, ils s'inscrivent dans des immeubles qui doivent être lourdement rénovés : ravalement des façades, isolation du toit, remplacement des châssis, des ascenseurs, de l'installation de chauffage... " Et en l'occurrence, c'est la copropriété qui décide, la majorité l'emportant sur les intérêts individuels. Les appartements sur la digue sont toujours extrêmement prisés. Ce sont d'ailleurs ceux qui s'écoulent aux prix les plus élevés dans les dix communes côtières. Mais, de plus en plus, la vue sur mer est mise en balance avec l'ensoleillement. " C'est très agréable d'être face à la mer, surtout quand on y vient pour le week-end ou les vacances seulement ", argue Bart Van Opstal. " Toutefois, ce n'est pas pour rien qu'on l'appelle la mer du Nord : l'orientation des appartements de la digue est au nord... De même, les balcons longs et étroits que l'on retrouve sur la plupart des immeubles pèchent par leur exiguïté. " Poussés dans le dos par le changement des mentalités et, de facto, des velléités immobilières des seconds résidents, les promoteurs ciblent ces dernières années d'autres localisations que le front de mer " C'est manifeste à Ostende, où les projets neufs se multiplient dans les environs de l'hippodrome, de l'ancien port de pêche, de l'ancienne criée, des parcs, etc. ", signale le notaire. Idem à Knokke, où le vaste projet Duinenwater, qui mêle villas, immeubles à appartements, équipements de loisirs et résidences-services, s'est installé en bordure du nouveau golf, juste derrière la gare. " La mobilité est un point essentiel dans les critères de recherche des seconds résidents. " La présence d'une gare ou d'un arrêt de tram pèse sur leur décision, de même que la proximité du centre-ville, de ses facilités, de ses commerces. Nombreux sont les acquéreurs qui décident de finir leurs vieux jours dans leur appartement nouvellement acquis. " Cela ne se voyait pas tellement avant, mais c'est devenu une tendance claire ", assure Bart Van Opstal. " C'est la raison pour laquelle les seconds résidents privilégient les grands et beaux appartements de deux ou trois chambres pour recevoir leurs petits- enfants, avec des terrasses ensoleillées et suffisamment grandes pour y accueillir une grande tablée. " C'est aussi ce qui justifie le fait que ces propriétaires attentifs ne mettent pas leurs biens en location. Ils veulent garder le contrôle sur leur appartement et ne surtout pas risquer d'éventuels dégâts locatifs. " Tout au plus acceptent-ils de louer le bien à la famille, aux amis ou aux amis d'amis. "